Faire l’humour entre frères : rencontre avec les Lucas Bros

Les jumeaux sont en spectacle dans le cadre de Just For Laughs.

Depuis quelques années, les frères Keith et Kenny Lucas, mieux connus sous le nom des Lucas Bros, répandent leur humour un peu partout dans le paysage culturel américain. Peut-être avez-vous déjà vu des extraits de leur série en dessin animé Lucas Bros Moving Co., qui raconte la vie des deux frères qui s’occupent d’une compagnie de déménagement, et qui préfèrent fumer des battes plutôt que de faire leur vraie job?

Sinon, vous avez surement pu les voir faire différents caméos, notamment dans le film 22 Jump Street. Quand ils ne sont pas devant la caméra, les frères jumeaux écrivent pour des émissions de télé et font du stand up. Leur premier special, « On Drugs », est sorti en 2017 sur Netflix et fut acclamé par la critique.

Deux ans plus tard, les deux frères ont affuté leur plume et sont de retour à Montréal pour une nouvelle série de spectacles dans le cadre de Just For Laughs. C’était l’occasion parfaite de jaser de travail, de fratrie et, bien sûr, de pot.

En commençant, j’ai une question étrange, mais qui pique ma curiosité : quand les gens vous engagent, est-ce qu’ils vous engagent ensemble? Êtes-vous un duo « officiel »?

Oui, on est un duo officiel. On est un duo d’humour, d’auteur, d’acteur et de producteur. Si quelqu’un veut m’engager, il doit aussi engager mon frère, sinon je ne le ferai pas.

Est-ce que ça arrive souvent que les gens essaient de vous engager en solo?

Quand même. Des fois les gens nous appellent séparément pour des auditions. Mais honnêtement, je ne pense pas que je suis à mon meilleur sans mon frère. Je pense que nos habiletés comiques sont bonifiées quand on travaille ensemble. Évidemment, on travaille parfois sur des choses chacun de notre côté, mais pour l’humour, c’est ensemble qu’on est à notre top.

J’ai regardé votre special sur Netflix et c’est fascinant de vous voir aller sur scène. Votre dynamique de duo est vraiment particulière. Comment avez-vous développé ça? 

Au début c’était plutôt difficile d’avoir ce nouveau de confort sur scène, et on y travaille encore. En commençant le processus, c’était plus difficile parce qu’on ne se faisait pas autant confiance qu’avant. Mais maintenant on se fait plus confiance, individuellement et en duo.

Sur la scène quand vous parlez, on dirait une partie de ping-pong. Vous êtes toujours en train de vous répondre et de réagir à ce que l’autre dit. C’est une dynamique qui s’est construite naturellement?

C’est un peu des deux. On est ensemble depuis 33 ans alors on a développé une manière de se parler entre nous, qui ressemble un peu à une partie de ping-pong, comme tu dis. On se demandait comment on pouvait amener notre manière de se parler sur scène. Au début, on écrivait notre stand up comme si une seule personne parlait. Mais on a fini par trouver une manière de raconter nos jokes qui donne l’impression qu’on le fait en discutant entre nous. 

À partir de ce moment-là, je trouve que notre humour s’est bonifié, et c’est pour ça que ça sonne aussi naturel.

J’étais aussi impressionné de votre habileté à garder l’attention de la foule malgré votre énergie scénique très laid back. C’est quoi votre truc?

Je pense que l’aspect visuel aide beaucoup. Je veux dire, tu as deux personnes identiques, qui te raconte des blagues. Souvent c’est assez pour garder l’attention du public. On essaie aussi d’être relax et un peu niaiseux, alors même si on a pas toujours les blagues les plus fortes, on reste capable de garder la foule engagée dans le spectacle.

Et si on ne reçoit pas les rires attendus, au moins on est deux à le vivre. On sait qu’on va pouvoir en rire ensemble après.

Dans votre humour vous parlez souvent de drogues, en particulier de votre consommation de weed. Comment arrivez-vous à gérer votre amour pour les drogues et votre productivité?

C’est actually une bonne question. Tout dépend de la quantité que tu fumes, et du moment où tu fumes. Personnellement, je fume surtout le soir. 

C’est aussi important de savoir ce que tu fumes : est-ce que c’est du sativa, du hybride ou du indica. Mais oui, il faut que tu sois capable de jongler avec tout ça.

Bien honnêtement, je pense que les gens devraient fumer plus. Les gens ont tendance à être stressés au travail et je suis sûr que si tout le monde était plus relax, on serait plus productifs. Franchement, je suis heureux de comment nous on le gère. Au moins on ne fait pas de blackout et on a pas de hangover. On fume pour gérer notre stress et l’anxiété, et ça nous fait mieux travailler. Voilà.

Dans votre special sur Netflix, vous êtes plutôt durs avec votre père, notamment quand vous faites des jokes sur le fait qu’il a fait de la prison. Comment réagit-il à ces blagues-là?

Notre père est épique, et il a un grand sens de l’humour. Il a ri à toutes les jokes qu’on a faites sur lui. Je veux dire… le gars a fait de la prison, je pense qu’il est capable d’en prendre. 

En fait, c’est plus facile faire des jokes là-dessus que d’en parler avec lui de manière sérieuse.

Finalement, vous vous arrêtez à Montréal pour présenter une série de 4 spectacles au Newspeak. C’est quoi le genre de matériel auquel on peut s’attendre?

On va parler de drogues, de philosophie, de psychologie. On a aussi quelques jokes de mécanique quantique et de jokes sur le sport. En fait ça va pas mal dans tous les sens, et le tout est lié par une ligne narrative qui rend ça cohérent.

En tout cas… on espère.

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