Sébastien Thibault

Créateur du mois : Sébastien Thibault, ou celui qui illustre votre actualité

Entrevue avec un illustrateur dont les images sont particulièrement éloquentes.

Formé en design graphique à l’Université Laval, Sébastien Thibault n’a commencé l’illustration que quelques années plus tard, notamment avec URBANIA , ainsi que d’autres magazines québécois. De fil en aiguille, l’artiste a contacté une agence montréalaise, Anna Goodson, qui depuis 10 ans lui permet de travailler comme illustrateur à temps plein partout à travers le monde.

C’est en direct de son logis à Matane que Sébastien dévoile chaque semaine sa vision de l’actualité dans des journaux comme Le Monde, le New York Times, The Guardian et bien plus. À travers son style franc, coloré et éloquent, cet illustrateur à l’engagement sociopolitique évident a désormais fait sa marque chez une bonne poignée de lecteurs internationaux.

Qu’est-ce qui te plait dans le métier d’illustrateur que tu ne retrouvais pas dans celui de designer graphique?

J’aime beaucoup le côté « adrénaline » que ça me procure, parce qu’un rush peut donner des images très intéressantes! Parfois, j’ai seulement quelques heures pour illustrer l’article d’un quotidien, comme pour The Guardian par exemple, où je suis cédulé tous les deux mardis. Mais il y a d’autres journaux, comme le New York Times, qui vont m’appeler sur le moment et qui vont me demander si je peux livrer un texte dans 4 heures. Des fois, selon ta journée, t’as pas vraiment le temps, mais c’est assez dur de refuser ce genre de contrat!

Illustres-tu seulement des textes qui rejoignent tes valeurs?

En dehors des fois où j’ai des mandats très neutres, comme pour des magazines de science ou d’affaires, j’essaie toujours d’illustrer un sujet dans lequel je me sens impliqué. Par exemple, j’ai participé à la campagne de Québec Solidaire, même si c’est assez délicat de travailler pour un parti politique. On peut vraiment se faire étiqueter. Mais j’ai décidé d’y aller quand même parce que oui, leurs valeurs m’intéressent, mais aussi parce qu’ils donnaient carte blanche aux artistes, ce qui est rare dans le domaine de la politique.

Qualifierais-tu donc ton art d’engagé?

C’est certain qu’il y a un côté très « dénonciation » à mes illustrations, et les clients ou magazines qui m’engagent sont souvent positionnés au centre gauche, ou carrément à gauche. Et c’est vrai qu’il m’arrive parfois de refuser des mandats parce que je n’adhère pas aux valeurs reflétées par le client! Donc oui, je qualifierais mon art d’engagé, mais ultimement, ce que j’essaie de faire dans toutes mes illustration, c’est de créer des images poétiques par un amalgame de symboles. C’est un peu galvaudé de dire « des images qui parlent », mais c’est quand même un peu ça que j’essaie de faire!

Tu participes au collectif #ILLUSTRATEURSENGAGÉS, projet de ton agente Anna Goodson. En quoi cela consiste?

Chaque année depuis 17 ans, l’agence envoie à ses clients des sous-verres thématiques dessinés par ses 40 artistes pendant le temps des fêtes. Même si le thème est toujours engagé, il doit tout de même être assez large, puisqu’il y a toute sorte d’illustrateurs dans l’agence! Il y a autant des artistes plus sociopolitiques comme moi que des illustrateurs jeunesse. Cette année, c’est le thème de l’environnement et des changements climatiques qui est à l’honneur. Alors évidemment, les sous-verres sont en matière recyclée!

En effet, #ILLUSTRATEURSENGAGÉS vise à sensibiliser la population sur plusieurs problèmes de société. À travers l’art, Anna Goodson sait profondément qu’on peut faire une différence. Pour voir le percutant et très poétique résultat final de ses artistes, c’est par ici!

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