Facebook veut prévenir le suicide grâce à l’intelligence artificielle

Facebook teste depuis mars dernier cette nouvelle approche préventive.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans. Dans le monde, il en survient un toutes les 40 secondes. Facebook annonce aujourd’hui une nouvelle initiative pour contrer ce terrible fléau.

Mark Zuckerberg a lui-même annoncé que le géant américain allait dès maintenant améliorer le système d’intelligence artificielle qui lui permet de cibler les individus qui expriment des pensées suicidaires sur Facebook.

L’œil humain > la détection automatique

Jusqu’à maintenant, la plateforme devait compter sur les usagers pour repérer les usagers en détresse. Elle souhaite maintenant automatiser son approche, afin de rapidement offrir des ressources aux personnes directement concernées ou à leurs amis, ou encore pour contacter les secours.

Selon le fondateur de Facebook : « Dans le dernier mois, les outils d’intelligence artificielle nous ont aidés à communiquer rapidement avec les secours plus de 100 fois […]. Nous pouvons en faire beaucoup plus pour améliorer la situation. Aujourd’hui, ces outils utilisent principalement la reconnaissance pour identifier des signaux – tels que des commentaires demandant si autrui est OK – et ensuite rapidement les signaler à nos équipes qui travaillent 24/7, autour du monde, pour offrir de l’aide en quelques minutes. Dans le futur, l’intelligence artificielle pourra mieux comprendre les nuances subtiles du langage, et pourra identifier différentes problématiques au-delà du suicide, telles que l’intimidation et la haine. »

Facebook teste depuis mars dernier cette nouvelle approche préventive. Les résultats étant concluants en sol américain, elle devrait sous peu être implantée à travers le monde, hormis l’Union européenne, dont les lois entourant les données personnelles sont plus strictes.

D’ailleurs, cette nouvelle technologie soulève des questions éthiques. Si Facebook peut comprendre nos pensées sombres, que peut-il comprendre d’autre? Des enjeux de surveillance émergent, encore. Certains, au contraire, considèrent que les dirigeants de réseaux sociaux ont effectivement une grande responsabilité à jouer dans la prévention du suicide. On se rappellera la sortie de l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, dont le jeune garçon s’est enlevé la vie. Ce printemps, il déclarait, à Tout le monde en parle : « “Mon fils a envoyé un signal sur internet en mai. C’était par le site internet Twitch, qui appartient maintenant à Amazon. Il a envoyé des signaux d’aide très clairs, avec le mot suicide dans la note, sur ce site […] Amazon, qui est capable de détecter que tu veux des souliers rouges par les mots-clés, ne fait rien si tu écris suicide. Je pense qu’il faut changer les choses.”

Un message qui circule

Au Québec, cette nouvelle tombe à point. En ce moment, la province entière est ébranlée par le décès tragique de Simon Dufour, un adolescent de 15 ans qui a mis fin à ses jours le 23 novembre dernier. Si rien ne prouve que l’adolescent, victime d’intimidation, s’est tourné vers Facebook pour chercher de l’aide, c’est sur cette plateforme que résonne depuis le déchirant appel à la vigilance de sa sœur.

Parce qu’il reste beaucoup à faire. En ligne, comme ailleurs.

Si vous avez besoin d’aide. Si vous êtes inquiet pour un proche, ou si vous êtes une personne endeuillée par suicide, contactez Suicide Action : composez le 1 866 APPELLE (277-3553) partout au Québec, 24/7.

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