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Je me torche du hockey. Complètement. Mais quand est venu le moment de trouver la couverture du prochain numéro du magazine URBANIA, dont le thème est le Canada, je me suis soudainement intéressée à PK Subban. S’il faut rassembler un lot de symboles, un joueur du Canadien (qui n’a rien de l’humilité et de la politesse qu’on attribue généralement à notre nation), vêtu d’un suit de la police montée, devant les Rocheuses, ça donnerait une belle image, non?
Oui.
Welcome to Canada, tout le monde!
Dans la vie, quand je ne suis pas rédactrice en chef par intérim d’un magazine, je suis recherchiste. J’ai un bottin rempli de numéros dont je me sers rarement. J’ai contacté l’agente de PK. Je l’ai appelée deux fois par jour pendant trois semaines. Elle ne m’est jamais revenue.
Pas le choix, je devais passer à la méthode brutale. J’ai donc demandé le numéro du célèbre joueur à l’amie d’une amie d’une amie (beaucoup plus belle que moi). Et j’ai entamé une relation à sens unique avec lui. (C’pas la première. Vous me manquez, M. Parizeau.)
Ok, j’ai le numéro personnel de PK Subban. Mais comment l’approcher? J’opte d’abord pour la méthode corpo. Je présente le magazine, je me la joue sympathique. J’insiste sur le fait que je fais un effort de langage. Je m’avoue vulnérable. S’il est doux, il va me tendre une perche…
Il ne le fait pas.
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Bon. Je comprends. Le dude ne me connait pas. Il ne connait probablement pas URBANIA non plus. Je dois gagner en crédibilité. Il me faut trouver une façon de ploguer que Michèle Richard, Antoine Bertrand et autres figures importantes de notre culture ont déjà pris la pose pour nous. Et je dois le faire sans sonner fraîche. Je l’ai : une photo! Et, pourquoi pas, tant qu’à y être, un petit flattage d’égo? PK, tu serais beau sur notre papier. Tu sentirais bon. Tu serais glorieux comme ton équipe. Dis donc oui!
Il ne répond toujours pas.
Ha ben, crime puff! Selon son compte Instagram, PK est en Grèce depuis le début de notre correspondance à sens unique… Il lira probablement mes messages à son retour. Puis il me répondra, c’est certain.
Des informateurs me révèlent que PK est de retour en ville. Et donc qu’il m’ignore.
J’ai mal. Mon secondaire tout entier défile en un pénible flashback.
Est-ce terrible de m’être faite charmante pour appâter un joueur de hockey? Oui. Suis-je fière? Hell, no! Mais quand il ne te reste qu’une semaine pour clore un magazine, tu ne penses plus à ça. Tu tentes de survivre. Il y a une équipe derrière toi – et elle dépend peut-être de tes attributs. Probablement pas. Mais peut-être. Tu fonces. Tu es à la guerre.
Je ne le referai plus. Promis.
En attendant, c’est toujours silence radio du côté de ma victime.
On vient de trouver une meilleure idée pour la couverture (qu’on vous révèlera d’ailleurs dans deux jours!). Laisse faire, PK. De toute façon, je ne te méritais pas. Je n’ai pas été totalement franche, j’ai essayé de te manipuler. T’étais comme la fille dans Elle a tout pour elle, pis moi j’étais Freddy Prince Jr. Je m’excuse.
Je me suis un peu attachée. Je ressens l’étrange besoin de lui faire un aurevoir officiel. De sentir que notre relation se termine en de bons termes. Je lui écris, pour une dernière fois.
***
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Notre deadline approche très dangereusement. Il faut passer aux grands moyens. Je sors le numéro spécial hockey et je lis l’article sur les “plottes à puck”. Deux fois. À la lumière de ma lecture, il me manque absolument tous les attributs nécessaires pour charmer PK. Il ne sert donc à rien de tenter de le séduire. Ma seule option : le chantage émotif. Une moue, des yeux un peu manga et un léger aperçu des courbes que je n’ai pas (juste pour la luck). En background, un homme un peu menaçant – ça ne peut pas nuire.
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