Défi Urbania : Ces petites connaissances qui vous manquaient

À chaque semaine, l’équipe Urbania lance un défi à ses lecteurs. Cette semaine, on voulait savoir vos “knowledge gap”, ces petites crampes au cerveau qui font qu’on croit quelque chose de ridicule dur comme fer juste parce qu’il nous manque une information cruciale. Nous en avons reçu énormément; voici les meilleures!

Anonyme Quand j’étais un petit morveux, épris de l’époque médiévale, j’étais convaincu que faire le siège d’une ville était difficile non pas parce qu’il s’agissait d’une opération militaire d’envergure et de longue durée mais bien par la difficulté logistique d’obtenir un “siège” pour chacun des combattants, à l’époque où la chaine de montage n’avait pas démocratisé l’accès aux chaises de plage cheap chez Walmart. *** Viviane Quand j’étais jeune (âge réel de fin de la croyance volontairement non divulgué), je pensais qu’il y avait deux sortes de pissenlits: les jaunes et les blancs. Les jaunes étaient les traditionnels qu’on voyait en début d’été: les beaux jaunes éclatants avec lesquels on faisait des beaux petits bouquets. Et il y a avait bien entendu les autres pissenlits, tsé les blancs qu’on soufflait dessus … ça pour moi c’était comme “l’autre race de pissenlit”.  Eh boy… le choc a été dur quand j’ai compris que c’était le même fuckin pissenlit! *** Josée Je ne suis pas allée souvent à la pêche lorsque j’étais jeune, nous habitions Montréal. Les rares fois où j’y suis allée, on me disait de ne pas parler pour ne pas faire fuir les poissons. Il y a 2 ou 3 ans, j’ai fait rire de moi en relayant cette croyance à je ne sais plus trop qui, tsé genre, les poissons n’ont pas d’oreilles….  et bien que je le savais, j’y avais quand même cru. C’est à ce moment-là seulement que j’ai réalisé qu’on m’avait dit de me taire pour avoir la paix! En passant, je viens d’avoir 50 ans! Oui, je sais…. *** Julie B Quand j’étais petite, mais quand même assez vieille pour comprendre les principes de base de la vie, j’avais un blocage. Je ne comprenais pas le concept de trafic sur l’autoroute. Dans ma tête, si toutes les voitures roulaient vite, même s’il y avait ben du monde sur l’autoroute, il n’y avait pas de raison pour qu’il se forme un trafic jam, non, tout le monde roulait vite! La fluidité était assurée par la vitesse des usagers. Point barre. Il me manquait quelques notions de configuration de l’espace et de débit de circulation, mais bon. Au désespoir de ma mère, ce questionnement se répétait souvent, et longuement, pendant qu’on était pris dans ledit trafic. *** Nancy B Je viens d’une famille militaire.  Quand j’étais jeune, on était postés en Allemagne.  C’était entre 1984 et 1988; je ne sais pas c’était exactement quelle année, mais à chaque fois qu’on prenait l’auto et que mon père allumait la radio, j’arrêtais pas d’entendre parler de “B-route” aux nouvelles. J’avais 8-10 ans.  Dans ma tête, B-route ça devait être la route après la route A.  J’y ai jamais vraiment repensé, jusqu’au jour où je rencontre mon premier copain à 17 ans… qui était Libanais.  “Yo, tu viens d’où au Liban?”  Lui: “De Beyrouth”.  J’ai fait minute… B-ROUTE??   Lui: “Ben oui, Beyrouth, tsé, la capitale du Liban”.  J’ai jamais été très forte en géographie, alors j’apprenais du coup 3 choses: 1) le Liban est un pays; 2) sa capitale s’appelle BEYROUTH; 3) c’était crissement la guerre à Beyrouth au début des années 80. J’suis avec mon père et sa blonde.  Pour une raison pour une autre, on parle de balances (pour se peser).  Demandez-moi pas comment j’en suis arrivée à argumenter ceci, mais j’étais du genre “ostineuse”: “Oui mais, la balance n’enregistre que le poids de ce qui est situé directement au-dessus de l’aire de sa surface. Si ça dépasse, ça pèse pas.”  Oui, oui!  Quand t’embarques sur une balance et que ton cul dépasse un peu de “l’aire de la surface de la balance” (ASB), ce UN PEU N’EST PAS PESÉ. Pareil pour tes cuisses si elles sont vraiment larges; ou ta bedaine. Évidemment, mon père et sa blonde ont rien voulu entendre, mais moi, avec mes 16 ans et ma personnalité full-développée d’ostineuse, j’ai enchaîné pareil: “Vous autres, vous venez pas de prendre un cours de physique comme moi, je sais de quoi je parle!”  Eh, misère… Je revois encore mon père et sa blonde incrédules. Ouan, c’est vrai, on a pas pris de cours de physique comme toi… Évidemment, j’ai pas arrêté là, surtout que j’avais une “preuve”: “C’est bien évident que ça pèse juste ce qui est directement au-dessus de l’ASB, parce que quand tu te penches d’un côté – DONC, quand tu ôtes du poids d’au-dessus de l’ASB – le poids DIMINUE.”  Allo!  Disons que ça m’a pris environ 15 minutes pour réaliser quelle connerie j’avais dite, et 2-3 ans de plus pour revenir de mon humiliation.  En plus, j’avais presque coulé le-dit cours de physique, mais étant une bolle en math (et surtout, une ado qui sait tout), je me croyais full-wise. *** Véronique Jusqu’à mes 16 ans, je croyais qu’il y avait des piranhas aux chutes Niagaras. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi on avait le droit d’aller en dessous de la chute en bateau. Merci maman pour la désinformation ! *** Marie-Claude Quand j’étais encore une enfant, j’avais vu le film “La guerre du feu” et j’ai donc cru pendant un certain temps qu’on pouvait faire des bébés aussi par en arrière… Heureusement que les cours de FPS à l’école existaient dans ce temps-là ! J’ai aussi cru pendant longtemps que la Bretagne et l’Écosse étaient des pays… *** Station service, par Stéphanie B J‘ai longtemps cru durant mon enfance (je ne dirais pas jusqu’à quel âge…) que les stations service étaient situées sur des puits de pétrole. Donc, quand les stations services fermaient leurs portes, je me disais qu’il n’y avait plus de pétrole dans le puit! Jusqu’au fameux jour fatidique où j’ai vu un camion de pétrole remplir la réserve de gaz de la station service… *** Le bilinguisme par Christine M Une grande pièce de théâtre de secondaire 5. Une comédie. T’sais la promesse d’un bon spectacle… Bref, j’ai le rôle principal. Parce que je suis trop forte. Évidemment. Ça ou parce que je suis la seule à être là par choix. Anyways, c’est moi la motivée pour faire le décor. À 3 jours du spectacle. Professionnelle, t’sé. Dans ce show-là, je joue un rockeur. Une perruque frisée, des jeans de ‘’yo’’ déchirés aux genoux et un t-shirt pas de manche. Un personnage ben profond quoi, avec beaucoup de recherche… Justement, la recherche. Je trouve que mon personnage ne véhicule pas de message important. Je décide donc d’en écrire un sur son chandail, question de bien traduire son état d’âme. Bref, j’ai, devant BEAUCOUP d’adultes bilingues, joué avec un chandail sur lequel était écrit : FUCK TOP Un moment glorieux. C’est fucked up, non ? *** J’ai longtemps (trop longtemps) pensé que l’Amérique du Sud était en fait l’Afrique… Pas fort! *** Sahvana Moi j’ai une amie qui a passé 20 ans de sa vie sans vouloir manger de «queues de castor» dans les festivals parce qu’elle était certaine que c’était de vraies queues de castor!! Un bon soir cet été alors que je l’invitais à venir passer la soirée à regarder des feux d’artifice en mangeant une queue de castor, j’ai été bien surprise de sa réaction d’horreur face à cette collation! Tout est bien qui finit bien, on a dégusté notre dessert sucré ensemble! :) *** Émilie Eh bien moi jusqu’à mes 7 ans environs, j’étais CERTAINE que j’étais vraiment spéciale… Un jour, lorsque le moment se présenta, je dis à mon professeur ceci : « Moi, madame, j’suis vraiment spéciale… Je suis née le jour de ma fête!!! » Quelle déception ce fut, ahah! *** Maudelidou Moi j’ai cru des années que Superman n’avait pas de nez… Jusqu’à ce que je vois les films! *** Sara Jusqu’à mon premier cours d’histoire, j’ai cru qu’il y avait vraiment eu un peuple d’irréductible Gaulois qui avait résisté à l’envahisseur romain. Je me doutais bien que ce n’était pas à cause de la potion magique, je m’imaginais que c’était une façon rigolote d’expliquer l’histoire. J’ai eu l’air vraiment nounoune quand j’ai posé la question en classe :/ *** Lucie Ça fait pas trop longtemps que j’ai appris que, dans la version anglaise du Ô Canada, le dernier vers n’est pas We stand on guard 40 (forty, le chiffre 40, comme on est 40 personnes alignées au garde-à-vous) mais bien We stand on guard for thee (nous sommes debout pour toi) thee, comme le vieil anglais pour parler de “toi”. *** Joelle Jusqu’en 2e secondaire, j’ai cru que quand on disait à le télé « 1h00 plus tard dans les Maritimes » après avoir donné l’heure du début d’un film ou d’une émission, ça voulait dire que le film ou l’émission finirait 1h00 plus tard. En 2e secondaire, alors que ma prof de morale parlait du film JFK qui allait être présenté à la télé, j’ai levé ma main et j’ai dit : « Ouin, mais ils le passeront pas au complet, ça disait 1h00 plus tard dans les Maritimes ». Devant l’air sceptique de ma prof, j’ai expliqué ma théorie. J’en suis encore humiliée, 30 ans plus tard. *** Roxanne Afin d’éviter qu’on mange des Drumstick (ça coûte donc cher!), mes parents nous ont dit qu’il y avait de l’alcool dedans, faque c’était pas pour les enfants… Je l’ai cru jusqu’à ce que mes amis se moquent de moi pour avoir dit ça… j’avais 15 ans. *** Julie Jusqu’à un âge relativement avancé (disons 10 ans), je croyais que les dragons étaient de véritables animaux. Je n’en avais jamais vu de mes yeux vus, évidemment, mais c’était aussi le cas d’autres animaux dont je n’avais jamais pensé à remettre en cause l’existence. Je me souviens de ma mère me disant : « Ben voyons donc, tu penses vraiment que ça existe un animal qui crache du feu? » Ce fut la fin de mon enfance… *** Noemie Pendant des années (genre jusqu’à mes 18 ans au moins) je pensais sincèrement qu’il y avait une différence entre le cochon et le porc. Genre que le jambon venait du cochon, mais que la viande de porc venait, quant à elle, du porc… J’ai tenu à mon point un peu trop longtemps…! *** Émilie Moi j’ai toujours pensé qu’une chaîne de montagnes, c’était une suite de montagnes les unes après les autres sur toute la ligne de ladite chaîne de montagnes. Genre, les Rocheuses, je pensais qu’on skiait d’un versant vers la Colombie-Britannique, et de l’autre vers l’Alberta. En mai dernier, je suis allée en Italie en avion à partir de la France. On est donc passés au-dessus des Alpes. Et là j’ai fait un maudit saut ! Voyons, ça devrait s’appeler un CHAMP de montagnes, pas une chaîne !! *** AS J’ai cette manie d’épeler les mots dans ma tête. Constamment. Alors il est peu probable que je ne sache pas comment écrire un mot que j’utilise fréquemment. Si c’est le cas, je fait une recherche afin d’en connaître l’orthographe. Le mot dont il est question dans cette histoire concerne les bosses qu’on retrouve dans les rues pour obliger les voitures à ralentir. Ces fameux ‘dos d’âne’. Puisque je conduis une voiture à Montréal, j’en vois souvent. Et à cause de ma manie à épeler les mots, puisque j’en vois souvent, je vois souvent le mot dans ma tête. SAUF QUE le mot que j’ai vu dans ma tête toute ma vie était tout autre.  Jusqu’au jour où, l’an dernier, j’ai lu la publication d’une connaissance Facebook, où il est était question de dos d’âne. Je me suis moquée de cette personne à une amie : Moi : Haha tu connais XYZ, elle croit que les bosses dans les rues ce sont des dos d’âne! Vraiment, y’a du monde qui ne se pose pas beaucoup de questions! Amie : …. tu penses que ça s’appelle comment toi? Moi : ben…. des dough down?  C’est un anglicisme non? Genre de la pâte affaissée? Amie : …. Je n’ai jamais cru que ça pouvait être un dos d’âne. Il n’y avait aucun doute dans mon esprit, c’était un dough down… c’est pourquoi je n’ai jamais fait de recherche pour valider cette information! Vraiment, y’a du monde qui ne se pose pas beaucoup de questions…! *** Merci à tous et à toutes pour vos merveilleuses histoires. Ceux qui veulent en lire plus peuvent aller jeter un coup d’oeil à l’article de Kéven de la semaine passée — et surtout aux commentaires! Pour la semaine prochaine, on aimerait recevoir des photos des bibelots les plus horribles que vous avez chez vous (ou chez vos parents, mettons). Des chérubins en porcelaine sur l’acide, des assiettes commémoratives de l’ouverture d’un terrain de fers à Amos, gâtez-nous. Crédit photo: Kate Farquharson

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