De Fred Caillou aux rayons laser : s’enlever le poil à travers l’histoire

Tour d’horizon des principaux outils conçus pour obtenir une peau de pêche.

Ce n’est pas d’hier que l’humain se débarrasse de son poil — pour des raisons culturelles, sexuelles, médicales ou religieuses, ou alors pour attirer l’attention quand on est une star de la pop déchue. Mais les moyens d’y parvenir, eux, ont beaucoup évolué.

COQUILLAGES ET ROCHES COUPANTES

Les hommes préhistoriques n’étaient pas aussi poilus qu’on le pense. Selon plusieurs archéologues, ils ont été les premiers à se débarrasser de leurs poils.

Leurs raisons étaient utilitaires — éviter les parasites, ne pas se faire agripper par les cheveux lors d’un combat, être moins facilement détectables à l’odeur par leurs proies… —, et ils rasaient poils et cheveux à l’aide d’éclats de pierre coupants. Pour la finition : des coquillages en guise de pinces à épiler.

Fred Caillou n’était pas bien loin de la vérité…

LA CIRE ET LE SUCRE

Bien avant que Carrie Bradshaw ne découvre le bikini brésilien dans Sex and the City, les Égyptiens s’épilaient à la cire ou au sucre pour enlever tous les poils de leur corps, sauf les sourcils.

La méthode demeure à peu près inchangée : une substance collante emprisonne les poils et les arrache quand on la retire rapidement. Le sucre — moins chaud, moins douloureux, plus écologique et plus facile à nettoyer que la cire — gagne en popularité. Surtout qu’on peut faire sa propre solution maison avec de l’eau, du sucre, du jus de citron et du miel.

Miam ! À quand un Centre d’épilation Ricardo ?

LES CRÈMES DÉPILATOIRES

Voilà une autre méthode plus ancienne qu’on pourrait le croire, puisque des recettes qui remontent à l’an 3000 av. J.-C. ont été trouvées en Turquie. À l’époque, on utilisait un mélange d’arsenic et de chaux, qu’il fallait rincer aussitôt que la peau chauffait, sans quoi cette dernière partait avec le poil (!).

Au temps d’Élisabeth Ire, c’était plutôt de l’huile de noix, de l’ammoniac, du vinaigre ou des excréments de chat (!!) qu’on frottait sur le front des enfants pour empêcher leurs cheveux de pousser (les grands fronts étaient à la mode).

Aujourd’hui, de nombreuses crèmes dépilatoires sont offertes sur le marché. Plus besoin de conserver les petits cadeaux de votre facétieux félin !

LE RASOIR DROIT

Les premiers rasoirs droits modernes sont apparus en Angleterre vers la fin du 17e siècle. Les manipuler nécessitait beaucoup d’adresse et de métier, sans quoi on risquait de se couper.

Au milieu du 18e siècle, le coutelier français Jean-Jacques Perret a démocratisé leur utilisation en inventant un manche de bois laissant dépasser seulement une petite partie de la lame, ce qui minimisait les risques de coupures.

Perret est aussi l’auteur de La pogonotomie, ou l’art d’apprendre à se raser soi-même. À ne pas confondre avec La pogonatomie, ou l’art de se couper le toupet comme Catherine Pogonat.

LE RASOIR DE SÛRETÉ

Inventé en 1880 par Frederick et Otto Kampfe, le rasoir de sûreté (un manche métallique avec une lame amovible) a été perfectionné par un certain King Camp Gillette.

Le génie de Gillette, c’est d’avoir conçu des lames à double tranchant, peu coûteuses, mais surtout jetables. Non seulement le client n’avait plus besoin de les faire affûter, mais il en rachetait périodiquement.

C’est en 1971 que Gillette a entamé la surenchère marketing avec le Trac II, premier rasoir muni de deux lames parallèles. Suivront la tête pivotante, la bande lubrifiante, les cartouches à trois (puis à cinq) lames et le rasoir qui vibre.

Toutes ces innovations n’ont pas encore convaincu David La Haye de raser sa barbe.

LE RASOIR ÉLECTRIQUE

C’est l’Américain Jacob Schick qui a breveté le premier rasoir électrique en 1930. Son invention a tout de suite plu, puisqu’elle ne nécessitait ni eau ni crème à raser.

Et même si le rasoir électrique rase de moins près, il a l’avantage de minimiser les coupures, de faire un travail rapide et de ne pas avoir besoin d’être remplacé.

Par contre, la technologie n’est pas encore assez avancée pour forcer les hommes à ramasser leurs poils autour du lavabo.

LES RASOIRS POUR FEMMES

Au début du 20e siècle, les manches des vêtements féminins ont commencé à raccourcir. Gillette en a profité pour commercialiser, en 1915, le Milady Décolleté — premier rasoir pour femmes — en insistant sur l’importance d’avoir les aisselles lisses.

En 1940, lors de la Deuxième Guerre mondiale, la pénurie de nylon et les jupes de plus en plus courtes ont amené Remington à créer le Lady Remington, premier rasoir électrique pour femmes.

Puis, en 1986, l’Epilady a vu le jour, un appareil de torture moderne un rasoir épilatoire dont les ressorts emprisonnent les poils et les arrachent au lieu de les couper.

Faut croire qu’on ne peut pas être une lady si on a du poil.

LE LASER

L’épilation au laser, devenue populaire dans les années 90, consiste à éliminer les poils à l’aide d’un faisceau de lumière. Les poils étant plus foncés que la peau, ils attirent davantage la lumière et transforment cette dernière en chaleur, qui brûle leur racine.

La méthode est moins efficace avec les poils blonds ou roux (qui attirent peu la lumière), et les peaux foncées, qui l’absorbent trop.

Des appareils miniatures permettent désormais de s’épiler au laser à la maison. Et de potentiellement se rendre aveugle (mais on appelle ça la sélection naturelle).

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