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J’aime mon maire

J’habite sur le Plateau. Je devrais préciser que je suis propriétaire dans le Mile End, mais je ne veux pas avoir l’air prétentieux. Le Plateau, c’est mon quartier depuis 25 ans.

Ce n’est pas un lieu de villégiature pour touristes en bermuda, un centre financier peuplé de tours à bureau ou une cité dortoir. C’est un endroit où l’on travaille, où l’on habite, où l’on grandit, où l’on s’amuse, où l’on discute, bref c’est un milieu où l’on vit. Et depuis que Luc Ferrandez y est maire, je trouve qu’on y vit de mieux en mieux.

On a entendu toutes sortes de choses sur le Plateau Mont-Royal et sur son maire écolo.

Les plus hargneux pensent que les élus du Plateau mangent du gazon couchés dans les parcs en faisant des « aoume », qu’ils ont construit un mur de béton comme en Israël pour empêcher les gens d’entrer dans leur beau quartier, qu’ils souhaitent la fermeture des ponts, qu’ils seraient prêts à mettre des bombes dans les autos pour les faire disparaître de la planète, qu’ils considèrent les banlieusards comme une race à abattre, qu’ils font exprès de laisser la neige dans les rues pour embêter le monde, qu’ils interdiraient aux non-résidents de venir magasiner sur l’avenue Mont-Royal…

Ce sont des gens comme vous et moi.

Luc Ferrandez n’est pas le maire des Lavallois qui considèrent le Plateau comme un obstacle que doit franchir leur auto entre leur abri tempo et leur bureau. Ce n’est pas le maire des résidents de Montréal Nord qui se stationnent en double le temps d’acheter des bagels et bloquent la circulation sur St-Viateur. Ce n’est pas non plus celui des habitants de Pierrefonds, de l’Île-des-Sœurs, de Rosemère, ni même de Rosemont.

C’est un élu local qui mène des actions locales dans la mesure de ses moyens et de son pouvoir pour répondre à des besoins et des désirs locaux.

Par exemple, l’hiver, il déneige les trottoirs avant les rues pour permettre aux piétons de sa ville de rentrer chez eux plus facilement. En effet, sur le Plateau Mont-Royal on rentre plus souvent dans les maisons à pied qu’en auto. Le maire ne fait pas enlever la neige les week-ends par mesure d’économie. Résultat ? Pas de boulouboulou assourdissant des camions de déneigement le dimanche à l’heure de la grasse matinée et c’est un plaisir d’aller à la boulangerie à pieds, malgré la tempête de 25 centimètres. Au lieu de prendre le char, le déneiger, chauffer l’intérieur, dégivrer les fenêtres, patiner dans le banc de neige, rouler en file dans les vapeurs de gaz d’échappement, on prend le temps de profiter des magasins de proximité qui ont chacun leur particularité et leur personnalité.

Pour ne pas trop déranger dans leurs habitudes les navetteurs qui rentrent chez eux tout seuls dans leur auto en traversant en trombe l’avenue du Parc, la rue Saint-Denis ou la rue Papineau, le maire du Plateau fait dégager en premier ces grandes artères de transition avant même les rues résidentielles de ses citoyens qui sont pourtant ceux qui payent pour ce déneigement.

Je l’aime mon maire parce qu’il ne veut pas se faire aimer des chroniqueurs du Journal de Montréal, des auditeurs de la radio de Québec, des marchands du Dix30, des résidents de Gaspé et de la population du Québec au complet. Il veut juste que ses citoyens soient bien.

Puis toi, le quidam qui ne paye pas un sous de taxes sur le Plateau, la prochaine fois que tu viendras te plaindre de mon maire, je te demanderais de rester chez toi au lieu de venir prendre la place de stationnement que je viens de déneiger devant chez moi. Je ne vais pas garer mon auto dans ton abri Tempo en chialant sur ton maire qui donne des contrats à ses amis depuis trois décennies… Garde-toi une petite gêne.

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