Faire la différence, une boîte à lunch à la fois

En temps de crise, les besoins changent et les organismes communautaires s'adaptent.

Les employés du GCC La Violence! (Groupe communautaire contre la violence) ont l’habitude de répondre aux besoins des gens qui habitent dans les HLM et pendant la crise en cours, ces besoins sont alimentaires. URBANIA a accompagné l’organisme sur le terrain lors d’une récente opération de dépannage.

À l’instar de plusieurs commerces et organismes, le GCC La Violence! avait cessé ses activités le 13 mars dernier, en phase avec les consignes de confinement imposées par les autorités. C’est là que des résidents d’HLM ont manifesté leur détresse, plaidant avoir faim. Surtout dans les tours « aînés » du quartier Hochelaga-Maisonneuve, où l’on calcule que 25 à 30% des résidents ont besoin de dépannage alimentaire.

Le GCC La Violence! a aussitôt décidé de se retrousser les manches et cuisiner des plats à même ses budgets. L’arrondissement a alors emboité le pas en débloquant un fond d’urgence pour assurer le fonctionnement du dépannage alimentaire. « Le processus s’amorce une semaine en avance. Le jour du dépannage, l’équipe débarque et désinfecte toutes les surfaces de travail avant d’installer la bouffe sur les tables. Des gens à vélo s’occupent ensuite de la livraison », énumère Isabelle Dauplaise, directrice générale du GCC La Violence!, qui tente de faire une répartition juste et équitable des denrées. 

«C’est certain qu’on en échappe et qu’on s’inquiète pour nos résidents, mais on est là, au front.»

L’organisme dessert actuellement quatre HLM et offre du dépannage alimentaire à 200 ménages en une journée. Les personnes âgées, qui sortent moins, sont davantage dans la mire de Mme Dauplaise et son équipe. «  Ça fait du sens qu’on soit là. Quand on est un organisme de proximité dans un milieu, c’est parce qu’on vite et qu’on respire selon les besoins des gens avec lesquels on travaille », souligne la directrice générale, qui dit tenter par tous les moyens de maintenir le lien avec sa clientèle. « C’est certain qu’on en échappe et qu’on s’inquiète pour nos résidents, mais on est là, au front », assure-t-elle. 

Les gens peuvent vivre environ une semaine grâce au dépannage alimentaire. La nourriture est déposée à la porte des résidents, qui apprécient grandement ce geste à leur égard. « Ça fait du bien au moral! », s’est réjouit une dame croisée à notre passage, reconnaissante. 

Malgré l’ adrénaline et l’incertitude ambiante, GCC La Violence! poursuit ses efforts pour faire une différence au quotidien, un dépannage à la fois. 

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