Être une cowgirl avec Mitsou Gélinas
Laïma A. Gérald a eu la chance de s’asseoir avec Mitsou Gélinas, l’icône québécoise de la féminité, pour discuter de la sexualisation des jeunes femmes, de l’affirmation de son indépendance lorsqu’elle était plus jeune, de vivre avec les critiques des autres, et sur ce qu’est une « cowgirl ». ❤️
Mitsou : l’icône pop qui a pris le contrôle de son narratif
Mitsou Gélinas, c’est une légende vivante du Québec. Depuis le moment où elle a secoué les ondes avec son hit Bye bye, mon cowboy en 1988, elle s’est imposée comme une figure incontournable : chanteuse, actrice, animatrice, entrepreneure, directrice de magazine, porte-parole et autrice. Pourtant, derrière cette carrière prolifique se cache une femme qui a dû constamment naviguer entre les attentes de la société, les critiques sur son image, et sa quête de liberté.
Une jeunesse sexualisée et jugée
« Une fille de 17 ans qui s’affiche libre, ça dérange », lance Mitsou. Dès ses débuts, elle a attiré autant l’admiration que les jugements. Les gens la désiraient tout en la réduisant à une proie. Sa jeunesse et sa sensualité faisaient jaser, mais ce que Mitsou en retient, c’est un amalgame de rébellion et d’affirmation. « Je voulais qu’on se rappelle de moi avec mon image, que je touche les gens d’une manière viscérale, à travers tous leurs sens. »
Avec le recul, elle reconnaît que cette image, volontairement sexualisée, était aussi une façon de revendiquer son indépendance dans un monde où la féminité libre était souvent mal perçue. « À l’époque, il n’y avait même pas de mot pour ce que je vivais. Le “slut shaming”, ça n’existait pas encore, mais ça, c’est exactement ce que j’ai vécu. »
Une image à réconcilier
Cette pression sociale l’a forcée à réévaluer son apparence pour être prise au sérieux, surtout lorsqu’elle a commencé à évoluer en affaires, un monde dominé par les hommes. Exit les décolletés et les vêtements moulants : Mitsou a revêtu une nouvelle « armure ». Mais ce changement est venu avec son lot de regrets. « J’ai oublié la femme sensuelle que j’étais, et ça me rendait amère. »
Aujourd’hui, elle se dit enfin en paix. « Je réconcilie qui je suis devenue avec mes valeurs. » Un processus qui lui a pris des années, mais qui lui permet d’être plus vraie et plus libre dans ses échanges.
Reprendre le contrôle : le « cowgirl power »
Inspirée par des figures comme Britney Spears et Pamela Anderson, qui reprennent leur narratif après des décennies de contrôle médiatique, Mitsou a elle aussi trouvé sa voix. « Ce n’est pas la sexualité qui est le problème, c’est qu’on dénigre les femmes à travers leur sexualité. Pourquoi une femme qui décide de s’afficher devrait-elle être jugée ? »
Ce discours, elle l’incarne dans son dernier projet musical, Cowgirl, une chanson créée exclusivement par des femmes. « Une cowgirl, c’est une femme indépendante, mature, qui en a vu d’autres et qui est en contrôle de son univers. » Pour Mitsou, ce concept dépasse le « girl power » et marque une nouvelle étape dans l’empowerment féminin.
Une icône intemporelle
Après 35 ans de carrière, Mitsou inspire toujours autant. Qu’on parle de son impact culturel, de sa résilience ou de sa capacité à s’adapter, elle reste une figure de détermination. Et pour ceux qui l’auraient oubliée, Cowgirl est là pour leur rappeler qu’elle est plus forte que jamais. Bye bye, mon cowboy, Mitsou est aux commandes, et elle ride au galop.
***
Pour d’autres témoignages tout aussi touchants (ou pour vous divertir un coup), abonnez-vous à notre chaîne YouTube et suivez-nous sur Instagram et TikTok pour ne rien manquer!