Demande Spéciale : un duo décomplexé pour qui le beau, c’est clever

Maude Turgeon et Guillaume Lavallée, designers graphiques tout en contrastes.

Vanessa Duval est directrice artistique, designer et rédactrice. Elle a fondé le Studio Couleur Vive il y a quelques années et quand elle nous a proposé de nous faire découvrir, à travers un petit questionnaire, des créatrices et des créateurs qu’elle aime et dont elle admire le travail, on a dit : « ben oui, c’est sûr! Quand est-ce qu’on commence? » Alors cette semaine, on la laisse nous transporter dans les coulisses de Demande Spéciale, un studio de design graphique qui entrera bientôt dans son Terrible Two.

Le premier jour, il y eut Demande Spéciale

Après plusieurs années à collaborer dans différents studios de design à Montréal, Maude Turgeon et Guillaume Lavallée fondent, à l’automne 2017, le nouvel enfant terrible du design, le studio Demande Spéciale.

Avec comme objectif d’apporter leur vision singulière au paysage graphique montréalais (et à moyen/long terme, planétaire) les créateurs poussent leurs limites et challengent leurs zones de confort dans un constant effort de découverte et de créativité.

Toute la beauté du processus : Demande Spéciale évolue en même temps que ses fondateurs.

Bises : Floride. Recueil photographique du photographe montréalais François Ollivier. Une création de Demande Spéciale.

Qu’est-ce que ton travail représente dans ta vie?

Maude : Toute ma vie. Le design fait partie intégrante de ma vie personnelle et ma vie professionnelle. C’est toujours dans ma tête, j’y pense constamment. Même ce que je fais à l’extérieur du bureau est orienté autour du design, des arts, de l’expérimentation. Bref, la création au sens large représente ma vie et mon travail.

Guillaume : Mon travail est pour moi une extension de qui je suis, c’est aussi quelque chose qui prend beaucoup de place dans ma vie.

C’est difficile de quitter le bureau et de tourner la switch à off. C’est cliché à dire, mais le design est partout, et ce, pour le meilleur et pour le pire #GraphicDesignIsAPrison

Un de tes bonheurs simples du quotidien?

Maude : Travailler pour nous. Mais travailler pour nous dans un environnement qui nous représente. Je pense qu’on est chanceux d’avoir pu se créer un endroit comme ça, aussi rapidement. Une place où on peut faire du bon design mais être un peu spécial. (lol)

Guillaume : Allez voir des films, souvent seul (par choix, pas parce que j’ai pas trouvé de date :( ). Ça me permet de totalement décrocher, d’éteindre le téléphone et de simplement écouter.

Une création de Demande Spéciale pour le Festival International de Mapping de Montréal

Une leçon apprise de ton métier?

Maude : Que je préfère travailler à mon compte [à notre compte]. Mon père est entrepreneur aussi, c’était peut-être écrit dans le ciel? Mais les leçons, on est en train de les apprendre. Je pense qu’on a évolué beaucoup depuis le début, et qu’on va encore beaucoup évoluer en tant que studio, designers et individus.

Guillaume : De ne pas essayer d’entrer dans un moule, de faire les choses à ma manière. D’y croire très fort et d’être persévérant. Beaucoup de gens vont te décourager jusqu’à que tu leur prouves de quoi t’es capable.

Personnellement, comment définis-tu le « beau » ?

Maude : Le beau, pour moi, c’est pas juste esthétique. Ce que je trouve beau, c’est quand la forme appuie la fonction ou le sujet, quand tout fait du sens, qu’il y a un but, un concept, une raison. Quand c’est clever.

Guillaume : Pour définir le beau, il faut premièrement définir le « laid ».

Poster tiré du système identitaire travaillé par Demande Spéciale pour Rainville Sangaré

Y a-t-il un sujet récurrent dans ton travail? Si oui, lequel et pourquoi?

Maude : Je dirais l’équilibre et la dualité. Un peu comme ma collaboration avec Guillaume :). Le contraste et la dualité sont des sujets qui reviennent dans la majorité de nos projets. On aime jouer avec ça pour pousser nos concepts et réussir à créer quelque chose d’équilibré.

Guillaume : Beaucoup de nos projets ont comme lien commun la typographie. Pour moi la typographie exprime autant d’émotion qu’une photo. Le contraste en général est aussi un sujet récurrent, on aime bien trouver l’harmonie entre deux choses qui ne devraient pas nécessairement vivre ensemble. Un peu comme ma collaboration avec Maude :).

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