J’ai essayé Pokémon GO en utilisant 9 moyens de transport différents

Pokémon GO. Si vous n’avez pas entendu ce nom depuis les deux dernières semaines, c’est que vous êtes un ermite qui habite dans le bois au fin fond du Québec sans aucun contact avec la société ou le fantôme du pirate de Beauchesne revenu en 1993 pour récupérer un parchemin (#Matusalem4Ever).

Ce jeu mettant la réalité virtuelle en vedette suscite les passions depuis sa sortie aux États-Unis. Pour résumer assez brièvement son fonctionnement pour ceux qui ne le connaitraient pas, il faut attraper des Pokémons (tous si possible, dont certains aussi rares que des propos intelligents sortant de la bouche de Donald Trump), les entrainer et les envoyer se battre dans des arènes afin de faire des points, toujours plus de points.

Là où le jeu se distingue, c’est qu’il est intégré à la “vraie vie”, c’est-à-dire qu’il faut se déplacer physiquement selon la carte fournie dans l’application pour pouvoir attraper les Pokémons et visiter les points d’intérêt du jeu. Maintenant que vous avez succombé à la tentation de télécharger l’application sur votre téléphone, vous vous demandez déjà quelle est la meilleure façon de progresser le plus rapidement dans le jeu : à pied ou en delta-plane?

Voici donc le compte-rendu de ma chasse aux Pokémons en utilisant 9 moyens de transport différents.

Petit lexique pour les néophytes :

  • Pokémon : Animal fictif à attraper.
  • Pokéstop : Endroit où des items utiles dans le jeu peuvent être récupérés (balles pour attraper des Pokémons, encens pour les attirer, œufs, potion pour leur redonner de l’énergie, etc.)
  • Arène : Endroit où les combats de Pokémons ont lieu. Les arènes sont défendues par un ou plusieurs Pokémons appartenant à une des trois équipes (rouges, jaunes ou bleus).
  • 20 km/h : Vitesse maximale à laquelle on peut circuler en jouant pour faire progresser l’incubation des œufs. Au-dessus de 20 km/h, l’application considère qu’on utilise un moyen de transport et ne calcule pas le kilométrage parcouru.

1- À pied

Comme 95% des joueurs de Pokémon GO, je chasse en marchant; en marchant mon chien, en marchant vers l’arrêt d’autobus, en marchant sans but précis autre que celui de faire éclore un de mes œufs qui, prions le Seigneur, ne contient pas un bâtard d’Aspicot (oui, mon iPhone est en français) ou celui de croiser un Lippoutou féroce se déhanchant tel un mononcle chaudaille dans un party de Noël de bureau.

Points positifs :

Points négatifs :

  • Méthode la moins rapide pour faire éclore ses œufs (outre que le surplace en direct du sofa de son salon);
  • Moyen déconseillé à Détroit en tout temps;
  • Ça donne un look de zombie 2.0, ce qui peut aussi s’avérer être un point positif chez certaines personnes.

Verdict : La marche, ça fait la job.

2- En vélo

Comme je n’ai jamais été particulièrement talentueux pour rider mon vélo en mode YOLO les deux mains dans les airs en m’autofaisant une poignée de main trop complexe pour l’hémisphère droit de mon cerveau, j’ai fait preuve d’énormément de prudence en utilisant l’application sur mon bicycle. Je n’ai ouvert l’application que sur la piste cyclable de l’île Notre-Dame (entre le pont Jacques-Cartier et le circuit Gilles-Villeneuve) et pas question d’essayer d’attraper un Pokémon en roulant (sauf si Bulbosaur s’était pointé le bout du nez).

L’île Notre-Dame sur Pokémon GO.

Le pont de la Concorde dans la vraie vie.

Points positifs :

  • Excellente façon d’accumuler rapidement du kilométrage pour faire éclore ses œufs. C’est d’ailleurs en vélo que mon Pikachu est sorti de sa coquille;

  • Ça agrémente le fait de manger 2-3 mouches la minute lors d’une sortie de vélo.

Points négatifs :

  • Niveau de dangerosité assez élevé (surtout lors d’un triathlon);
  • C’est illégal de le faire (ça peut être un point positif si tu es un vrai rebelle).

Verdict : C’est beaucoup trop dangereux! Ce n’est qu’une question de temps avant que le groupe MAPPGWRAB (Mothers Against Playing Pokémon GO While Riding A Bike) ne soit créé.

3- En autobus

Jouer à Pokémon GO en autobus, c’est le paradis. (Si le paradis est un endroit où il fait très chaud et dont le plancher est parsemé de détritus du Tim Horton’s.) Sérieusement, c’est le moyen de transport tout indiqué pour le jeu puisque les routes empruntées par les circuits d’autobus comportent habituellement beaucoup de Pokéstops, d’arènes et de Pokémons.

Un Lippoutou, 5 secondes avant que je ne l’attrape dans la 13.

Points positifs :

  • Moyen idéal pour faire éclore ses œufs rapidement puisque l’autobus circule très souvent à moins de 20 km/h;
  • Entre jouer à Pokémon GO et feuilleter un journal 24h, le choix est facile;
  • Vitesse parfaite pour récolter des items à des Pokéstops et attraper des Pokémons sur le chemin.

Points négatifs :

  • Moyen de transport trop rapide pour faire des combats dans des arènes;
  • Se faire lancer des regards de “Mon Dieu! Youssé que s’en va notre jeunesse?” par les autres usagers.

Verdict : Pokémon GO a été créé pour les gens qui prennent l’autobus, mais qui détestent envoyer leur Roucool se battre contre un Hypnomade.

4- En métro

Comme le réseau cellulaire est pas mal dans le métro, je me suis dit que ça serait aussi charmant d’utiliser l’application que ça l’avait été en autobus (surtout à bord de cet amour d’AZUR). Erreur, GROSSE erreur. À moins d’attendre le métro dans une station pas trop creuse, l’application ne se mettait pas à jour et me donnait un message d’erreur pour une raison que j’ignore toujours, bien que mon cellulaire indiquait que j’avais un signal correct (2-3 points). Une déception aussi vive que celle de voir ce Roucool (loin d’être cool en passant) sur le quai d’embarquement.

Points positifs :

  • Quelques Pokéstops et Pokémons accessibles à de très rares occasions;
  • Les Pokémons cachent une partie de la saleté du plancher des stations de métro.

Points négatifs :

  • Le signal GPS qui laisse à désirer 90% du temps;

En direct d’une station de métro dont j’ai oublié le nom.

  • Se faire lancer des regards de “Mon Dieu! Un adulte qui joue à un jeu autre que Candy Crush? Ouach.”

Verdict : Tant que le réseau cellulaire ne sera pas amélioré dans le métro, ça ne vaut pas la peine de faire baisser son niveau de pile de 37% entre Square-Victoria et Bonaventure.

5- En trottinette

Non, je n’ai pas fait ça. On n’est pas en 1997.

6- En auto

Avant de me faire lancer des insultes comme si j’avais mis en demeure le Journal de Mourréal, je vous rassure, j’étais PASSAGER de la voiture et non conducteur. Si ce dernier a du temps, de l’argent et une bonne partie de sa dignité à perdre, l’auto est un merveilleux moyen de transport pour jouer à Pokémon GO.

Sur l’autoroute 30, c’est mort.

Points positifs :

  • Rapide;
  • Efficace;
  • Confortable (en considérant un voyage de moins de 7 heures).

Points négatifs :

  • Faire de l’autoroute en jouant n’apporte aucun bénéfice comme on roule trop vite pour accumuler du kilométrage et ainsi faire progresser les œufs incubés (c’est la première fois que j’utilise ce participe passé et j’en suis très fier), récupérer des items à des Pokéstops, attraper des Pokémons ou se battre dans des arènes;
  • Bonne chance pour trouver une personne voulant vous conduire aux différents endroits de prédilection sans qu’elle ne veuille vous rayer de son testament après 15 minutes de covoiturage (excluant les chauffeurs Uber).

Verdict : À moins d’être multimillionnaire et d’avoir un chauffeur privé, cette méthode très coûteuse en termes d’argent, de temps et d’amis.

7- En rollerblades

Voir “En trottinette”.

8- En bateau

Chasser les Pokémons en bateau? W-O-W! Si la rumeur qui voulait d’ailleurs que plusieurs Pokémons d’eau rôdent sur les rivières et lacs du Québec s’avérait être vraie, j’allais frapper le gros lot. J’ai donc fait ni une ni deux et j’ai appelé mon cousin voisin immédiat du bassin de Chambly et propriétaire d’un bateau. C’est avec une incertitude certaine dans sa voix qu’il a accepté ma proposition d’être mon capitaine le temps d’une petite sortie du dimanche. Et tant qu’à y aller, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en pêchant la perchaude en même temps?

Mon petit-cousin, en manque de Pokéballs.

Le fort de Chambly, un endroit de prédilection pour chasser le Pokémon rare (mais pas dans l’eau).

Point positif :

  • C’est toujours le fun un tour de bateau, avec ou sans Pokémons.

Points négatifs :

  • Aucun Pokémon croisé sur l’eau en 45 minutes; la rumeur était fausse!;
  • Risque de perdre son téléphone à l’eau pour les joueurs malhabiles des doigts;
  • À proscrire si vous avez le mal de mer (surtout par une belle journée de fin de semaine où les morons en sea-doo se font aller à 6 pieds des autres embarcations).

Verdict : Le bateau, c’est pas fameux pour les Pokémons, mais si vous aimez la pêche, GO!

9- En avion

Bon, bon. Après avoir testé tous ces moyens de transport, il m’en restait un qui m’intriguait particulièrement : l’avion. Qu’est-ce qui allait se passer si j’ouvrais l’application en direct du ciel? Est-ce que les Pokémons d’air allaient tous se garrocher sur mon écran? Est-ce que j’allais maintenant être appelé The Pokémon master par le Québec tout entier? J’ai appelé un autre de mes cousins, Mathieu, pilote et propriétaire d’un petit avion, pour savoir s’il voulait m’aider dans ma quête pas si utile. À ma grande surprise, il a accepté. (J’ai tout de suite mis son jugement en doute.)

L’avion and I.

Une pas pire vue des Cantons de l’Est.

Le jeu en direct du ciel.

Les Pokémons, absents.

Mathieu, pilote et cousin en même temps, and I.

Points positifs :

  • Faire un tour d’avion, ça se prend toujours bien;
  • La vue sur le lac Memphrémagog;
  • Avoir de grandes responsabilités telles qu’éteindre un potentiel feu dans le cockpit en tant que copilote.

Points négatifs :

  • Vitesse beaucoup trop rapide (300 km/h) pour faire quoi que ce soit;
  • Faire une heure de vol, c’est pas ce qui est le plus abordable;
  • Je n’ai vu qu’un Pokémon (une chauve-souris) et il était disparu de mon écran le temps de cligner des yeux;
  • Le petit stress du décollage et de l’atterrissage (même avec un excellent pilote).

Verdict : L’avion, c’est l’fun d’en faire un tour, mais point de vue Pokémon GO, c’est un gros NON.

Conclusion

Pour terminer, je vais simplement y aller avec mon classement (meilleur au pire) des différents moyens de transport selon leur compatibilité avec Pokémon GO :

  1. Autobus
  2. À pied
  3. Auto
  4. Métro
  5. Vélo
  6. Bateau
  7. Avion

Je vous souhaite une bonne chasse à tous pour le temps que l’application sera encore populaire (2-3 semaines j’imagine)!

On se croise dans une arène!

*Merci à mes deux cousins, Carl et Mathieu, pour les tours de bateau et d’avion!

Pour lire une autre chronique de Philippe Côté-Giguère : “J’ai essayé Azur et je sais maintenant que Dieu existe”

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