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Deux heures de route avec Daniel

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Qui dit temps des fêtes et belle-famille en région, dit nécessairement faire de la route dans des conditions souvent déguelasses. Quand t’as pas de char comme moi, tu dois malheureusement te rabattre sur un service de co-voiturage qui porte un nom mexicain.

Ce billet est présenté par Unipneu

Bref, après avoir festoyé en masse avec la belle-famille dans un chalet éloigné, il fallait bien rentrer à Montréal. Le trajet a été coupé en deux et la première partie vers Québec s’était bien déroulé. Pour ceux qui me connaissent, Québec a toujours été synonyme de ville maudite. Chaque visite se conclut par une série de malchances et de malédictions. Ce 26 décembre 2008 n’allait pas faire exception.

Ce matin là, la madame de la météo avait annoncé un heureux mélange de verglas, de grésil et de vent à écorner les rhinocéros pour le début de la soirée. Alors que 90% des lifts Québec-Montréal s’annulaient les un après les autres, le nôtre restait encore “on schedule”. On se disait qu’on était bien chanceux, qu’on allait quand meme pouvoir rentrer chez nous même si ça risquait d’être un peu plus long que d’habitude. HAHAHA! Si seulement on savait quel cauchemar nous attendait.

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Notre chauffeur Daniel arriva à l’heure prévue au parking du Pétro-Canada de Ste-Foy. Daniel était dans la cinquantaine et conduisait une Audi A6. Disons que ça clashait avec la classique Corolla 98 rouillée qui vient avec des CD de punk qui sautent qu’on a l’habitude d’avoir en covoiturage. C’était plutôt rassurant, en fait, vue la météo qui commençait à faire sa bitch.

À peine sur l’autoroute, Daniel nous dit: “Ouin je sais pas trop avec les conditions si on va se rendre. On va s’essayer pis si c’est trop dangereux, on revire de bord”. On se regarde tous un peu confus par cette annonce, mais on acquiesce. Pis là, c’est là, sur le pont Pierre-Laporte, que j’ai su que j’étais embarqué dans la voiture du diable et que les deux prochaines heures allaient être les plus effrayantes de ma vie. Daniel fit jouer un merveilleux CD de musique électro-lounge digne d’un club du Centropolis à volume maximum et accéléra à une vitesse d’environ 130km/h. Je répète que ce qui tombait du ciel était la pire cochonnerie que j’avais vu depuis le verglas de 98 et que la visibilité était d’environ une profondeur de hood de char.

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Le petit beat électro dans le tapis et la pédale du gaz aussi, Daniel avalait la route comme si on était pourchassés par un T-Rex. On dépassait toutes les voitures qui roulaient à droite à la queue-leu-leu à 80km/h. Il nous annonce qu’il a décidé de partir pour Montréal pour allé à un party dans un bar et qu’à ce party là, l’alcool, la poudre et les filles étaient bar open et qu’il ne pouvait pas manquer ça. Son reniflement continu m’a fait réaliser que le party avait peut-être déjà commencé avant de partir de Québec…

Daniel répéta environ une dizaine de fois que si les conditions météo continuaient comme ça, on allait revirer de bord pour retourner à Québec. Au début on était d’accord et souhaitait même que ça se fasse au plus vite. Mais là, il répétait ça presque rendu à Trois-Rivières. C’est CLAIR qu’on voulait pas refaire la distance qu’on venait de parcourir et avoir risqué nos vies pour rien. Tant qu’à mourir, je préfère mourir le plus proche de chez nous possible.

À notre plus grand effroi, il decide finalement de prendre une sortie de l’autoroute pour retourner à Québec. Fuck! Il nous dit qu’il est désolé, qu’on on va retourner à Québec. Mais le plus drôle, c’est qu’il ajoute: “On pourrait se rendre mais vu que la route est dégueu, ça va prendre trop de temps pour rien”. Il roulait déjà à 160km/h dans deux tracks de glace. J’ose même pas imaginer à quelle vitesse il roule en temps normal. Bref, dès qu’on sort dans la sombre sortie, on s’arrête à un stop. En voulant repartir, la voiture fait un joyeux 360 degrés sur elle-même. C’est là que j’ai catché que ses pneus d’hiver avaient frappé leur Waterloo. Après deux-trois essais et deux-trois dérapages incontrôlés, notre chauffeur s’esclaffa: “Ben coudon! Jamais on pourra revirer de bord, on est pogné pour allé à Montréal pareil.” Il reprend la sortie pour Montréal en continuant sa balade infernale.

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Rendus à Drumondville avec les muscles crispés à son maximum, je me dis que dans le fond c’est nous les pires caves dans tout ça. On accèpte sa conduite sans rien dire. On regarde défiler nos vies sous nos yeux comme des guénilles sans oser dire au gars de ralentir pis d’être plus prudent. Je me dit que si on crash dans un lampadaire à 160km/h, notre histoire aura été digne d’une pub de la SAAQ ou d’une VHS éducative pour des écoliers du secondaire. Malgré tout, on ferme notre gueule et on prie que la tenue de route de la Audi et ses pneus d’hiver compensent pour le manque de jugement de notre conducteur. Passés St-Hyacinthe, la route commence à être dégagée et plus “sécuritaire.” J’ai le sentiment qu’on va peut-être pas mourir finalement.

Par un miracle digne de la Nativité, on s’est rendus sains et saufs à Montréal. Je suis débarqué au métro Pie-IX avec le même sentiment que lorsqu’on sort d’une montagne russe: un mélange d’euphorie et de choc post-traumatique.

Rendu chez nous, j’ai eu du mal à comprendre comment on avait réussi à faire la route Qc-MTL en 1h50 dans des conditions aussi exécrables. Je m’en suis voulu encore pendant quelques jours de n’avoir rien dit et d’avoir été aussi mauviette que Marty McFly.

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Alors avec les conditions routières plutôt louches à l’horizon, soyez prudents sur les routes et passez tous de Joyeuses Fêtes.

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