“Des séances de récréation dans une vie trépidante”

Certains prennent quinze minutes de pause pour s’évader dans un bon Marie Laberge. D’autres, s’abandonnent plutôt à de furieuses relations sexuelles payantes avec leur gros pinceau récréatif.

Cette semaine, j’ai promené mon caniche de grain (oui!). J’ai pelleté mon entrée avec un balai, aussi. Mais ce que j’ai préféré, et ce dont je n’ai certainement pas l’intention de revenir, c’est l’exquise poésie judiciaire d’un homme sur le point de redonner leurs lettres de noblesse aux sourcils pas de la même couleur que le fond de sa tête.

Ce DSK. Dominique Strauss-Kahn, homme en toute maîtrise de sa flatulente prestance. Fier baquet! Mais surtout citoyen du monde accusé de proxénétisme aggravé pour avoir participé à des parties de wézi-wézo chaudasses avec une sélection de prostituées aussi étoffée qu’une boîte de chocolats Merci.

Il est encore sur la mappe?
Certes oui. Je croyais aussi, en mon bulbe-coucou, l’histoire classée depuis moult buffets. Que le monsieur qui a l’air de se kerisser du petit Jésus et sa chorale s’était fait taper sur ses petites mains potelées pleines de bagues et qu’il rotait, depuis, sa victoire en gougounes dans une marina que je n’espérais pas orsini.

Faut croire que non.
Le procès a lieu au moment même où je me swigne les majeurs sur ce clavier, et je vous dis que les post-its revolent et retroussent des quatre coins dans c’te cour-là.

C’est donc cette semaine que l’ancien patron du FMI fut appelé à la barre pour témoigner dans « l’affaire du Carlton », le Carlton étant ce chic hôtel où l’homme en costard s’est dénudé le pas-de-fesses pour se tremper la tige dans toué pots qu’il trouva.

Et ce qui y fut confié relève, ma foi, du domaine du SENSATIONNEL.

De la dentelle de Bruges expulsée par une vieille bouche mince et mentholée.

C’est que ce DSK sait faire, le moment venu de s’expliquer la routine de conga de bizoune.

Bon; en gros, ce qui est, sans surprise, mis de l’avant, c’est que l’homme politique ignorait formellement que lorsqu’il prenait part à d’exotiques relations sexuelles à 32 dans sa garconnière, les jeunes femmes de qui il défonçait le fion avec gourmandise n’étaient pas d’innocentes courtisannes. Ni de jeunes prétendantes qui passaient dans le coin et qui avaient spontanément envie de s’offrir à un sexagénaire à bout de souffle après trois petits coups de bassin suintant.

C’est, je lui concède, à tomber en bas de son tabourette.
Je résiste à l’instant moi-même à la furieuse tentation de mettre mon casque, faire crisser mes pneus et prendre le premier avion en direction de la Bastille pour m’enfermer, pattes dans les airs et porte débarrée, dans la pénombre d’un boudoir en attendant d’avoir le privilège de me faire sauter COMME UNE MORTADELLE DANS LA POÊLONNE par pareille figure de charisme en échange de même pas un r’gard.

Fier, droit comme un beam et cologné juste ce qu’il faut, DSK se raconte dans le détail et n’éprouve aucune gêne à qualifier ses petits samedis soir de « simple libertinage », affirmant à tous vents qu’il ignorait tout du caractère prostitutionnel de ses partés de sous-sol.

Des petits partés?
L’expression plutôt employée par le grand homme vaut, mes amis, toutes les rides de bike™. Jamais DSK ne copula avec des putes.

Il s’adonna plutôt et je le cite, à « DES SÉANCES DE RÉCRÉATION DANS UNE VIE TRÉPIDANTE ».

Oh.

Dans mon temps, le mieux qui pouvait m’arriver, à la récré, c’est de manger une barre tendre. De pratiquer ma chorégraphie de Wilson Phillips en implorant le ciel de ne pas hériter du rôle de Carnie. Ou d’être la dernière de mon team de survie pis de recevoir le ballon-chasseur dans la face (c’est-à-dire tout le temps PIS ÇA PINÇAIT EN CRIME BINE). Pas de voir déposé sur mes joues rosines un vieil organe tubulaire rouge vin qui me demande pas la permission pour éternuer en échange d’un vingt.

J’imagine que mes récrés de Filles de Caleb ont passé de mode.

Mais ce que je retiens surtout, c’est la vie trépidante. QUELLE TROUVAILLE.

Parce qu’à se reformuler ainsi l’odieux pis le pas-joli, ben laisse-moi te dire que ta vie pis la mienne, elle s’enligne pour être FUN!

Tentons l’expérience.

Je ne sortirai plus les vidanges.

J’expédierai désormais mes sachets de canisses antiques sur la voie publique où des amoureux firent un jour la file à -40 pour bruncher Chez Régine sous une couvarte en buvant du thé vert.

Je ne coulerai plus de bronze.
Je refaçonnerai la flore fluviale avec fracas, en fa majeur, avec promesse de laisser tomber ma pêche avec la bouille victorieuse du Daniel Vézina qui vient de faire une phrase complète sans beurrer ses tchulottes.

Je n’aurai pas de relation sexuelle tarifée.
J’organiserai plutôt des potlucks où toute victuaille sera consommée entre les cuisses d’une Amazone dûment informée qu’elle est là par hasard et que le pulled pork qu’elle a mis dans sa sacoche lui sera facturé.

Un excellent week-end à vous.

La bise.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up