J’ai essayé le menu trash Chez Morasse

“Je n’ai pas envie d’un autre texte avec un compte-rendu d’un weekend à Rouyn avec des photos de bands floues, des histoires de brosses pis de bands de garage qui font des clés dans les sous-sols des salles de spectacle.”

Bon.

Il y a trois raisons d’aller au FME : les bands, l’atmosphère de party incessante, et Chez Morasse.

Comme Amélie, ma digne successeure à la tête du web d’URBANIA, n’avait pas envie d’entendre parler des deux premiers, je me suis mis au défi de parler du troisième.

Morasse, c’est une institution. C’est le seul resto de Rouyn qui est à la fois :

  1. ouvert 24 heures,  et
  2. pas un Tim Horton.

En plus, il a l’emplacement de choix : juste à côté du site principal du festival, là où tout le monde passe. Pas étonnant que le menu soit réduit pendant les soirées du FME, les files sont terribles.

Chez Morasse se targue d’avoir la “meilleure poutine au monde.”

C’est pas vrai. Mais, c’est pas loin.

Ceci dit, ils offrent aussi quelque chose qui m’a attrapé l’œil dès ma première visite : le menu trash.

LE MENU TRASH.

LE. MENU. TRASH.

C’est un défi : il faut que je l’essaye. TOUTTE.

GO.

1) L’impossible

Le menu trash officiel est composé de six éléments, mais il y en a un que je n’ai jamais vu offert : “les jalaps”, communément appelés jalapeno poppers. C’est pas mal le moins funky des six, alors ça ne me dérange pas trop de l’avoir manqué.

2) Le nom lol

C’est clair que l’idée de ce plat-là est venue parce que le nom est comique.

Des bâtonnets de fromage pané, dans un pain à hot dog stimé, avec une tranche de bacon, de la sauce ranch et des piments forts marinés.

Ça a l’air de n’importe quoi.

Sauf que c’est efficace en pas pour rire!

Un heureux équilibre de croustillance (bacon, bâtonnets) et de mou (pain, sauce ranch), la sauce ranch absorbant le piquant des piments forts pour laisser place à la moelleuse chair de fromage dans son écrin de panure.

Chaudement recommandé.

Même sans piments forts, c’est efficace, voyez ci-haut.

3) La bonne idée sur papier

Une poutine, mais que tu remplaces les frites par des onion rings. What’s not to like?

Finalement, pas mal toute.

Le gros plaisir des rondelles d’oignon, c’est la croustillance.

Malheureusement, dès qu’on déverse de la sauce brune sur celles-ci, elles deviennent, comme on pouvait le prévoir assez aisément, mollassonnes. Mollassonnes et tristes.

De plus, il y a une faille structurelle dans le projet : des rondelles d’oignon, ça a des trous (un par rondelle, en moyenne). Le fromage squouiche-squouiche, c’est petit. Assez pour passer dans les trous.

Le résultat final est donc : une bouette de panure molle autour d’oignons qui n’ont jamais demandé ça, nappée de (délicieuse) sauce brune, avec un amas de fromage à poutine au fond.

La rontine, c’est comme coucher avec ton fantasme. Tu penses que ça va être parfait et wild comme toute, mais finalement tout le monde d’impliqué en ressort lourd, déçu, et avec des brûlements d’estomac.

4) Le random

Personne n’a jamais regardé un burger au poulet en se disant : “Ce qu’il manque là-dedans, c’est une rondelle d’oignon.”

Mais personne n’est Morasse non plus. (Ben, sauf les gens qui s’appellent Morasse, là, mais anyways c’est pas ça mon point.)

Le rondelet dans son habitat naturel

Un ajout de taille à une formule déjà gagnante, c’est rarement perdant. Un burger au poulet avec du bacon, du fromage orange et de la sauce chili sucrée? Damn right. La rondelle est devenue pur apparat, le diamant discret sur le jonc en platine, le featuring de Rihanna sur une toune de Drake. Ce n’est pas parce qu’on n’en avait pas besoin qu’on ne l’apprécie pas, au contraire. Une fioriture avec goût et panache. Une signature.

Un hit.

5) Le nom le dit

Je suis généralement un puriste du pulled pork : un pain portugais, du porc effiloché dans sa sauce, de la salade de chou et des cornichons. Rien ou presque ne me fera déroger à cette règle. Il fallait bien qu’URBANIA me le demande pour que je pile sur mes principes. (Ce sera pas la première fois.)

Chez Morasse, quand tu commandes ton snack, il arrive à une station de type Harvey’s où tu demandes les garnitures qui feront ton bonheur. Quand la madame a appelé mon numéro et m’a dit, quand je me suis présenté au comptoir, “Qu’est-ce qu’on met dans le Gros Porc?”, j’ai eu envie de lui répondre “Ben, tout ce qu’il y a dans le cabaret, là….”

Du pulled pork, de la sauce bbq, du bacon, du fromage, des pickles.

Et, quand on me connaît, beaucoup de piments forts

C’est efficace. Et étonnamment, pas trop lourd.

Assez pour que, quand un de mes comparses vivait des difficultés reliées à une branche de mush trop forte, je lui propose avec enthousiasme un Gros Porc, lui disant que ça va juste le grounder assez pour qu’il file mieux sans le crisser à terre parce qu’il a mangé une demi-livre de viande en cinq secondes. Il m’a écouté, et ça a fonctionné à merveille. VIVE LE GROS PORC!

6) Le clou

C’est à la fois le clou de la soirée et le clou dans le cercueil.

“Une demi-livre de bœuf, du bacon, du fromage, des oignons, le tout nappé d’une sauce Bull’s-Eye”

Calice, hein, pareil

Y’a pas grand-chose d’autre à dire.

Morasse (les mauvaises idées d’ @eric_samson ) = 1/2 livre de viande hachée, 6 tranches de bacon, 3 tranches de fromage, très peu de salade

A video posted by jeeptremblay (@jeeptremblay) on Sep 3, 2016 at 12:21am PDT

C’est too much. C’est trop gros. C’est lourd. C’est rude. Ça donne des sueurs froides.

Mais calvaire que c’est bon.

Pour vrai là, c’est l’équilibre parfait entre une nutrition correcte et Epic Meal Time : ça a l’air d’être beaucoup trop intense, mais une fois que tu l’as fini, tu te sens pas comme de la calice de marde, t’es juste prêt à relever de nouveaux défis (si les nouveaux défis consistent à aller voir un excellent show de rock garage dans un bar minuscule et de regarder le band se faire des clés dans le sous-sol après le show pendant que tu joues au ping-pong).

Maudit, fallait pas que j’en parle.

BONUS

Ils ont environ trente-quatre sortes de poutines fancy, certaines réussies (la Anodajay, ou la Gueule de bois), certaines plus fades (l’Abitibienne), mais le top du top, c’est clairement la pogotine.

Une poutine, un pogo coupé en rondelles, une splouite de moutarde sucrée on the side.

Pogotine 4 prez

Pour lire un autre reportage “Les mauvaises idées d’Éric” : “Célébrer le Canada au karaoké”

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up