Elín Edda

Gombri  : Le meilleur est à venir

Une bd nature.

La planète se meurt. Je le sais, tu le sais, le monde entier le sait — même ceux qui font croire le contraire commencent à chier dans leur froc. C’est tellement beau de nous voir tous réunis le temps d’une marche. Le sentiment de pouvoir renverser la vapeur à coups de bonnes pensées jaillissant de notre bedaine comme des calinours – look it up, kids. Pendant ce temps-là on vient de perdre un glacier et un milliard de vies sauvages sans parler du continent de déchets qui continue à dériver. Mais qu’est-ce qu’on attend pour agir ?! C’est de cet état d’urgence que s’est nourri l’Islandaise Elín Edda pour créer Gombri, une bande dessinée dont la douce amertume nous fait voir la désolation dans toute sa splendeur. 

Gombri vit dans un jardin, seul. Il est le dernier de sa race et s’affaire à gérer du mieux qu’il peut la destruction d’un lieu qui fut jadis un paradis sur terre.

Gombri vit dans un jardin, seul. Il est le dernier de sa race et s’affaire à gérer du mieux qu’il peut la destruction d’un lieu qui fut jadis un paradis sur terre. Par contre un jour, il en a assez et quitte l’unique endroit qu’il a connu pour le néant bleu de l’océan à bord d’une chaloupe. Il fait la rencontre de Nanna ; une éconaufragée qui a fui pour oublier et se faire oublier. Elle est porteuse du virus de l’espoir d’un avenir meilleur que les gens de la ville veulent éradiquer à tout prix au nom de la démocratie et de l’ordre social.

Les acolytes finissent tout de même par y amarrer question d’y faire le plein. Ils sont accueillis dans la méfiance et on leur confisque leurs possessions. En se promenant au centre de la cité, Nanna se souvient : elle est investie d’une mission et doit se rendre au chevet de la Terre Mère. En fait, Nanna est une agente double qui jouait la game des monstres en puissance : ceux qui ont toujours besoin de plus de ressources pour être repus. Gombri, lui, c’est un peu comme le cinquième élément – look it up again, kids. C’est la clé du mécanisme qui remettra les pendules à l’heure.

Mais Big Brother a des yeux partout et ils sont vite repérés. La clameur monte, la colère gronde comme le feu. La fumée irrite les poumons tandis que la traîtresse est menottée : c’est une purge.

Ok. Nous, on fait quoi ? On n’en a pas de graines magiques ! Par contre, des phallocrates au pouvoir… Il faut changer le système avant qu’il ne soit trop tard ; le futur sera féminin ou il ne sera pas.

On brûle toutes traces du monde déchût dans le but de créer une amnésie collective. On ne peut pas se permettre une insurrection ; ça ne serait pas bon pour la business de mettre à sac les dernières parcelles de nature intouchées. À l’aide de complices, le sauveur planétaire aka Gombri, finit par rejoindre la Terre Mère qui lui assure qu’elle reprendra ses droits et que c’est lui qui mènera la guérilla dès son retour au jardin. Elle lui a aussi donné des graines magiques pour retrouver son chemin.

Fin.

Ok. Nous, on fait quoi ? On n’en a pas de graines magiques ! Par contre, des phallocrates au pouvoir… Il faut changer le système avant qu’il ne soit trop tard ; le futur sera féminin ou il ne sera pas.

Fin du monde.

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La bédé Gombri, d’Elín Edda, est publiée chez Mécanique Générale.

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