Melanie Lambrick

Créatrice du mois : Melanie Lambrick, illustratrice au travail humaniste

Comment l’illustration créée-t-elle un pont entre l’art et le public

Bachelière en art visuel et en science politique, ainsi que détentrice d’une maîtrise en aménagement urbain, Melanie Lambrick est née sur l’île de Vancouver et réside désormais dans cet animé coin montréalais qu’est le Mile-End. Ayant travaillé plusieurs années en aménagement, elle eût un jour envie de s’impliquer davantage dans la vie publique, et devint alors illustratrice. Mais en quoi l’illustration est-elle en lien avec la vie publique? C’est ce que j’ai voulu savoir en rencontrant notre créatrice du mois, Melanie Lambrick.

Suivez Melanie sur Instagram.

Melanie, qu’est-ce qui t’a donné envie de te diriger vers l’illustration?

Après avoir travaillé quelques années en aménagement urbain, j’étais fatiguée, je voulais changer d’air, et puisque j’avais aussi étudié en art visuel, j’avais envie de retourner dans ce domaine-là. Par contre, les beaux-arts ne m’intéressaient pas, car selon moi ils ne sont pas assez accessibles, contrairement à l’illustration, qui quant à elle est un merveilleux pont entre l’art et le public. Une illustration communique quelque chose, elle peut donc être très éducative. Et j’aime que mon travail puisse servir à quelque chose.

Tu tentes donc de créer des illustrations engagées?

Le plus possible, mais comme artiste, c’est un peu difficile de ne faire que de l’art engagé si on veut payer les factures! Mais en effet, j’adore travailler avec des clients progressistes qui font avancer les choses! Mais mon but c’est vraiment que mon travail soit clair, que mon idée n’ait pas encore été imaginée, mais surtout que tout le monde comprenne l’intention derrière l’image. Dans l’illustration comme dans l’aménagement urbain, il faut imaginer autant l’expérience du client que du public.

No Facebook, I Won’t Be Back

Justement, alors que tu étais en aménagement urbain, tu as travaillé sur des projets à l’international qui voulaient repenser les villes pour qu’elles soient plus sécuritaires pour les femmes. Comment s’y prend-on pour ce genre de projet?

Tout d’abord, je pense qu’il faut savoir comment les femmes utilisent les villes. Il faut leur demander comment elles utilisent l’espace, qu’est-ce qui les fait sentir en sécurité, qu’est-ce qui leur fait peur, quels sont leurs horaires, leurs priorités, il faut vraiment se baser sur leur expérience, comme dans tout!

Et en dehors des causes qui te tiennent à cœur, comment décrirais-tu ton art, niveau esthétique?

Je dirais qu’avant je créais des images assez fortes et audacieuses, tandis qu’aujourd’hui mon travail est un peu plus humaniste et texturé. J’aime de plus en plus travailler l’étrange, le fantaisiste. Sinon j’ai toujours utilisé le numérique dans mes œuvres, mais j’aime de plus en plus le collage, où je peux user de plus d’un médium à la fois. J’adore conjuguer des éléments du quotidien et les coller pour créer un tout autre univers.

Red Riding Hood

Tu dis t’inspirer des dessins sur les boîtes d’allumettes de l’Europe de l’Est des années 40 et 50. Pourquoi? Et qu’est-ce que ça évoque pour toi?

Ce qui les rend vraiment intéressantes, c’est tout ce qu’elles peuvent évoquer malgré leur petite taille. Elles réussissent à être expressives même si elles sont très petites, même si elles n’ont pas beaucoup de couleurs. Parfois, plus c’est simple, plus c’est efficace!

Pour comprendre un peu mieux le phénomène, vous pouvez cliquer ici.

Donc je vois que non seulement tu aimes l’art engagé et fantaisiste, mais tu aimes aussi le minimaliste! Qui sont les illustrateurs qui t’ont le plus inspirée?

Mon Dieu, il y en a tellement! Pendant longtemps, me suis beaucoup inspirée des œuvres de Tom Eckersley. Il y a aussi Johee Yoon, Yann Kebbi, et sinon  je m’inspire de plus en plus d’illustrateurs et  de graveurs anglais, comme Emily Sutton ou Mark Hearld.

Pour terminer, as-tu un client de rêve?

Probablement le magazine le New Yorker. Ça a toujours été un grand rêve, en fait la plupart des illustrateurs chérissent le rêve de se rendre jusque là. Moi ce que j’aimerais le plus, c’est créer une couverture sur les problématiques liées au genre!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Je ne savais même pas ce que c’était le moment présent

Nous arpentons les rues de notre ville, à la rencontre des Montréalais et de leurs histoires.

Dans le même esprit