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Depuis que l’avion s’est posé en sol montréalais, c’est la grosse déprime par chez nous. C’est que je reviens d’un voyage en Grèce que j’ai baptisé #FetaThérapie.
En fait, j’avais un grand besoin de prendre un break. De tirer la plug, éteindre les lumières et verrouiller la porte. Une pause d’HOMA, de mon quartier que j’aime tant, de mon 3 ½ devenu trop petit pour mes bibittes et moi, de ma petite vie en dents-de-scie, de toute. Mettons que j’ai eu ma fair share part de malheurs.
Fait que je me suis organisée un genre de Eat, Pray, Love méditerranéen, plein de feta, de pieuvres grillées et de soleil.
Je suis revenue complètement brûlée par les rayons UV (no worries, je me suis crémée le corps à toutes les deux heures), remplie de vitamine D; la peau qui goûte le sel et le sang changé en freddo cappucino.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais me semble que les voyages sont les moments parfaits pour sortir de sa zone de confort et être #YOLO. Je pense que c’est justement cette attitude adulescente combinée à des salades grecques à tous les repas qui m’ont tant fait du bien à l’âme. Pis en plus, à travers mon escapade grecque j’ai appris ben des affaires sur la Sony que j’étais devenue.
La peur au ventre
Genre, j’ai découvert que j’étais claustrophobe. Oui, oui. Claustrophobe. En tentant de traverser le tunnel des Sept Sources. Un tunnel aussi large que moi, pas très haut, plongée dans une complète obscurité, avec en plus de l’eau jusqu’aux chevilles. Je n’avais pas fait deux pas, que j’étais déjà sur le bord de la crise de panique. Par chance, j’ai perdu ma sandale qui a été emportée par le courant. Stressée, j’ai mis toutes mes énergies à la retrouver. Et qui plus est, j’avais une bonne excuse pour utiliser ma petite lampe de poche iPhone. Win-win. Partir à la recherche de ma sandale a totalement détourné mon attention. J’ai réussi à traverser le tunnel et j’ai retrouvé ma sandale. Tout est bien qui finit bien.
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La peur au ventre prise 2
À Santorini, pour nous promener sur l’île nous avons loué un scooter. Pire décision ever. Mon petit cœur a tenu le coup de peine et de misère. Durant les premières rides, les yeux complètement fermés, j’imaginais mon corps étalé sur l’asphalte, la tête en sang. Oui, j’ai l’imagination ben fertile. Il faut savoir aussi qu’en Grèce les gens sont un peu fous sur les routes. C’est du chacun pour soi. Un mantra que semble bien affectionner mon copain, un mordu de la vitesse et des sensations fortes. Meh. Or, avec moi derrière, mettons qu’il se le faisait dire de pas trop dépasser le 40km/h.
Fait que non, je n’ai pas la fibre aventureuse. Je ne suis pas fan des sensations fortes et encore moins des moyens de transport sur deux roues.
Je me rends compte que plus je vieillis, plus je suis consciente du danger autour de moi, plus je suis peureuse. #cerclevicieux
Complexée
J’ai toujours cru que j’étais une fille pas trop complexée qui avait fait la paix avec son corps depuis belle lurette et qui se foutait bien du regard des autres. Je me suis trompée pis pas à peu près. Avant de partir en voyage, je voulais m’acheter un itsi bitsi petit bikini. Outre-mer, les gens sont un peu plus olé olé côté maillot. Topless à la culotte brésilienne en passant par le g-string, y’a rien que je n’ai pas vu. J’ai déjà essayé le “sans haut”, pour le kick, mais cette fois-ci je voulais pousser l’expérience plus loin. J’avais envie de porter un bas qui ne laissait pas beaucoup de place à l’imagination.
J’ai couru au Simons pour en ressortir bredouille et totalement complexée, en me disant que finalement je n’étais tout simplement pas faite pour ce genre de bas. Oh well. Ce n’est qu’en Grèce que j’ai décidé de lâcher prise en voyant toutes ces femmes de tout âge, tout corps se pavaner sur les plages vêtues des plus beaux bikinis du monde. C’est à Rhodes dans une boutique perdue que j’ai déniché LE MAILLOT de mes rêves. Il me faisait parfaitement bien et +1 je me sentais belle dedans. Par contre, l’étrenner à la plage a été toute une épreuve. C’était pas tant ma cellulite au vent et mes foufounes molles qui me dérangeaient, mais bien le regard des hommes sur moi. Cette attention me faisait peur. Une attention non sollicitée qui, après réflexion, m’a amenée à comprendre qu’elle me restreignait vestimentairement parlant. Et j’ai trouvé ça triste.
Triste d’avoir peur des représailles suite à une bobette trop sexy ou un haut trop révélateur. Cette expérience démontre à quel point les dictats de beauté et le patriarcat ont la main mise sur le corps de la femme.
Pour une fille qui se croyait au-dessus de tout ça, ben j’ai encore des croûtes à manger.
La vie sans le facteur 2.0
Parlons du “lâcher-prise”, justement. J’avais pris la décision avant de quitter Montréal de me déconnecter de Facebook, de regarder mes courriels sporadiquement et de me lâcher lousse sur Instagram. Pour ce faire, j’ai supprimé les applications Facebook et Messenger de mon iPhone. Le bonheur!
Ne plus recevoir de notifications m’a fait un bien fou. Je ne ressentais plus cette pression, cette urgence à répondre immédiatement à un message, à liker un statut ou à laisser un commentaire. J’étais libérée du joug 2.0 pour quelques jours. Puis tranquillement, pas vite, j’ai recommencé à jeter un œil à ma page. J’ai changé ma photo de profil. J’ai laissé des likes ici et là. Jasé avec des amis. #LesGens étaient bien contents de m’avoir pris en défaut, me narguant qu’ils se doutaient bien que j’allais finir par craquer. Ha! J’ai ri dans ma barbe. Pourquoi? Parce que j’ai compris où je devais tracer la ligne.
J’ai compris comment gérer ma dépendance – parce que oui c’en est une – et quelle importance je devais accorder aux réseaux sociaux. Trouver l’équilibre quoi! Et pour moi, de seulement prendre conscience que non il n’y a pas d’urgence, que certaines choses peuvent atteindre, que je n’étais pas obligée d’être connectée, là tout de suite maintenant, c’est déjà un bon début. Maintenant, reste à voir combien de temps tout ça va durer.
On m’a dit que la Grèce m’allait bien. Que je glowais littéralement! Je ne sais pas si c’est vrai, mais une chose est sûre, les îles grecques ont pansé mes blessures en douceur et m’ont transformée. Je ne suis plus la même Sony. Je suis un peu plus forte, un peu plus wild, plus confiante et surtout tellement, mais tellement plus zen. Je conseille à tous une #FetaThérapie, peu importe vos bobos.
La mer ne juge pas, le ciel vous accueille à bras ouverts, le vent chasse le stress, pis le feta réconforte, mieux qu’une soupe Lipton.
C’est promis.
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Pour lire un autre texte de Sonia Ghaya : “Se faire couper l’herbe sous le pied”
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