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Laissez-moi m’habituer à ma nouvelle vie de madame ! Oui, je suis enfin une adulte. J’ai un horaire d’au moins 40 heures/semaine. Je dois me lever plus tôt. Je ne suis plus à la maison la majorité du temps. Je travaille, je bosse, j’ai du boulot, des collègues, des échéanciers, des délais, des blablablas autour de grandes tables de conférence, avec un latté à la main et un foulard cool autour du cou. Et je dois faire composer ce rythme de vie avec mon autre vie de nuit, de shows, de bières gratuites et d’autographes sur des boules de groupies.
(Ce n’est pas vrai. Mes groupies, en faible nombre, sont très prudes et ne me flashent jamais leurs seins. La vie excitante et dépravée d’humoriste, elle est réservée aux garçons drôles seulement.)
Non, je ne me plains pas !
(Est-ce que c’est québécois cette mentalité de « Plains-toi pas, t’es chanceuse de travailler » ? Pourquoi faut-il toujours remercier le ciel de ne pas avoir une vie misérable ? Notre vieux fond judéo-chrétien m’exaspère. Merci mon Dieu, je n’ai aucune spiritualité.)
Je comprends maintenant que la majorité des gens soient mal informés. J’ai l’habitude d’être à la maison, à éplucher les articles de journaux, à écouter les nouvelles en boucle, à discuter avec mon copain sur les sujets de l’heure. Ma vie « d’humoriste de nuit » et « d’auteur en pyjama de jour » me permettait de prendre le temps de filtrer toute l’information qui m’était donnée, la trier, la décanter, l’analyser et m’en faire une bonne idée…bref, me forger une opinion qui se tient debout.
Mais bon, pour le moment, toute l’actualité me passe sous le nez. La commission Charbonneau, André Boisclair, le PQ, les maires qui tombent, la nouvelle toune de Céline et le dernier épisode d’Unité 9 qui envahit ma TL à chaque mardi.
C’est fou à quel point il est difficile de rester branchée sur ce qui se passe quand on a un horaire que la majorité des gens considèrent comme NORMAL. Victimes du « métro-boulot-dodo » et du « 9 à 5 », je vous lève mon chapeau.
Exemple : Après avoir jeté un coup d’œil sur Twitter hier soir, j’ai eu envie de hurler dans mon salon : « MAIS C’EST QUI ÇA, PETRAEUS ?»
Après avoir lu 2-3 tweets sur le sujet, mon opinion se résumait à : « Non mais, on s’en crisse qu’il trompe sa femme ou pas !» (oui, je sacre le soir dans mon salon, j’ai le droit).
Peut-être que je me trompe, peut-être que je suis right on. Je ne peux pas le savoir, je n’ai pas le temps de m’informer sur le sujet, lire les articles et écouter cette nouvelle défiler sur RDI avec un panel de spécialistes en politique américaine ou relations de couples/relations extraconjugales, donc je vais faire comme le commun des mortels, sauter aux conclusions et résumer la situation à ça :
Franchement ! Il n’est sûrement pas le premier, ni le dernier homme à tromper sa femme après 38 ans de mariage. Ça n’affecte en rien son travail. Par contre, travailler pour la CIA et être incapable d’avoir une aventure sans se faire pogner, ça prouve hors de tout doute qu’il n’était pas fait pour les services secrets.
Ai-je raison ? Ai-je tort ? Je ne sais pas trop. Je n’ai pas eu le temps de m’informer. Vous êtes donc victimes de ma désinformation causée par une surabondance de désinformation et mon manque de temps pour faire le ménage dans tout ça. Je suis maintenant la preuve qu’on peut écrire 600 mots à partir d’un simple tweet.
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