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Devenir bénévole de la jasette, ça vous parle?
Un programme québécois met en contact les amoureux du français avec des gens qui souhaitent l’apprendre.

La Fondation pour la langue française et URBANIA s’unissent pour vous faire découvrir que donner du temps, c’est payant… autrement!
Le bénévolat, ça ne consiste pas nécessairement à jouer du violon dans une résidence de personnes âgées, à servir des bols de soupe dans un refuge ou à siéger au CA de son CPE.
Si vous avez du temps à donner, sachez qu’il existe des moyens assez très agréables de faire du bénévolat sans quitter le confort de son domicile.
Par exemple, vous pourriez simplement discuter avec des gens qui veulent apprendre le français et qui manquent d’occasions de s’exercer à le parler. C’est ce que propose le programme deux par deux de la Fondation pour la langue française.
Une activité anti-isolement
La bénévole de 79 ans Nicole St-Martin jase avec trois apprentis francophones différents par semaine via les appels vidéo Messenger. Ça fait du bien : la résidente de Magog n’aime pas prendre sa voiture et sort peu.
« Je trouvais que c’était une belle occasion de communiquer avec quelqu’un, et puis, ce n’était pas trop compliqué », explique l’ancienne secrétaire de l’Université de Montréal. « C’est une façon de socialiser, de créer des liens, tout en apportant un petit peu de mon côté savant. »
En plus d’aider les volontaires à développer une affinité avec la culture québécoise, certains jumelages débouchent sur de belles amitiés. Par exemple, un Égyptien dans la cinquantaine avec qui Nicole a été jumelée vient parfois lui rendre visite à Magog pour manger au resto.
« Il est très drôle », raconte la retraitée en souriant. « Il se cherche une blonde, et ça ne marche pas toujours. On échange un peu là-dessus, sur sa vie sentimentale. Je donne mes petits conseils. Des fois, il se décourage. Il se retrouve tout le temps le bec à l’eau. Au moins, il peut en parler. Je suis un peu comme sa confidente. »
Un autre volontaire, un Colombien résidant en Montérégie, lui parle de sa famille et de son travail difficile de nouvel arrivant.
« Parfois, après la conversation, je me sens bien », confie Nicole. « Ça me fait chaud au cœur de pouvoir les aider et, en même temps, ils me parlent de leur vie, de leurs difficultés, de leurs amours. »
Une excellente idée née de la pandémie
C’est justement pour briser l’isolement que l’idée du programme deux par deux est venue à Catherine Perrin. En 2020, pendant les premiers jours de la pandémie, l’animatrice a proposé à la Fondation pour la langue française de jumeler ses bénévoles à ses étudiants du centre de francisation.
Depuis, la Fondation a récolté pas moins de 4 015 inscriptions d’apprenants et a réalisé 3 921 jumelages. Cette année seulement, 1 234 nouveaux volontaires ont fait connaître leur intérêt pour le programme. Ils proviennent d’Amérique latine, d’Afrique, d’Europe, et même du Canada anglophone. Ils sont généralement de nouveaux arrivants dans la trentaine et veulent s’intégrer plus facilement en maîtrisant le français.
« C’est une entreprise très humaine qui sensibilise aussi à la question de l’immigration », estime Nicole St-Martin. « Ces personnes ont tout quitté en arrivant ici. Qu’est-ce que ça représente pour elles? »
Pour bien des bénévoles comme pour Nicole St-Martin, les bénéfices de participer au programme ne sont pas réservés aux apprentis francophones. Des personnes qui sont sur le marché du travail ou en voie de l’être aiment pouvoir mettre une mention de bénévolat à leur CV. En plus de bien paraître, ça leur permet aussi :
- de développer des compétences;
- d’acquérir de l’expérience professionnelle;
- de réseauter;
- d’approfondir leurs connaissances dans divers domaines;
- d’augmenter leur bien-être et leur motivation, comme ça a été le cas pour Nicole.
« Dans le monde actuel, c’est rare qu’on s’assoie et qu’on parle vraiment, qu’on échange avec quelqu’un pendant une heure », souligne la bénévole. « C’est peu fréquent, même dans ma vie à moi. »
Pour les introvertis aussi
Si vous pensez devoir préparer un numéro de stand-up avant chaque conversation, détrompez-vous. Le programme deux par deux s’adresse aussi aux gens timides. Sinon, Nicole St-Martin ne serait pas elle-même bénévole depuis plus d’un an et demi.
« Je suis plutôt introvertie, et ça fonctionne bien », témoigne Nicole. « Comme ils disent en bon français, en one-on-one, en tête-à-tête, c’est parfait. »
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Vous avez envie de jaser pour une bonne cause? Allez faire un tour sur le site du programme deux par deux et proposez vos services dès maintenant.
