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Hier, je suis allée à Montréal pour assister à une pièce de théâtre, tousse…la mienne…tousse, dans le cadre du festival Fringe. Ça sonne drôle et doux de dire ça. Mais détail, ce n’est pas de « cette-chose-vraiment-fun-qui-m’arrive-dont-je-veux-te-parler ». Je suis montée avec mes deux plus vieilles amies et l’amoureux de l’une d’elle. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait de quoi de même toutes les trois. Depuis les dernières années, les p’tits, la vie, quand on réussit à prendre un café, dans un resto, c’est le party, fa’que une virée à Montréal, c’était pas rien.
Y’a eu le trafic, on est arrivé en retard, mais tout était tellement léger. J’avais eu le temps d’oublier comment la vie est « sur pause » quand je suis avec elles. Notamment parce qu’on rit fort et à gorge déployée – avec des petites secousses de corps, des larmes et le poing qui se frappe contre la cuisse ou la table – beaucoup trop souvent. Me semble que j’ai juste fait ça de ma soirée, rire. Elles sont très drôles, mes amies, font des jeux de mots drôles, des faces drôles, des jokes drôles. Il y a aussi toute cette zone de « no shame » avec elles qui fait qu’on peut s’étaler le ridicule entre nous et « ça va aller». On va se parler pareil, on aura juste plus de brillant dans les yeux. Il y a tout cet historique derrière nous. On a passé au travers de la vingtaine en se tenant les mains, la vie. En se la racontant toute, aussi, la vie. Dans son difficile, son laid, son beau. Ça fait que le spectre à l’intérieur duquel l’humour peut se déployer entre nous, il est très large. On n’a pas besoin de tout s’expliquer. Même quand on passe de longs moments sans se voir ou se parler, tout est là, on se reprend là où on s’était laissé.
Et hier, dans le char, c’était ça. C’était festif. Je me sens toujours comme une adolescente, en fait, quand je suis avec elles. J’ai même le droit d’être innocente, un peu terrible. Et ça fait du bien. Ces amies me permettent ça, être un peu tout croche, avoir du lousse.
Ce matin, je me disais que je m’en veux un peu, comme ben du monde j’imagine, de ne pas réussir à les voir plus fréquemment, mes meilleures amies. Je sais que me je me fie sur le fait que, comme elles sont dans ma vie depuis si longtemps, elles vont comprendre, nécessairement, que je ne puisse prendre le temps. Mais c’est un raisonnement de marde. Me semble que justement, parce que je suis si bien avec elles, parce qu’on se gosse un espace de léger dès qu’on se retrouve, je devrais plutôt les placer tout en haut de mes priorités. M’assurer qu’elles sachent que je pense à elles, souvent, leur rappeler comment je les cœur fort. Faire ma job ma job de poutre un peu mieux, aussi.
Parce que voir que je peux autant rire, à en avoir mal au ventre et à la gorge, avec des humaines et ne pas les en remercier plus. Et ne pas leur marteler qu’elles sont mes disco balls. Et ne pas leur dire qu’elles me rappellent que la vie, c’est fun, à chaque fois que je les vois.