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À 71 ans, Denise Guénette force l’admiration dans son théâtre d’été où elle écrit les textes, conçoit la mise en scène, les décors et les costumes, fait la publicité, chante, danse et interprète une dizaine de personnages. Pendant qu’elle se change, l’hôtesse présente de petites vidéos. C’est elle qui les a faites aussi.
Êtes-vous gênée qu’on dise votre âge?
Ben non, 30 ans, y a rien là! Non, sérieux, ça ne me gêne pas parce que
je suis très en forme pour mon âge, et je suis contente de vieillir.
J’ai connu l’amour, je n’ai rien à demander de plus à la vie.
Quand avez-vous créé votre théâtre?
Le Théâtre de la pente douce a été fondé en 1989. C’est mon 22e été, ici. Avant, je faisais déjà des spectacles.
Comment ça a commencé?
Par un coup de tête. Quand j’ai acheté ma propriété en Gaspésie, il y
avait cette vieille bâtisse, pleine de bouts de bois, je me disais que
ça ferait un beau théâtre. Un an plus tard, j’avais ma salle de
spectacle.
Pourquoi faites-vous tout dans votre théâtre?
Un spectacle, c’est un tout. C’est pas que je veux tout mener, mais j’ai
besoin d’avoir un œil sur tout. Ce sont mes idées, c’est moi qui prends
le risque, je veux que ça soit à mon goût. Dans le fond, je suis pas
mal Germaine!
Mais vous ne faites pas tous vos personnages…
Avant, je les faisais tous, mais aujourd’hui, j’ai un nouveau conjoint
qui se présente bien et qui chante bien, je m’en sers. Je l’utilise!
Qu’est-ce qui rend votre théâtre spécial?
Je pense que les gens ne s’attendent pas à voir du théâtre professionnel
en campagne, dans le fond d’un rang. Et aussi c’est de l’humour : les
gens ont besoin de rire.
Qu’est-ce qui vous inspire?
Le quotidien, la vie ordinaire. Je ne me moque jamais des gens : je me moque des situations. Les gens ne sont jamais ridicules.
Qu’est-ce qui vous excite le plus?
Ben là, ça c’est une question un peu personnelle! Non, sans farces,
c’est quand les gens éclatent de rire, je trouve ça excitant et
stimulant.
Qu’est-ce que ça vous apporte, le théâtre?
Pour moi c’est pas un travail, c’est viscéral. Je suis un peu sauvage,
ça me permet d’aller vers les gens. Ça me permet aussi de parler de
choses qui me préoccupent, comme mon spectacle, cet été, sur
l’environnement.
Quels autres messages avez-vous essayé de passer?
Je préfère dire que mon spectacle a du contenu. Des messages, je trouve
que ça fait moralisateur. J’ai parlé de vieillissement, de santé, de
voyage, de métiers, etc.
Quelle est votre plus grande fierté?
Ce que je peux apporter aux gens. Ce qui me plaît le plus, c’est quand
les gens me disent : «Ah! Vous nous avez fait rire, mais vous nous avez
fait réfléchir aussi!» Ça pour moi, c’est une paye.
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