On est où?

Guatemala : descente au paradis

Chroniques d'un (pas si vieux) « camper van ».

Avec les chroniques d’un (pas si vieux) « camper van », Mélanie Leblanc vous amène sur la route, la vraie. Des chemins sans filtres Instagram, pas toujours glam, souvent bordéliques, mais ô combien divertissants. À bord de John Mel & Camper, son truck de 21 ans (pas de rouille, pas de trou), c’est un départ vers la liberté… et le chaos.

TAPACHULA, Mexique → QUETZALTENANGO, Guatemala

Pour entrer au Guatemala, on doit compter deux heures pour tout le processus (fumigation extérieure du véhicule, inspection, voir madame 1 suivie de madame 2, puis monsieur 1, pour revenir à madame 2).

Pour entrer au Guatemala, on doit compter deux heures pour tout le processus (fumigation extérieure du véhicule, inspection, voir madame 1 suivie de madame 2, puis monsieur 1, pour revenir à madame 2). La procédure fait qu’on doit entrer dans le pays pour aller au guichet, sans avoir d’abord  fait estampiller le passeport. Vingt petites minutes légalement illégales où le cours de la vie peut changer. Pensez-y : tout peut arriver en l’espace de vingt minutes. On a tous été plus ou moins conçus dans ce délai-là, non ? Bref on est là, clopin-clopant dans le village guatémaltèque et je touche du bois aux cinq minutes.

[Aparté : toucher du bois, c’est devenu une maladie chronique chez moi. « Admettons qu’on sort du guichet et qu’on se fait tout voler on est pognés au Guatemala et le truck est au Mexique. Même pas, il est dans une zone inconnue. Entre les deux pays. On appelle ça comment d’ailleurs cette zone-là ? » Bref, ça n’arrivera pas parce que j’ai touché du bois. Merci. Facile de même.] 

On revient au bureau et là, pardon ? Ah ben oui,  les photocopies, c’était quoi déjà qu’on a oublié de faire au Mexique ? Rebelote dans le village, un autre petit vingt minutes, le truck toujours dans son inconfort géographique.

Arrivés à Quetzaltenango, la carte SIM achetée, c’est l’heure des burgers ! Je nous trouve les plus gros et on dort peinards dans le stationnement du Walmart,  tradition oblige.

L’achat de la carte SIM nous a achevés (je savais pas que je couvais une fuckin’ sinusite qui allait durer tout le Guatemala).


Ce burger ne le sait pas, mais il a un gros 5 minutes d’espérance de vie.

QUETZALTENANGO → PANAJACHEL

On trippe, mais le baptême du Guatemala est rough. Beaucoup de vaners entrent par Flores, à l’autre bout du pays. Ce qu’on devait faire aussi, mais le frette a fait en sorte qu’on est sur la côte Pacifique.

Le lendemain on part trop tard du Walmart. Je brette, je me fais de la soupe poulet et nouilles pour déjeuner. Je rêve de passer la journée couchée à « Netflix and cough ». Pas le goût de rouler, mais il le faut, pour trouver nos prochains paradis. L’esprit morveux me fait oublier de douter du GPS et je choisis délibérément de le suivre aveuglément. Je le suis dans les petits villages où les rues sont à peine plus grosses que le truck.  Je me retrouve à faire la circulation entre les voitures, les ânes et vélos, mi-crampée, mi-fiévreuse. Bref, l’aventure est aussi cool que surréaliste. On trippe, mais le baptême du Guatemala est rough. Beaucoup de vaners entrent par Flores, à l’autre bout du pays. Ce qu’on devait faire aussi, mais le frette a fait en sorte qu’on est sur la côte Pacifique. Donc on se tape le Sud en premier et on dirait qu’on n’est pas prêts. Qu’on n’a pas assez roulé la tête tranquille dans ce nouveau pays avant de se taper les pires routes. Petite incursion dans le cockpit, pendant qu’on finit pus de descendre :

« criss que je voudrais une conduite manuelle en ce moment. Je peux pas rétrograder, merde » capote mon chum.  

La pente pour descendre au lac Atitlán est tellement… descendante que les freins ont chaud et qu’il faut faire des pauses. Mais y a pas d’accotement sur les routes, ni d’endroit où faire de pauses alors on flatte John et on l’encourage comme si on assistait à un match de hockey de notre fils unique.

« let’s go Johnny, tu peux le faire ! Aweille le gros, donne toute, avale l’asphalte comme tu ne l’as jamais avalée »

Faut être fait forts. Et je ne le suis peut-être pas toujours. J’ai crié quelques fois, les roues sur le bord d’une falaise, ben accrochée à ma porte. On finit par se rendre à Panajachel – après avoir roulé à 3km heure – dans une horde de touristes à laquelle on allait s’agglutiner pour les prochains jours. Cool. « Moi j’aime ça quand il y a du monde » que je dis à un Antoine plus en mode « moi j’aime pas ça écraser des gens ». La bière va être bonne.

J’ai crié quelques fois, les roues sur le bord d’une falaise, ben accrochée à ma porte.

On finit par s’installer au camping devant le lac Atitlán. C’est magnifique. Ça valait la descente. On se tartine dans la belle gratitude (c’est pour toi, ça, cher voyageur-par-procuration-qui-s’approprie)  et on est ben. Crissement bien.

Un peu plus, pour ma part, quand le DJ s’installe à 300 mètres de notre terrain. Le genre de DJ qui pourrait spiner au Beach Club le mardi entre les DJ vedettes. Mais y a pas de beach et y a pas vraiment de club.

Ça fitte pas trop avec Tiësto hein?

Incursion sur le bord du truck, devant le lac, nous, dans nos chaises pliantes :

Antoine : « tu me niaises tabarnac. Y’a pas un chat à son c*&? de bar, il la fait jouer pour qui, sa musique de robots? » Je pense que la route l’a mis un petit peu à boutte.

Pour mon chum, autotune = voix de robots. Point.

Il y a donc eu de la musique de robots tous les soirs où on était au lac. Le DJ grimpait les décibels selon ses tounes prefs. C’est quand on a réalisé que ça faisait 15 minutes qu’on se criait après pour s’entendre, DANS le truck gros comme ma narine, qu’on est partis à rire, incrédules.

« JE VAIS FAIRE UNE SAUCE YOGOURT POUR LE POULET, ÇA TE TENTE-TU ? »

« METS-EN, MAIS ES-TU FÂCHÉ ? «           

« NON, PANTOUTE, TOI ? »

« MAIS POURQUOI TU CRIS ????????? »

« PARCE QUE LE BOZO EN BAS TRIPPE TROP SUR SES MIX PAS BONS »

Mix pas bons ou pas, j’en ai profité pour me monter une solide playlist de jogging. Yé ! Ça commence comme ça…

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