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Duos classiques : les albums
Nous méritons tous une deuxième chance. En fait, ceci s’adresse vraiment moins à mes ex qu’à ces bons vieux albums qu’on se réjouit de découvrir ou de redécouvrir en empruntant la collection de son père, en buvant une bière dans un bar qui fait jouer de vieux succès ou en se forçant rienquuntitpeu le cerveau pour accorder une simple deuxième écoute.
Et puis, comme accorder une deuxième chance, des fois c’est aussi de piler sur son orgueil; et comme piler sur son orgueil, des fois c’est aussi de prendre un petit verre, on s’est dit qu’un match album-de-deuxième-chance/spiritueux-fin serait le meilleur des matches!
Pour nous aider à faire les accords albums classiques-spiritueux classiques, on a demandé à un pro, Jean-François Laurence, mixologue d’expérience s’étant déjà retrouvé derrière plusieurs bars et restaurants de Montréal, dont le 132 Bar Vintage et le Nexus Smart Bar, de nous donner un coup de main.
Voici donc notre sélection d’albums classiques et leur accord alcoolisé :
Bob Dylan – Blonde On Blonde – 1966
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Une voix de nez qui saigne, des strophes qui ne respectent pas les temps, un peu trop d’harmonica qui fait grincer des dents : Bob Dylan ne fait pas de musique pour adolescents.
J’ai souvent été “confrontée” à du Bob Dylan plus jeune, et je me suis toujours demandée qu’est-ce que le monde pouvait bien y trouver… Pourtant, à mi-chemin entre le chansonnier et le rocker, Dylan me réconcilie aujourd’hui avec le folk, que je trouve apprêté à toutes les sauces et trop souvent sans saveur.
Est-ce la sagesse? Est-ce le fait que je comprenne maintenant les paroles en anglais? Est-ce de l’ouverture ou de l’abandon? Je ne saurais dire, à part que l’amour inconditionnel que lui porte ma grande amie MM m’ait plus ou moins influencé dans mon forçage d’écoute de Bob. De forcée, je suis devenue habituée, et d’habituée, je suis devenue comblée.
Et puis MM m’a amenée le voir en concert. C’était une bonne shot, cette fois-là. Good call, MM.
Accord alcoolisé recommandé : Bulleit Frontier (Corsé et Complexe)
INSPIRATION DU MIXOLOGUE
Bob et moi sommes des amis de longue date! Dès que j’entends sa voix, je ne peux m’empêcher de lâcher mes instruments de barman pour attraper mon harmonica et transformer le bar en scène bohème. Avant l’improvisation, il me faut un verre qui me fera mal; le Bulleit Frontier, un spiritueux idéal pour une soirée “bar blues”.
Beatles – Revolver – 1966
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En entendant les premiers sillons du 33 tours de Revolver, les adolescentes du monde entier ont pensé “What the fucking hell?!”. On était loin du Love Me Do à écouter entre amies en se faisant des lulus.
Les Beatles nous avaient pourtant plus ou moins avertis avec le précédent Rubber Soul, mais rien ne pouvait laisser présager la tangente psychédélique de Revolver (et des albums suivants). J’étais curieuse de comprendre comment l’avait vécu une adolescente-ultra-fan des Beatles de l’époque, j’ai donc téléphoné à ma mère pour en savoir plus :
“J’avais 13 ans. C’était, comment je pourrais dire, l’album un peu plus bum des Beatles. Vois-tu ce que je veux dire? Oui, on voyait qu’ils changeaient, mais on les aimait tellement qu’on avait le goût d’embarquer dans la vague nous aussi. C’est sûr que ça a pris plusieurs écoutes avant d’aimer Revolver; mais on se disait que si les Beatles aimaient ça, on sentait qu’il fallait qu’on aime ça aussi. J’ai jamais acheté l’album, je sais pas pourquoi.”
Quand la passion est tellement forte que tu te forces, pis que tu finis par aimer ça : merci The Beatles d’avoir changé la culture populaire.
NDLR: Ma mère fait dire qu’elle connaît les paroles de tous les albums des Beatles par cœur au final, bums pas bums.
Accord alcoolisé recommandé : Scotch Laphroaig Quarter Cask Islay Scotch Single Malt (Corsé et Fumé)
INSPIRATION DU MIXOLOGUE
Un de mes nombreux souvenirs avec les Beatles, c’est mon début dans le monde du vinyle! À l’époque, j’avais hérité de la collection des parents d’un ami et l’odeur qui se dégageait des pochettes en carton me rappelle le Laphroaig Quarter Cask. C’est définitivement un scotch à déguster au salon, dans un vieux sofa avec un bras de cuir un peu déchiré et des souvenirs d’adolescence qui remontent à la surface!
Pet Sounds – The Beach Boys – 1966
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Décidément, y avait de quoi dans l’air (et dans le sang!) en 1966. Pet Sounds marque un point tournant dans l’univers des Beach Boys, laissant de côté les harmonies (faciles) telles que “Ba Ba Ba Barbara Ann” et “Surfin’ USA” pour se concentrer sur des compositions complexes, de l’exploration de sons d’animaux et des expérimentations d’instruments hors-normes (du Theremin!).
Encore là, j’ai questionné mon arbre généalogique musical de mère pour comprendre le phénomène : “En fait, cette fois-ci, ça a été vraiment leur deuxième chance pour les Beach Boys. Moi, j’étais vraiment fan de la British Invasion, donc la musique de surf gneuh-gneuh-gna, j’aimais pas ça. Mais avec l’album Pet Sounds, c’était vraiment autre chose. Même que l’autre fois, ils en ont passé à la radio quand il est venu en concert, pis je me suis souvenue que j’aimais ça. Y avait la super belle chanson God Only Knows, pis l’autre, là, aussi… l’autre.”
Elle voulait dire Wouldn’t It Be Nice.
On remercie le génie de Brian Wilson d’avoir abandonné ses gneuh-gneuh-gna, parce que ma mère a fini par aimer ça.
Accord alcoolisé recommandé : Alberta Premium Dark Horse (Mi-corsé et Boisé)
INSPIRATION DU MIXOLOGUE
En un seul titre (Wouldn’t It Be Nice), l’inspiration s’explique! Il me semble impossible d’écouter ce titre sans avoir des envies de pique-nique au bord de l’eau. D’ailleurs, d’où je viens, un bon Dark Horse dégusté en bonne compagnie est symbole de partage. Ses notes séduisantes de chêne vanillé et de caramel mêlées à un soupçon de fumée se marient parfaitement à un beau moment en plein air!
Bitches Brew – Miles Davis – 1970
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À la première écoute, cet album donne autant de repères qu’une belle promenade dans le labyrinthe du film The Shining. C’est déroutant, improvisé et aussi accessible qu’un détecteur de fumée qui start en pleine cuisson de croûtons oubliés dans le four : c’est accessible, mais faut que tu te forces.
La première fois que je l’ai écouté, je me suis écœurée après 7 minutes d’impro incohérentes et j’ai changé pour de quoi de facile parce que je n’en pouvais plus. Puis, à force de me faire dire : “Come on Nadine, c’est l’album précurseur du jazz fusion.”, et moi de répéter : “Justement…”, j’ai pris une grande respiration et j’ai passé au travers de Bitches Brew avec finalement beaucoup de plaisir, entre être constamment surprise musicalement ou simplement me sentir comme Carrie Mathison dans le générique d’ouverture de Homeland.
Bitches Brew reste clairement un meilleur album pendant que tu prépares le souper que pendant que tu t’obstines politiquement avec une connaissance pendant le souper; c’est clair que je partirais pas en roadtrip sur Bitches Brew; j’aurais peur qu’on prenne le champ. Pis je pense pas que ça ferait de la bonne muse de gym.
Reste que ça s’écoute bien dans de belles circonstances d’écoute attentive, pis c’est ça l’important.
Accord alcoolisé recommandé : Cognac Hennessy V.S. (Léger et Floral)
INSPIRATION DU MIXOLOGUE
Soul + Miles Davis + Cognac + Vie nocturne = Mon rêve jamais réalisé… Si le cognac me fait vibrer, c’est qu’il me rappelle constamment la vie que j’aurais aimé vivre dans les quartiers chauds. Les gros ballons de cognac, la sueur des soirées animées, la musique qui remplit les rues… Profitez des arômes bien balancés du Hennessy V.S. et laissez la nuit vous guider!
Goodbye Yellow Brick Road – Elton John – 1973
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Toute ma vie, quand je pensais à Elton John, je me disais que c’était immensément quétaine. Un mélange entre le piano classique (beurk!), la chanson pop bonbon (ouache!) et le rock un peu mou (meh!). “Attends, tu me parles de l’album avec la mièvre Candle In The Wind, maintes fois entendues en hommage à Lady Di? Oufffffff…”
Minute. C’est parce que j’avais jamais compris toute la puissance du mélange entre le piano classique (wow!), la chanson pop bonbon (full catchy!) et le rock un peu (pas pantoute!) mou. Elton John est en parfaite maîtrise de son art sur Goodbye Yellow Brick Road, et force est d’admettre que c’est un compositeur hors pair et un joueur de piano badass.
NDLR: J’aurais jamais, sincèrement, pu écrire dans la même phrase “Elton John” et “badass” avant mes 25 ans, C’EST CERTAIN.
Album double rempli de hits et vendu à 30 millions d’exemplaires, ça valait finalement la peine de me résonner que c’était sans doute pas 30 millions de quétaines qui avaient acheté l’album au départ… Benny And The Jets, Harmony, Goodbye Yellow Brick Road et Saturday Night’s Alright for Fighting sont quelques arguments zéro quétaines que je laisserais donc ici…
Accord alcoolisé recommandé : Glenrothes Select Reserve (Léger et Floral)
INSPIRATION DU MIXOLOGUE
En écoutant l’album et en me demandant ce qui l’agencerait parfaitement, je me suis tout de suite lancé dans ma collection de scotch! Après 6 verres d’alcool différents, c’est avec confiance que je m’arrête sur le Glenrothes Select Reserve. Un long processus d’arômes éclatants ouvre la porte à ceux qui veulent éviter un produit trop agressif. Les traces olfactives de vanille et de fruits séchés laissent place à des arrières-odeurs de viennoiseries. À déguster dans sa cuisine à 2h du matin, avec son ordinateur et Elton John comme compagnons!
En vous souhaitant une bonne dégustation de duos classiques.
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Ce billet est une présentation des spiritueux fins de la SAQ, spécialistes des deuxièmes chances. Es-tu plus corsé ou floral? Pour une durée limitée, la SAQ t’invite à découvrir tes pastilles favorites en essayant le coffret découverte.
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