Denis, mon chum Go Habs Go #HabsDC

Je n’aime pas qu’on me tutoie, et je ne tutoie pas facilement. Ce n’est pas le cas du nouveau maire de Montréal. Il est à tu et à toi avec tout le monde. Mon Régis par-ci, mon Marcel par-là. Et que je te tape sur l’épaule et que je te flatte la bedaine. Et le décorum, bordel?

Je vais donc moi aussi te tutoyer*, Denis, tu comprendras mieux ce que je veux dire si tu me lis. Mais si j’en juge par ton commentaire sur Twitter du 11 septembre que tu as effacé, tu me lis.

Mon Denis, mon maire, je voudrais te rappeler que tu as été élu par à peine un tiers de même pas la moitié des gens qui ont le droit de voter. Fais le calcul. On parle de moins de 14 % d’appui populaire. Autant dire pas grand-chose. Alors calme-toi l’ego et vas-y mollo. Tiens, prends exemple sur Richard Bergeron, un homme de convictions, mais aussi de principes qui a pris avec dignité les résultats de l’expression démocratique des Montréalais et en a tiré des conséquences justes et intègres. Essaye de tirer des leçons de Louise Harel pleine d’humilité malgré la vie qu’elle a donnée à la chose publique et au bien commun.

Maintenant que tu as enfin enfilé un costume à la surdimension de tes ambitions, fais-en bon usage. Ne commence pas à picosser ton vis-à-vis de Québec. Tu sais bien qu’il est susceptible. Rappelle-toi que lui, il a été appuyé par une écrasante majorité. Essaye aussi de t’entendre avec la forte opposition qui siégera avec toi à l’hôtel de ville en prenant ce qu’elle a de meilleur à proposer. Innove en faisant preuve de souplesse et d’ouverture. N’essaye pas d’embobiner les plus faibles pour qu’ils rejoignent tes rangs et t’apportent la majorité qui te manque tant. Gouverne avec intelligence et magnanimité.

On sait que tu es proche du peuple, mais peux-tu élever un peu le niveau de tes propos, STP? Rappelle-toi que tu n’es désormais plus le petit gars de Montréal-Nord, tu es le maire de la plus grande métropole francophone en Amérique. Peux-tu aussi arrêter de faire le fanfaron sur Twitter avec des humoristes et des clowns? À force de jouer au kid Kodak, tu pourrais un jour te retrouver en fâcheuse position. Regarde ce qui est arrivé au maire de Toronto.

Tu as du pain sur la planche et désormais des responsabilités immenses. La population voudrait savoir ce que tu vas faire pour elle. Elle s’en fout que tu aies adoré le spectacle de Guy Nantel ou l’émission de Salvail. Les Montréalais aiment le hockey, mais ils préféreraient savoir quelle est ta position face à leur compte de taxes plutôt que ce que tu penses de Desharnais, Go Habs Go ;) #HabsDC.

Je sais que ce n’est pas la place de maire qui va changer l’homme. Surtout toi, Denis Coderre. Populiste jusqu’au fond du caleçon, tu as appris le métier de politicien à l’ancienne, à grands coups de poignées de mains et de rires factices (factice, ça veut dire fake). Mais on peut rêver.

Si tu veux te changer les idées et découvrir la profondeur de tes contribuables, tu iras voir le projet « ICI un souvenir » de Patsy Van Roost (pour être totalement transparent, je dois te confesser que c’est une Belge, comme moi). Il y a une vie au-delà des apparences. Et ça pourrait peut-être t’inspirer. Pour suivre mes échanges avec Denis Coderre sur Twitter, c’est ici : @pascalhenrard *Notez qu’un célèbre chroniqueur y est allé lui aussi cette semaine d’une bafouille à son ami Denis qu’il tutoie à tour de bras. Je ne peux que vous conseiller de la lire. Il y dénombre une série de faits troublants qui risquent de hanter longtemps notre chum Denis.

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