Marc-Olivier Jodoin

De quoi aura l’air la ville du futur ?

On parle avec une experte de quoi auront l'air nos villes dans 50 ans.

URBANIA et Hydro-Québec s’unissent pour découvrir la ville de l’avenir.

Quand nos parents nous racontent à quoi ils pensaient que le futur ressemblerait quand ils étaient jeunes, ils semblent toujours bien déçus. Ils s’imaginaient qu’on aurait des robots serviteurs et des voitures volantes, et nous on est encore là à s’obstiner avec le chauffeur de taxi qui dit que sa machine de carte de crédit est brisée.

C’est peut-être parce qu’ils se fiaient aux Jetsons pour imaginer le futur. On a voulu trouver une meilleure source. Pour tenter d’imaginer de quoi la ville du futur aura l’air dans 50 ans, j’ai contacté Marie-Andrée Hénault, ingénieure et chargée de projets chez Hydro-Québec.

Se rendre du point A au Point B

Il n’y a pas de doute, l’un des plus gros enjeux auquel les villes font face en ce moment est celui du transport. Le projet du REM qui se rend à Brossard est rendu plus populaire que le groupe de musique. Comment peut-on envisager le transport dans 50 ans?

Notre experte voit deux tendances fortes en transport : mobilité durable et décarbonisation.

« Je pense que la tendance est à la mobilité durable. Donc pas nécessairement juste le transport en commun, mais bien le transport actif. […] Je reviens de San Francisco, tout le monde a une petite trottinette électrique. Tu la prends, tu la laisses quand il n’y a pas de batteries, elle est ramassée, elle est rechargée! Pour moi, c’est ça la mobilité durable ».

Notre experte voit en fait deux tendances fortes en transport : mobilité durable, comme nous venons d’en parler, et décarbonisation, notamment par la voiture électrique qui continue à gagner en popularité. Mme Hénault croit que de plus en plus de gens vont opter pour la voiture électrique, et Hydro-Québec s’y prépare. Ils ont même des plans étonnants…

« C’est sûr que pour Hydro-Québec on parle de ventes additionnelles s’il faut recharger les batteries, mais on l’envisage également sous un autre angle. Les batteries vont nous aider à combler certaines pointes. Dans les voitures, qu’est-ce qu’on a? On a une batterie. Ce qu’on dit nous chez Hydro-Québec, c’est que ces batteries-là vont pouvoir nous aider : quand le réseau va être très sollicité, on va aller chercher l’énergie qui reste dans la batterie et la retourner au réseau. Et là je ne parle pas de quelque chose qui va arriver dans 50 ans, je parle de quelque chose qui va arriver dans les années à venir ».

Évidemment, les utilisateurs pourront décider s’ils veulent faire partie de ce programme, et durant quelles périodes ils accepteront que leur voiture soit mise à contribution au réseau, question de pas partir son auto pour aller travailler le matin et se retrouver devant une batterie à plat parce que son voisin a décidé de chanter Bohemian Rhapsody au complet sous l’eau chaude de la douche.

Une ville à repenser

Physiquement, nos villes risquent de changer également. Et Marie-Andrée Hénault pense que ça va arriver très rapidement : « Je ne sais pas si dans 50 ans on va avoir un centre-ville. […] Par exemple, on peut penser que d’ici 5 ans, même au sein des grandes organisations, une personne pourrait louer un cubicule à côté de chez elle et échanger avec une personne qui travaille pour une compagnie différente. […] Je pense qu’on ne sera pas obligés de descendre chaque matin au centre-ville, et que les communications vont faire en sorte que ça va être beaucoup plus facile de décentraliser les places d’affaires ».

Venant d’un gars qui travaille en bobettes sur son divan, je vous le dis : c’est la vie. Vivement le futur pour que tous partagent mon bonheur.

L’organisation des quartiers aussi risque d’être bien différente : « Je pense que les quartiers vont être réaménagés. […] Selon moi, il va y avoir une densification au niveau des constructions qui va probablement permettre au niveau de la mobilité durable d’aménager des corridors pour descendre plus rapidement ».

Qui sait, peut-être que ça va nous influencer jusque dans nos voisinages : « Je pense que de plus en plus, les gens qui vont vivre en communauté vont partager leurs biens, et ils vont se sentir mieux par rapport à ça. Plutôt que de se dire, “moi je me définis par mes biens matériels, et je me définis parce que j’ai tel type d’auto, et parce que ma maison elle est comme ça…”, les gens vont commencer à dire “je me définis parce que j’appartiens à telle communauté”. » Cette transformation est déjà entamée. Elle va simplement continuer à prendre de l’ampleur à une vitesse exponentielle. J’ai déjà commencé à appliquer ça; ma voisine passe son temps à chanter du Death metal à tue-tête, alors j’ai commencé à apprendre le drum pour l’accompagner.

Un grand défi : l’environnement

Mais selon Mme Hénault, il y a un grand défi auquel nous devrons faire face, plus que tout autre : le réchauffement climatique. Le climat est déjà en train de changer, et nous devrons gérer les conséquences : « Je pense qu’on va faire face à beaucoup d’incertitudes face aux aléas climatiques.

[…]

Tous les changements climatiques sont déjà en train de sérieusement influencer notre économie. Je pense que c’est un défi qui va aller en s’intensifiant ».

Tous ces changements climatiques vont sérieusement influencer notre économie. Je pense que c’est un défi qui va aller en s’intensifiant.

Là-dedans, Hydro-Québec s’investit déjà. Mme Hénault nous parle d’une équipe que la société d’État parraine : « Team Montréal […] a conçu une maison à très très haute efficacité énergétique et faible empreinte écologique. […] Ça nous permet de voir ce que sera cette maison du futur. Vous savez, cette maison-là, elle consomme 80 % moins d’électricité qu’une maison avec la même superficie. Parce qu’elle est mieux isolée, parce que ses stratégies de contrôle de la consommation énergétique sont [meilleures], parce que chaque composante a été étudiée, l’architecture a été conçue pour que la lumière rentre dans cette maison-là, que la ventilation se fasse de façon naturelle. […] Je pense que si on en est là au prototype 2018, en 2025 […] on va les voir apparaître, ces maisons-là ».

Des villes encore plus grosses et technos, mais qui fonctionnent comme un gros village où tous s’entraident… ça vaut bien les robots et les voitures volantes comme futur, non?

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L’ultramarathonienne Caroline Côté vient a terminé son périple de Natashquan à Montréal. Pour tout savoir sur l’expédition, rendez-vous sur electron.hydroquebec.com.

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