Jade Bressan

Le petit guide du « reply all »… ou comment ne pas frustrer tout le monde

Le « reply all » est considéré de nos jours comme la 11e plaie d'Égypte.

Allô, tout le monde.

En tant que rédacteur en chef de la section Techno d’URBANIA, il est de mon devoir de vous parler d’un mal qui assaillit des millions d’êtres humains, dont ma propre personne, depuis de nombreuses années et qui sévit toujours, à l’occasion. Un mal qui ronge de l’intérieur et frappe quand on s’y en attend le moins. Un mal avec une puissance si destructrice, que Kim Jong-un songe à délaisser le nucléaire pour le développer et ainsi en faire une arme de destruction massive; j’ai nommé : le reply all (mal utilisé).

Oh, oui. Vous avez bien lu : le reply all, cette fonction disponible sur n’importe quel service de messagerie web (Outlook, Mail, Gmail, etc.) est une véritable arme à double tranchant. D’un côté, elle peut s’avérer excessivement pratique; comme dans le cas où tous les gens à qui on envoie notre réponse à un message précédent sont concernés. D’un autre, ça peut être carrément aliénant; comme dans le cas où une seule des personnes à qui on envoie notre réponse à un message précédent est concernée et que les autres s’en torchent royalement.

Cette haine pour le reply all ne date pas d’hier, dans mon cas, comme le prouve cette publication Facebook qui date de 2014. Et si je me fie aux multiples mèmes sur le sujet trouvés sur le web, je ne suis pas seul dans ma gang.

J’avais déjà, à l’époque, l’obsession, un léger toc, de lire mes nouveaux courriels assez rapidement pour que disparaisse cette maudite notification (le cercle rouge de la mort) à côté de mon app Mail. D’ailleurs, selon moi, les gens qui ont 23 476 courriels non lus sont tout simplement des monstres qui méritent la prison.

Inspiré par cet article paru sur HubSpot, j’ai donc décidé de préparer ce guide de la nétiquette du reply all, afin que tous les gens ne se prénommant pas Julie, aussi gossés de lire « Non, Julie, Francis et moi apporterons un shortcake aux fraises pour dessert », puissent vivre en paix. Et que des chatons arrêtent de mourir.

1- Répondre à tous quand tout le monde est concerné

C’est le cas classique du courriel envoyé à une adresse regroupant tous les courriels d’une entreprise, du genre teamfauxjeunes@urbania.org. Lorsque les gens doivent connaitre les réponses de tous afin de faire avancer un projet ou de contribuer collectivement à l’avancement d’une tâche, le reply all est tout à fait justifié. Exemple : la semaine passée, URBANIA cherchait un nom pour sa nouvelle verticale portant uniquement sur les critiques lancées un peu gratuitement dans une autobiographie (allô, René Homier-Roy); il était donc parfaitement indiqué d’utiliser le reply all.

2- Répondre à tous quand les autres gens doivent savoir que vous avez répondu

Si vous êtes dans un message de groupe (4 ou 5 personnes, par exemple), que la personne ayant envoyé le message initial s’adresse directement à vous, mais que d’autres gens ont été mis dans le champ CC, car ils sont directement concernés par le sujet et attendent votre réponse, allez-y, RÉPONDEZ À TOUS! Vous avez la bénédiction du Seigneur.

GO FOR IT!

3- Toujours rester sur le même sujet

Quand vous êtes dans une chaîne de courriels qui vise à obtenir les réponses de plusieurs participants sur un sujet donné, ne faites pas bifurquer la conversation en ajoutant un nouveau sujet, surtout si celui-ci ne concerne pas tout le monde. Vous risquez seulement de mettre le trouble dans la conversation et de déclencher une guerre intestine au sein de votre groupe d’amateurs de thé.

4- Répondre à tous quand seul le destinateur doit obtenir une réponse

Faites-le juste pas, je vous en supplie. Pour moi, c’est une raison suffisante pour prendre rendez-vous avec ma notaire et retirer le/la coupable de mon testament.

5- Répondre à tous pour demander de vous retirer de la chaine de courriels

Ça ne sert à rien et vous ne ferez qu’encourager les gentils trolls de votre groupe souhaitant vous faire perdre votre temps à vous achaler encore plus. La preuve? Demandez à n’importe quel(le) employé(e) de Radio-Canada de vous en parler. Sinon, les gens de la Commission scolaire de Montréal sont aussi assez férus en la matière.

Bonus : Le petit truc du CCI

Il arrive à plusieurs occasions qu’une personne ne connaissant pas les rudiments de son Outlook envoie un courriel avec tout son carnet d’adresses dans le champ À ou CC, alors qu’elle souhaite avoir des réponses individuelles (exemple : venez-vous au souper de Noël?). Eh bien, ces néophytes du email auraient grand avantage à utiliser le champ CCI, qui permet d’envoyer un message à une multitude de destinataires sans que ceux-ci puissent empoisonner la vie des autres avec une réponse à tous du genre « Nath et moi, on serait ben venus, mais on va être dans le sud! Hihihiihi! Pina colada, baby! On pensera à vous. xox »

Un petit truc qui peut aider de nombreux gens à éviter des reflux gastriques.

Bon, ben voilà. La prochaine fois que vous recevrez une réponse fuck all dans votre boîte de courriel en raison d’un damné reply all, vous pourrez partager ce guide (accompagné d’un commentaire passif-agressif pour un maximum d’effet) au lieu d’effacer le message par dépit en perdant une partie de votre âme.

De rien.

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