Des guns, du gaz et une exécution

Une semaine encore bien occupée dans le monde de l'actualité.

Une des grosses nouvelles de la semaine (de façon assez absurde, d’ailleurs), c’est probablement cet humoriste que personne ne connaissait il y a une semaine qui s’est vu refuser l’accès à une soirée d’humour parce qu’il portait des dreads.

Je n’en parlerai pas, surtout parce que je n’y ai pas assez réfléchi pour avoir une opinion intéressante, alors, au lieu de dire des niaiseries, je vais me taire. Prenez note, mesdames Durocher et Ravary et monsieur Martineau. 

Mais il s’est passé plein d’autres choses dont je me sens plus à l’aise de parler. 

On regarde ça. 

Le registre des armes à feu que tout le monde appuie (sauf ceux qui ont des armes à feu) 

Le gouvernement québécois, pour donner suite aux demandes de plusieurs groupes, particulièrement PolySeSouvient (un groupe formé d’étudiants et diplômes de Polytechnique en réponse à la tuerie de 1989), a décidé d’imposer un registre des armes à feu, après que le gouvernement Harper ait mis fin au registre fédéral. 

PolySeSouvient a d’ailleurs commandé un sondage Léger, qui révèle que 78% des répondants sont en accord avec ce registre. Évidemment, ceux qui sont le plus en faveur du registre sont ceux qui habitent en région urbaine, tandis que l’opinion est un peu moins favorable en région. 

Par contre, il en va autrement des propriétaires d’armes à feu, qui eux, ne sont pas d’accord pantoute. Tel que rapporté par Radio-Canada, Claude Avon déclare que « [l]es gens ne sont pas contents. Il faut constater qu’il y a 500 000 propriétaires d’armes qui ont retardé, pour l’instant, l’immatriculation de leurs armes au Québec. Il y a un mouvement assez important, assez intense de la part de ces propriétaires-là ». 

C’est qui Claude Avon? C’est le président de l’Association des collectionneurs d’armes du Bas-Canada. Oui, vous avez bien lu, le Bas-Canada. Je me demande ce qu’en penseraient les présidents des associations de l’URSS et de l’Empire ottoman. 

En fait, sur 1,6 million d’armes, seules 305 000 ont été enregistrées, soit à peu près 20%. Leurs raisons sont multiples: ils jugent que c’est injuste de devoir enregistrer leurs armes alors que les autres Canadiens n’ont plus à le faire, ils croient que le système sera trop coûteux et pas assez efficace. 

Mais souvent, cette opposition cache des motivations plus profondes, comme j’ai pu le découvrir quand j’ai parlé avec Guy Morin, militant proarmes, en 2017… 

Un Canadien condamné à mort

Si vous êtes pour vous payer un voyage en Chine, je vous recommande vraiment d’avoir une conduite irréprochable, parce que la Chine est encore ben fâchée contre Justin Trudeau et ce sont les Canadiens vivant au pays de Xi Jinping qui en paient le prix. 

C’est que le gouvernement chinois n’a vraiment pas bien pris l’arrestation par le Canada de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei. Dans la foulée, le gouvernement chinois a arrêté deux Canadiens, un diplomate et un consultant, qui demeurent toujours emprisonnés. 

Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Le tribunal chinois vient également de condamner à mort Robert Lloyd Schellenberg, un Canadien accusé par le gouvernement chinois de trafic de drogues. Il aurait tenté de dissimuler des méthamphétamines dans des pneus, mais Schellenberg continue de clamer son innocence. 

Il avait déjà été condamné dans un premier temps à 15 ans de prison, mais l’accusé trouvait la peine injuste et il est allé en appel, visiblement au mauvais moment, parce que la Chine l’a plutôt condamné à mort cette fois. La pire demande de révision de notes de tous les temps, bref.

Le Canada a dénoncé la condamnation, disant que la  Chine se servait de ce cas pour se venger, mais la Chine entend rester forte devant le Canada. La ministre Freeland risque de passer une couple de nuits blanches, parce que ça ne sera pas une crise facile à dénouer. 

Le nouveau ministre de l’Environnement officiellement pas trop trop écolo

Vous avez peut-être entendu parler, ou pas, du projet GNL Québec au Saguenay. En gros, l’entreprise GNL Québec va mettre en place une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay et un terminal maritime pour acheminer ce gaz naturel, alors qu’une autre entreprise, Gazoduq, construira le gazoduc (quel nom d’entreprise original d’ailleurs, ça doit être les mêmes qui ont appelé un magasin de manteaux Manteau Manteau) qui acheminera le gaz albertain jusqu’au royaume de Jean Tremblay. 

Comme j’ai mentionné plusieurs fois dans le même paragraphe « gaz naturel », « gazoduc » et « Alberta », vous comprendrez que c’est le genre de projet qui donne des sueurs froides à David Suzuki. Des groupes écolos, des scientifiques et des avocats ont donc demandé au gouvernement de faire une évaluation globale du projet. 

La réponse du gouvernement? « Non, c’est trop compliquéééééé ». Parce que y a deux entreprises impliquées, pis ça l’air que ça fait de l’évaluation environnementale une tâche impossible. 

« Désolé, on va prendre la chance que le projet fuck notre écosystème ben raide, parce qu’on a trouvé ça compliqué de savoir si le gazoduc est fait par GNL ou par euuuh… Gazoduq. »

Oh, pis en passant, c’est deux entreprises, mais c’est vite dit. Il y a GNL, et l’entreprise Gazoduq… dont l’actionnaire principal est… GNL. Ah, pis ils ont les mêmes administrateurs aussi. 

À la place, le projet va être évalué par petits morceaux séparés. Pourquoi insister pour que ce soit fait en bouts détachés? Selon Jean Baril, un avocat interviewé par Le Devoir, l’idée c’est de faire approuver l’usine en premier parce que ça crée des jobs, pis c’est quoi, tu veux que le monde du Saguenay meure de faim esti de sans-coeur? 

Pis après, une fois que l’usine est approuvée, ben tu fais approuver le gazoduc en disant : « ben là, on a une usine, ça serait con qu’on n’aille pas le gazoduc qui va avec».

Pis le nouveau ministre de l’Environnement, Benoît Charette, ne fait rien. Il répond mieux aux questions que MarieChantal Chassé, mais si c’est pour répondre des niaiseries, aussi ben rien dire. 

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