Décès de l’inventeur du email dans l’obscurité la plus totale

On a appris la semaine dernière que Raymond Samuel Tomlinson, l’inventeur du courriel, est décédé à l’âge de 74 ans. Face triste.

Le courriel fait tellement partie de nos vies quotidiennes qu’on oublie qu’un geek informatique s’est installé un bon jour pour inventer cette bibitte-là. Et disons qu’en 1971, trouver une façon de faire pour que des grosses machines électroniques du futur se jasent ensemble, c’était pas rien.

Le monsieur Tomlinson a installé des genres de boites aux lettres sur 2 machines, s’est trouvé des adresses bidon et a tout bonnement décidé d’utiliser l’arobas pour séparer le nom d’utilisateur et celui du réseau. Logique quand même : @ = at.

“The rest is history”, comme ils disent. En 2016, il devrait s’envoyer 215 milliards de courriels dans le monde. Pis ça, c’est sans compter les spams.

Le pire dans tout ça, c’est que ses folies de geek n’étaient qu’un projet personnel qu’il développait sur les heures de bureau. Il trouvait que c’était une idée cool à essayer. D’ailleurs, une fois son invention mise en place, il en glisse un mot à un collègue et lui demande de ne pas en parler à personne de peur de se faire réprimander.

Le premier courriel de l’histoire? Il ne s’en est jamais souvenu.

“Mais ça devait être quelque chose d’insignifiant, du genre QWERTYUIOP.”

L’invention de Ray Tomlinson a complètement changé la façon de communiquer, de travailler et de perdre son temps.

Voici quelques conséquences de l’arrivée du courriel, et comment cette invention a changé le monde :

Rendre le @ célèbre

Ray Tomlinson a littéralement propulsé l’arobas dans le star-système des caractères typographiques. Si ce n’était pas de lui, l’arobas serait relégué au même niveau que le point virgule, l’esperluette ou ces petits crochets { } qui prennent des millénaires à trouver sur le clavier, puis des lunes à faire en sorte qu’ils se ramassent sur ton texte (à l’aide de la touche Shift? Contrôle? Alt-Car? Cmd? Une combinaison de deux touches?)

S’auto-envoyer des messages

Auparavant, je me faisais un to-do list sur une feuille de papier. Maintenant, je m’envoie un courriel TO DO. Une genre de note à moi-même. Tu veux te souvenir de quelque chose? Oublie le papier pis les 10 000 post-its. Écris-toi un rappel par courriel. Bon, tout ça, c’est bon à faire à moins que ta boite de réception soit aussi volumineuse que ta corbeille.

La mort des penpals

Ah les fameux correspondants. Tu ne les connaissais pas, ils habitaient à mille lieues de toi, peut-être même de l’autre côté de l’océan. Tu lui écrivais une lettre insignifiante. Pis deux mois plus tard, tu recevais une réponse tout aussi insignifiante. Au moins aujourd’hui, les messages prennent quelques fractions de seconde à se rendre.

Ça fait de l’insignifiance à la minute ça, hein?

L’arrivée des pourriels

Impossible de parler courriel sans parler pourriel. Et ça nous amène à une question : mais comment diable l’industrie des élargisseurs de pénis pouvait-elle survivre avant l’arrivée des courriels? C’était à côté des pubs de lunettes à rayons X dans les comic books?

La déconstruction des mots

Pcq cé plu vit écrire com sa. pas tps a perdre mdr

Les malentendus

“Elle est tu contente ou en tabarnak?”, “Heille, il me prend pour un cave?”, “Coudonc, ils comprennent fuckall de ce que j’essaie de leur dire!”.

Les courriels, c’est un sable mouvant de malentendus. Avec un courriel, la différence entre ce que tu dis et ce que ton interlocuteur comprend est gros comme le Grand Canyon. C’est bien beau les emojis, mais il y a quand même rien comme le contact humain pour décoder ce que cet humain tente de te dire.

Quoi? L’inventeur de l’outil de communication le plus populaire de l’histoire moderne n’était pas un multimilliardaire de la trempe des Bill Gates ou Steve Jobs?

Ce qui me surprend le plus de cette histoire est qu’à son décès, Ray Tomlinson était employé de l’entreprise Raytheon, une entreprise spécialisée dans les systèmes de défense, d’électronique et d’aérospatiale. Ouf, pas très glamour. Face de bonhomme triste.

Merci@toi monsieur Ray.

Pour lire un autre texte de Fred Simard : “Dans mon temps – Les jeux vidéo”

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