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J’ai vu 9 shows de heavy metal en 36 heures

Retour sur les olympiques de l'endurance physique pour Satan.

Par
BenoĂźt LeliĂšvre
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Le festival de la musique du diable Heavy MontrĂ©al tenait sa grand-messe annuelle, le weekend dernier. URBANIA Musique Ă©tant dans ses balbutiements l’an passĂ©, on n’avait pas couvert l’évĂ©nement.

Mais cette année, on y était.

En fait, j’y Ă©tais
 parce que je suis pas mal la seule personne au bureau Ă  triper sur la musique ultra violente. Fait que j’suis parti avec mon iPhone, un carnet de notes pis un deux litres d’eau couvrir TOUTE HEAVY MONTRÉAL. Parce que j’suis fou de mĂȘme. J’me disais


« Ça peut pas ĂȘtre si difficile que ça. »

« J’ai 36 ans, c’est probablement la derniĂšre fois de ma vie que j’vais m’faire cuire Ă  30 degrĂ©s pendant deux jours pour Satan. »

« J’vais apporter un t-shirt de rechange pis j’vas ĂȘtre correct. »

Comme d’habitude, j’avais tort sur tout. Je n’ai pas couvert toute TOUTE Heavy MontrĂ©al, mais 9 shows sur 51 pour un gars tout seul, c’est quand mĂȘme pas pire. Voici comment ça s’est passĂ©.

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Samedi, 13 h 30 — Harms Way

Mon but Ă©tait de commencer avec le show de Devin Townsend, mais comme d’habitude je suis arrivĂ© beaucoup trop en avance. Fait que j’ai dĂ©cidĂ© d’assister au show du groupe amĂ©ricain Harms Way (et non pas Harm’s Way. Pas trop sĂ»r de comprendre la logique) parce que je trouvais que le chanteur avait l’air vaguement douche sur le site web. Le band a dĂ©cidĂ© de commencer son show avec cette chanson-lĂ .

Eeeeh boy.

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La demi-heure va ĂȘtre longue. Le groupe m’a vite rassurĂ©. Ils ne sont pas des weirdos qui jouent du rock industriel poche, mais bien un band de musique hardcore assez solide. Leur chanteur a l’air d’un hybride entre un jeune Arnold Schwarzenegger et un rhinocĂ©ros, mais leur musique est originale et Ă©coutable, deux qualitĂ©s qui ne vont pas nĂ©cessairement ensemble. Et inclure des Ă©lĂ©ments industriels dans du hardcore, ça prend des couilles. Disons que c’est pas le milieu le plus musicalement ouvert d’esprit.

C’était le seul band que j’ai vu du weekend que je ne connaissais pas et je n’ai malheureusement pas retenu de titre de chanson Ă  part :

TEUMPTEHSHUN!

TEUMP-TEH-SHUUUUN!

Jusqu’ici, tout va bien. On to the next one.

Samedi, 14 h 30 — Devin Townsend

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Mon boy Devin. Le virtuose fou de la Colombie-Britannique s’est pointĂ© Ă  son spectacle habillĂ© en mou, avec une guitare acoustique. Je ne vous niaise pas. Voici la story Instagram que j’ai fait pour URBANIA Musique :

Devin Townsend
Ouf.
Devin Townsend

Samedi, 15 h 25 — Quiet Riot

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Ah Quiet Riot. Un groupe pour lequel je n’aurais jamais payĂ© une maudite cenne pour voir live, mais qui me rendait quand mĂȘme curieux. De quoi ça a l’air live quand t’as 40 ans de carriĂšre et que tes deux plus grands succĂšs ont 35 ans?

La rĂ©ponse est simple : ça a l’air AWE-FUCKING-SOME. Les gars sont allĂ©s chercher le finissant d’American Idol James Durbin pour remplacer leur chanteur en 2017 et l’énergie contagieuse du jeune homme s’est propagĂ©e Ă  la foule une comme une traĂźnĂ©e de poudre. Jouant leurs chansons Ă  tempo un tantinet plus rapide qu’à l’accoutumĂ©e, Quiet Riot a fait chanter Ă  pleins poumons ses classiques aux gens sur place et, bien sĂ»r, tout le monde connaissait les paroles. Je me suis mĂȘme surpris Ă  lĂącher des « BANG YOUR HEAAAD », trĂšs fort pendant Metal Health.

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Pour un vieux band quand mĂȘme connu, de jouer Ă  15 h 30 dans un festival et de fucking rocker la place comme ça
 chapeau, les gars. Ça demande de l’humilitĂ©, du professionnalisme et de la prestance.

Samedi, 19 h 15 — Godsmack

Petite pause passĂ©e dans la tente mĂ©dia Ă  boire de l’eau et Ă  regarder Hatebreed avoir l’air vieux sur scĂšne. Je voulais reprendre mes forces pour Godsmack, un band que j’écoute depuis prĂšs de 20 ans maintenant. Je dois avouer avoir tripĂ© beaucoup sur les trois premiers albums du groupe dans ma phase d’ado tourmentĂ©, donc je souhaitais trĂšs fort de ne pas dĂ©couvrir qu’ils Ă©taient rendus aujourd’hui des has-been.

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Encore une fois, mes craintes sont vite disparues. Godsmack, ça passe par son charismatique chanteur Sully Erna. Par ses textes chargĂ©s d’émotion et ses performances passionnĂ©es. Et Sully Ă©tait en grande forme, samedi soir. MalgrĂ© que je connaisse moins bien les nouvelles chansons, il les a interprĂ©tĂ©es avec tellement de cƓur que je suis allĂ© les ajouter Ă  mes playlists Spotify en rentrant chez moi.

J’me suis aussi fait des amis pendant ce show : David, un monsieur de 58 ans qui dirigeait le trafic de body surfing comme un contrĂŽleur aĂ©rien :

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Et sa fille Rhonda. Ils sont venus des États-Unis pour voir Ghost ensemble. Rhonda, une Ă©tudiante en design graphique, portait d’ailleurs un chandail du mythique groupe qu’elle a fait elle-mĂȘme avec toutes les dates des shows qu’elle a vus avec son papa inscrites dans le dos :

Je suis un peu tombé en amour avec eux.

Samedi, 21 h 30 — Dying Fetus

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 maaaais, Ghost j’trouve ça plate. J’suis donc parti vers la trùs intime scùne du jardin aprùs Godsmack pour attendre les rois du brutal death metal Dying Fetus. Un band que j’avais vu genre
 en 2011, et que je mourrais d’envie de revoir.

Bon. Un show de Dying Fetus, c’est comme aller Ă  son restaurant prĂ©fĂ©rĂ© et commander ce qu’on commande tout le temps. Il n’y a aucune surprise, mais on a ce pour quoi on est venu : John Gallagher et Sean Beasley droit comme des barres sur scĂšne et une foule de plus en plus agitĂ©e et belligĂ©rante.

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J’ai d’ailleurs fini la soirĂ©e entre le mosh pit et un gars aux Ă©paules trois fois larges comme les miennes qui moshait tout seul avec sa blonde de l’autre bord. À cĂŽtĂ© de moi, un dude beaucoup trop pactĂ© et enthousiaste me rĂ©pĂ©tait entre chaque chanson qu’il les a vus six fois. C’était inconfortable, mais de la meilleure façon possible.

Interlude

Ow.

Devenir vieux, c’est de se rĂ©veiller un lendemain de festival et dĂ©couvrir de nouveaux endroits oĂč avoir mal. Dans mon cas : en dessous des pieds. Vous savez, l’endroit oĂč on pĂšse quand on se met sur le bout des pieds? Drette lĂ . Je sais pas pourquoi j’avais mal lĂ . Je me suis pas mis sur le bout des pieds de la journĂ©e. Mais j’ai quand mĂȘme dĂ©cidĂ© de troquer les gougounes pour des Jordans. No way que je me fais casser une jambe pendant Slayer.

Dimanche, 13 h 30 — DOPETHRONE

https://www.youtube.com/watch?v=SYfJuW282_I&has_verified=1

La journée de dimanche a beaucoup mieux débuté que celle du samedi avec une performance de feu du quatuor montréalais DOPETHRONE :

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Leur mĂ©lange bien dosĂ© de blues, punk et de black metal a dĂ©clenchĂ© un pas pire de mosh pit rempli de monde Ă  moitiĂ© rĂ©veillĂ© de la veille. VoilĂ  un band qui se dĂ©marque du lot artistiquement et dont on ne parle pas assez au QuĂ©bec. J’ai d’ailleurs rencontrĂ© un de leurs membres pendant la fin de semaine, si ça vous intĂ©resse d’en savoir plus sur eux.

Dimanche, 16 h 50 — Gamma Ray

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Pour ĂȘtre 100 % honnĂȘte, le concert de Gamma Ray m’intĂ©ressait surtout Ă  cause de la prĂ©sence de Kai Hansen, autrefois du groupe Helloween. Le band en tant que tel, je ne connaissais pas trop.

Disons que ce n’est pas le band le plus charismatique au monde, mais leur Ă©nergie, leur chimie sur scĂšne et leur rĂ©putation (ils avaient des fans enragĂ©s sur place) ont fait de leur 45 minutes de spectacle un succĂšs fracassant. MalgrĂ© que je ne sois pas un fan fini de power metal (un style beaucoup plus jovial et enthousiaste que ce qui me fait triper d’habitude), mais j’ai quand mĂȘme ajoutĂ© quelques-unes de leurs chansons Ă  mes playlists. TrĂšs heureux d’avoir pris le temps de les voir, malgrĂ© mes cannes endolories.

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Dimanche, 19 h 15 — Slash (featuring Myles Kennedy & the Conspirators)

J’ai chaud. Ça pue. J’ai mal aux jambes. Le cou du gars en avant de moi ressemble Ă  un pot de crĂšme glacĂ©e napolitaine.

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J’ai commencĂ© mon attente Ă  18 h 30 pour Slash (et subsĂ©quemment Slayer) et le premier m’a beaucoup déçu. Il a passĂ© la moitiĂ© du spectacle accroupi devant un camĂ©raman. C’est bien beau vouloir que le monde te voie sur l’écran gĂ©ant, mais y a du monde qui a attendu 1 h avec les mollets en feu pour voir le VRAI Slash de proche et ce qu’ils ont vu, c’est ça pendant 15 chansons :

Ah oui, pis son band est poche.

Le clou du spectacle a Ă©tĂ© quand un gars a pitchĂ© une cannette vide sur scĂšne. Le gars de la sĂ©curitĂ© l’a ramassĂ© et lui a dit : « I see you, motherfucker ». Il a passĂ© le reste du show Ă  le regarder comme ça :

Quand on a mal, on trouve nos petits bonheurs lĂ  ou on peut!

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Dimanche, 21 h 15 — Slayeeeerr đŸ€˜đŸ€˜đŸ€˜

LE band que je voulais voir. LE band qui manquait sur mon bucket list. En passage une derniĂšre fois Ă  MontrĂ©al avant une retraite bien mĂ©ritĂ©e, les icĂŽnes du metal n’ont pas déçu. Ils ont jouĂ© les grands classiques : Angel of Death, Raining Blood, South of Heaven, Disciple, War Ensemble, Dead Skin Mask, Born of Fire, mais aussi des succĂšs plus rĂ©cents tels que World Painted Blood et Repentless. C’était magique. Faisait tellement chaud qu’il Ă©tait facile d’oubliĂ© qu’on Ă©tait dehors.

AprĂšs le spectacle, le chanteur Tom Araya a enlevĂ© sa bass et s’est laissĂ© bercer par le bruit de la foule pendant plusieurs minutes. Un moment haut en Ă©motions pour tout le monde. Le principal intĂ©ressĂ© y compris :

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Il s’est ensuite dirigĂ© vers le micro pour dire : « Thank you. Merci beaucoup. Goodbye » avant de disparaĂźtre en coulisses une derniĂšre fois.

La classe suprĂȘme.

J’ai passĂ© une maudite belle fin de semaine Ă  Heavy MontrĂ©al, bien que douloureuse sur les articulations. Si antiphlogistine veut bien commanditer mon passage l’an prochain, ça ne me dĂ©range pas de donner en Ă©change des tubes Ă©chantillons aux bands du troisiĂšme Ăąge en prestation!

Blague Ă  part, ça a fait du bien de passer un moment dans un environnement oĂč l’ironie n’existe Ă  peu prĂšs pas. OĂč on ne se connaĂźt pas, mais on cĂ©lĂšbre la musique qu’on aime tous de la mĂȘme façon, avec le mĂȘme enthousiasme.

C’est sĂ»r qu’en me rĂ©veillant le lendemain matin et en rampant jusqu’à la douche, je me suis Ă©criĂ© « PU JAMAAAAA », mais quand les bobos seront guĂ©ris et que la programmation de l’an prochain sera annoncĂ©e
 c’est sĂ»r que j’vais me trouver une raison d’y aller.

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