Encore le 8 mars

Fa-que là, ce week-end, c’est le 8 mars. Encore une fois, des femmes et des hommes féministes vont se rencontrer, jaser, questionner, méditer, écrire sur la condition de la femme et ce, partout dans le monde. Même si c’est pour nous une journée de mobilisation et d’espoir, le 8 mars, c’est loin d’être une journée de fête. C’est pas une journée pour s’auto-congratuler, crier hourra les femmes sont hawt, girl power pis toute, pis trinquer autour d’un pichet de bière. C’est une journée pour plein d’affaires, mais c’est une journée, surtout, pour mesurer les progrès qui ont été faits et les obstacles qui restent à surmonter, pour trouver des pistes de solution et, surtout, souligner les efforts qui ont été faits toutes ces années durant. Les efforts, les progrès, les obstacles, les réflexions, ça se fait à chaque jour. C’est un progrès de chaque jour, de chaque heure. Cette année, j’ai été invitée par deux collectifs cyberféministes absolument fantastiques, Je suis féministe et Et les femmes?, à venir faire jasette avec vous-autres dans le cadre d’un après-midi de réflexion sur le thème de la multiplicité des féminismes ainsi que de la place du féminisme dans le quotidien. En compagnie de Martine Delvaux, Jeanne Reynolds, Anne Migner-Laurin, Rachel Chagnon, Camille Tremblay-Fournier, Aurélie Lanctot, Véronique Grenier, Widia Larivière, Marie-Claude Garneau et d’Alexa Conradi, on va jaser de valeurs féministes dans le travail, les croyances et la sexualité, de multiplicité des féminismes, de divisions et de diversité dans les mouvements féministes. Comme tout engagement social, les féminismes comportent leurs contradictions en eux-mêmes, face à nos propres désirs et face à nos propres décisions. Rien n’est tout à fait noir ou tout à fait blanc. J’ai le goût de t’expliquer, par exemple, pourquoi je trouve important d’être une féministe enragée qui gueule après les masculinistes, mais pourquoi c’est aussi important que les féministes ne soient pas toutes acerbes comme moi. Pis t’sais, la sexualité. Drôle d’époque que nous vivons, n’est-ce pas? Depuis que les féminismes sont revendicateurs, des parallèles très en-dessous-de-la-ceinture sont dressés par ceux que ça dérange. Lesbienne. Frustrée. Anti-bite. Envie du pénis, ou dégoût de celui-ci. Haine de l’homme, et j’en passe… Je vais t’expliquer pourquoi je n’ai pas envie de répondre à ce discours, pourquoi je n’ai pas envie d’étaler ma sexualité en tant que contre-contre-argument à un discours émancipateur, hormis le fait, que, franchement, ce qui se passe dans mes bobettes, c’est pas mal de mes affaires à moi et pas celles des autres. Enfin, j’ai le goût de te parler d’amour. Le vrai, t’sais, celui qui donne le sourire épais quand on rêvasse à l’autre et qui fait qu’on est tout le temps heureux de se réveiller, le matin, pour se dire qu’on est donc content de se voir. En fait, ce n’est pas tant de l’amour que j’ai envie de parler, mais d’une institution qui en découle : le mariage. C’est compliqué, être féministe pis se marier, ou, du moins, pour moi, ça l’est. Ça comporte son lot de contradictions, ça aussi. On se dit que le mariage, c’est une tradition patriarcale, c’est vieux et usé jusqu’à la corde, jusqu’à ce qu’on se rappelle que finalement, on peut juste flusher le vœu d’obéissance, et prendre les engagements que l’on désire, entre adultes s’aimant à la folie, pis se crisser du gâteau dans’face après. Ça se peut que je te papote d’autre chose, aussi. Une chose est certaine, c’est que je suis sacrément impressionnée d’être reçue en compagnie de ces femmes fortes, fières et courageuses. La fangirl que je suis risque d’avoir les yeux ben, ben brillants pis d’over-enthousiasmer ses applaudissements. Ça fait que. Le 8 mars, j’espère te voir à cette table ronde, où nous pourrons échanger, en compagnie de toutes ces fantastiques féministes, sur la diversité des féminismes et sur les divisions au sein de ceux-ci. C’est ce samedi, au bar Notre-Dame-des-Quilles, 32, rue Beaubien, à 16h. J’ai tellement hâte que mes ovaires vont exploser. Genre. La page de l’événement sur Je suis féministe La page de l’événement sur Facebook

Je milite pour la justice sociale, l’égalité et le féminisme – des synonymes à mes yeux. Ayant suivi une formation en arts visuels, je poursuis mes démarches en recherche sociologique et j’écris présentement un livre sur l’itinérance qui sera publié prochainement chez VLB.

  Pour me suivre : c’est Sarah Labarre sur Facebook et @leKiwiDelamour
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