Germain Barre

J’ai commandé du pot en ligne pour le bureau sur le site de la SQDC pis ça passe le test

Ça y est! C’est le jour J (ou M pour marijuana) : c’est officiellement aujourd’hui qu’entre en vigueur la loi sur la légalisation de la marijuana au Canada. « BEN VOYONS DONC! », me direz-vous si vous venez tout juste de vous réveiller d’un séjour de 20 ans dans une cabine de cryogénisation. Eh oui! C’est donc depuis ce matin que les milliers de Québécois amateurs de fines herbes peuvent se rendre dans une des sublimes (ou pas) succursales de la Société québécoise du cannabis pour se procurer du weed sous plusieurs formes — MAIS PAS DE DÉRIVÉS MANGEABLES, OK?

Depuis 10 h, il est aussi possible de passer une commande en ligne via la plateforme web de la SQDC. Justement, étant un avide acheteur sur le web — parce que t’sais, s’habiller pour aller au centre d’achats, c’est non — et fumeur social de marijuana, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite de naviguer sur la boutique et d’acheter 2-3 trucs, question de savoir comment ça se passait. En plus, disons que j’avais le feu vert de la direction de l’entreprise — on a quand même fait une édition du magazine URBANIA juste sur le cannabis il y a pas très longtemps — pour commander des trucs un peu hors de l’ordinaire. « Commande la sorte la plus forte », que me dit le patron, ben excité.

« Certainement, boss. »

Voici donc mon expérience et mon évaluation de la plateforme de la SQDC.

Trouver la plateforme

Ça semble être assez simple comme première étape, mais détrompez-vous, ce l’est pas pantoute. Mon réflexe a d’abord été de taper « SQDC » dans Google, me disant que le lien vers la plateforme serait le premier résultat de recherche à apparaître dans la liste. Ben non, toé. Le premier article « À la une » que j’ai vu est une nouvelle sur le site de TVA qui faisait part d’un faux site de la SQDC recueillant les informations personnelles des gens le visitant. Baby-boomers, vous êtes avertis.

Ça commençait bien… (Après vérification, le bon lien était tout au haut de la 2e page de résultats. J’ai pas de félicitations à la personne responsable du référencement du site.)

J’ai donc cliqué sur le premier lien qui semblait me rediriger au bon endroit. Il s’agissait de la section SQDC du site de la SAQ. Une fois arrivé là, j’ai été référé au site que je cherchais depuis beaucoup trop longtemps — une couple de secondes tout au plus, mais t’sais sur le web, c’est une éternité —, mais le lien n’était même pas cliquable; il a fallu que je copie-colle l’adresse dans une nouvelle fenêtre, comme le faisaient probablement les Hommes de Néandertal au tout début des internets.

C’est confirmé : le gouvernement du Québec veut vraiment pas que les gens fument du pot.

Enfin arrivé sur la page d’accueil

Après avoir trouvé la bonne adresse de la plateforme, je suis tombé sur la page d’accueil où une boite me demandant mon âge est apparue, sans grande surprise. Le design visuel du site — quoique très simple — fait vraiment la job. Les icônes, la police utilisée, les couleurs choisies, tout ça passe très bien. Il y a rien qui donne mal aux yeux au point de les rendre rouge vif.

Un graphiste d’URBANIA a aussi été agréablement surpris, sauf pour le logo, évidemment, qu’il croyait être davantage approprié pour la Société québécoise de la coloscopie. Il a pas tort.

En gros, au beau milieu de la page, on trouve une bande défilante de trois images qui parlent respectivement de la mission de la nouvelle société, des lieux où se trouvent les succursales et, finalement, de la promesse de la SQDC.

Tout au haut de l’écran, on trouve des options assez classiques de plateformes d’achats en ligne : inscription/connexion, mes favoris, mon panier. Un peu plus bas, une boîte « Recherche » nous permet de faire exactement ce dont on s’attend d’elle : chercher des produits selon des mots-clés. Du génie.

En défilant sur la page, on a quelques options pour en apprendre plus sur les produits disponibles et sur les effets du cannabis. Une page « Mises en garde » fait aussi l’énumération des risques et effets sur la santé du cannabis en plus de rappeler les interdits et les règles d’achat en ligne et en boutique. L’information est claire et assez bien expliquée, même pour les néophytes de la funnée cigarette.

Bon, c’est l’heure de passer aux choses sérieuses et de magasiner pour de vrai. Comme je suis pas très calé en la matière, j’ai demandé de l’aide à mon collègue Hugo (prénom réel), grand passionné de marijuana, pour choisir des trucs un peu funky.

Let’s go dans la section « Produits » du site.

Les produits

On peut sélectionner les produits selon le type (ou la forme) — fleurs séchées, moulu, préroulés, huiles, atomiseurs oraux, pilules —, l’espèce — indica, sativa, hybride, mélange —, ainsi que l’intensité — modérée, moyenne, élevée. Pas très difficile de s’y retrouver si on s’y connait un brin.

Pour répondre à la demande faite avant que ne débute ma quête, j’ai cliqué sur « élevée » sous « intensité ». Alors sont apparus les 12 produits qui répondaient à mon critère de recherche. Il est ensuite possible de raffiner davantage les résultats en sélectionnant de nombreux autres critères (catégories, espèces, teneur en THC, teneur en CBD, arômes, marque, producteur, format et gamme de prix). Y a de quoi être très spécifique, mettons!

Comme on avait un budget limité pour notre commande (100 $), on a d’abord choisi une boîte de fleurs séchées d’indica à arômes de moufette terreuse de marque Grail. Encore une fois, la fiche du produit est très détaillée et fournit une multitude de détails (genre le fournisseur, la marque et les terpènes — hein?) qui satisferont les connoisseurs de pot.

Petit hic : la description des produits n’est pas particulièrement convaincante parce que toujours au conditionnel, du genre « ça se pourrait que ça cause une sensation de peut-être que ça serait relaxant, mais juste possiblement là, calmez-vous ». Un exemple de ce que je veux dire :

GO au panier!

Après avoir choisi 4 produits assez différents (dont un atomiseur – wtf mon pusher m’a jamais proposé ça?), j’ai atteint ma limite de 100 $ et je me suis dirigé vers le panier. Comme sur pas mal toutes les plateformes d’achats, on a l’option de supprimer ou de changer les quantités des produits avant de cliquer sur « Passer la commande ». Un message indique aussi que des frais de livraison de 5,75 $ (taxes incluses) s’appliqueront. Pas si cher, quand même! Là où ça fait mal : les délais de livraison sont de 2 à 5 jours. Ish. Il y aurait pas moyen d’utiliser les drones d’Amazon Prime ou, dans le pire des cas, de faire une pierre deux coups et de mandater des Téo taxis inutilisés pour faire la livraison? Je dis ça, je dis rien.

Les étapes classiques suivent ensuite : on doit entrer l’adresse de livraison, choisir la méthode de livraison (il n’y a qu’une seule option pour le moment) et inscrire les informations de paiement. ET VOILÀ, C’EST FAIT.

Reste juste à patienter.

Verdict final

Outre le fait que le site était assez lent (on va leur pardonner, les serveurs sont clairement en train de surchauffer) et que certains produits étaient déjà en rupture de stock, le processus de commande en ligne s’est très bien fait et toute personne s’y connaissant un moindrement en la matière n’aura pas de difficulté à s’y retrouver. Le site contient aussi une multitude d’infos pour les débutants en plus d’offrir une version mobile très bien adaptée (j’ai fait le test sur iPhone). Je donne 4 feuilles de pot sur 5.

Il manque juste une app, la carte de points Inspire (hihihih, quelle bonne blague originale) et la livraison rapide pis on va être en bateau.

Félicitations, la SQDC.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Le #10yearschallenge  : un défi juste pour le fun ou une façon détournée d’accumuler des données ?

Ce que vous ne saviez peut-être pas sur le challenge viral qui assaillit présentement les médias sociaux.

Dans le même esprit