Frédéric Faddoul

Entrevue avec Mehdi Bousaidan : de l’importance du tech dans la vie d’un humoriste

Entretien avec un humoriste allumé à propos des métiers de la scène.

URBANIA et la Place des Arts s’unissent pour vous faire découvrir les métiers fascinants des coulisses du monde du spectacle.

Voilà trois ans déjà que j’écris pour CÉGEP en spectacle dans un CÉGEP de la Rive-Sud. Bien que mon équipe et moi avons beaucoup de plaisir à brainstormer, écrire et répéter nos sketches durant plusieurs semaines, mon vrai plaisir est le soir de la générale.

Parce que le soir de la générale, c’est le soir des techniciens. Je suis toujours fasciné à les voir aller, avec leurs gants et leurs bottes, en équilibre au bout d’une échelle à aligner des lumières. Pendant ce temps-là, le technicien à la console de son essaie d’attirer l’attention des animateurs sur la scène afin de pouvoir tester leurs micros. Derrière, le régisseur donne des consignes pour ouvrir les rideaux et rappelle à tout le monde d’être discipliné.

J’ai toujours trouvé qu’il y avait quelque chose de satisfaisant à regarder des gens être bons dans leur travail.

Je me suis entretenu avec l’humoriste Mehdi Bousaidan, qui tient le rôle principal dans la série web Si j’avais un tech, afin d’en apprendre plus sur l’initiative. En commençant notre entretien, j’étais surtout curieux de savoir comment l’humoriste bénéficie personnellement du travail des techniciens dans sa vie professionnelle.

« J’en profite dans tous les aspects de mon travail. Il faut comprendre que la culture, c’est vraiment un travail d’équipe. Souvent les gens voient juste ce qu’il y a en avant de la caméra, mais en fait c’qui est vraiment important c’est ce qui est derrière aussi! En tournage et sur scène, y’a toujours des techniciens qui sont sur le plateau avec nous. C’est aussi important sinon plus. Alors c’est pour ça qu’on a besoin de gens qui sont efficaces, performants et qui connaissent bien leur travail. »

Une famille quand la famille est loin

Mehdi m’expliquait d’ailleurs que des bons techniciens rendent aussi le travail du performer beaucoup plus facile.

Quand t’as des bons techniciens qui sont efficaces la journée passe vraiment plus vite. Ils te mettent à l’aise aussi. Des fois t’es stressé, tu te mélanges ou t’as des trous de mémoire.

« Des fois les journées de tournage ça peut être vraiment très long alors quand t’as des bons techniciens qui sont efficaces la journée passe vraiment plus vite. Ils te mettent à l’aise aussi. Des fois t’es stressé, tu te mélanges ou t’as des trous de mémoire. Dans ces moments-là, c’est le fun de les voir rire et déconner. Ça te redonne confiance. C’est des bons chums à avoir sur un plateau. »

Parce que la vie de plateau, c’est un trip de gang. Mehdi le sait très bien, étant en tournée depuis quelque temps déjà, son technicien est rendu beaucoup plus qu’un simple collègue.

« Il s’appelle Akim et avec le temps il est devenu un ami. Une tournée ça peut durer 2-3 ans alors tu finis que tu passes plus de temps avec ton technicien qu’avec ta blonde ou ta famille. Donc faut que tu t’entendes bien avec! Parce qu’une tournée où tu vas faire des shows tout seul pis qu’après tu rentres à l’hôtel pour écouter la télé ça ne donne pas le goût de la faire. C’est le fun d’avoir un ami après les shows pour aller prendre un verre. Ça devient un psy, un chum de boisson, même un conseiller. C’est un luxe d’avoir un bon tech. »

Des métiers qui vont en intéresser plusieurs

Et des bons techs, on en trouve dans tous les domaines de la technique, domaines qui sont par ailleurs extrêmement variés. L’accessoiriste, le metteur en scène et son assistant, le chorégraphe, les concepteurs d’éclairage, de costume et de son, le machiniste ainsi que le régisseur sont tous des postes de techniciens différents et essentiels au bon fonctionnement de l’industrie culturelle.

C’est pourquoi Mehdi souhaiterait voir plus de jeunes intéressés dans les programmes scolaires à l’avenir.

«En ce moment au Québec, juste pour l’humour y’a environ une quarantaine de shows qui roulent. Ajoute à ça les shows de théâtre, de comédie musicale, opéra, les tournages télé et cinéma, etc. J’pense que des bons techniciens, y’en aura jamais trop!»

« Une fois je suis allé dans une école et le technicien c’était un jeune : il avait monté toute la direction artistique du show. Il avait créé les décors lui-même et il contrôlait l’éclairage lui-même avec son iPad. Et ça équivalait à la qualité de bien des shows que j’ai vus dans de grandes salles. Lui c’est le fun parce que dès son secondaire un, il a pu développer sa passion pour ce domaine-là, parce qu’on lui a fait confiance et qu’on lui a proposé! Et c’est probablement la job qu’il va faire plus tard! »

Et des techniciens on en aura certainement besoin dans l’avenir.

« En ce moment au Québec, juste pour l’humour y’a environ une quarantaine de shows qui roulent. Ajoute à ça les shows de théâtre, de comédie musicale, opéra, les tournages télé et cinéma, etc. J’pense que des bons techniciens, y’en aura jamais trop! »

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C’est justement pour mettre de l’avant ces métiers de l’ombre que la Place des Arts a lancé Si j’avais un tech, un projet qui met en lumière les différents métiers de la scène et qui les explique.

Tous les postes sont d’ailleurs expliqués dans une web-série mettant en scène Mehdi Bousaidan, Jean-Carl Boucher ainsi que Marianne Verville.

« C’était le fun de tourner un truc sur les techniciens, avec des techniciens. Je crois qu’ils ont aimé ça parce que c’est rare qu’on fait des trucs pour parler de leur métier à eux. Le but c’était de faire des capsules pour les jeunes pour les intéresser à ces métiers-là. Y’a beaucoup de jeunes qui finissent par travailler là-dedans, mais qui auraient pu commencer leur apprentissage beaucoup plus tôt. C’est juste qu’ils ne savaient pas que ça existait. On ne les a pas vraiment intéressés à ces métiers-là assez tôt! »

Alors, les jeunes, cliquez ici afin de vous découvrir une nouvelle passion.

Comme Mehdi le dit : « c’est un méchant beau monde à découvrir! »

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