CPE : l’essentiel pour les essentiels

Le travail nécessaire des services de garde d'urgence.

Depuis le début de la crise, on a vu que les héros ont plusieurs visages. On les retrouve dans les hôpitaux, les supermarchés, les restaurants, mais aussi dans les nombreux CPE éparpillés à travers la province, qui accueillent les enfants de personnes travaillant pour les services essentiels.

Un revirement puisque le premier ministre François Legault avait au départ annoncé leur fermeture, à l’instar des écoles, avant de se rétracter rapidement pour accommoder les employés des services essentiels qui ne peuvent pas rester confinés à la maison.

Le CPE Tortue Têtue situé au centre-ville de Montréal fait partie des centaines de services de garde d’urgence ouverts tous les jours de la semaine. Nous sommes allés rencontrer sa co-directrice générale, pour voir comme les choses se déroulaient. Elle témoigne d’emblée de l’incertitude qui régnait au départ « On a d’abord fermé, après ça on ouvrait juste si on était volontaire puis, oups, tous les CPE étaient finalement ouverts et devaient être prêts à accueillir dès 7h le matin des enfants qui pouvaient provenir de n’importe où », raconte Marie-Claude, qui se rend au travail en taxi, pour éviter les risques de contamination dans le transport en commun.

«J’espère juste que ce gouvernement se rappellera que nous avons été là, actifs, prêts à se retourner sur un 10 cennes.»

Son CPE compte à l’heure actuelle quatre enfants, alors qu’une soixantaine y sont inscrits en temps normal. « Leurs parents travaillent dans le réseau de la santé. Ils sont physiothérapeutes, technologues en radio-oncologie et médecins de famille. Ils n’ont pas d’autres recours », explique Marie-Claude, qui ne cache pas qu’une certaine anxiété courait dans ses rangs il y a quelques semaines, à l’idée de gérer des enfants de gens potentiellement exposés quotidiennement au COVID-19.

Pour limiter les risques (et les angoisses), mille précautions sont prises pour éloigner les microbes. Lavages de mains frénétiques, nettoyages réguliers et jouets passés au lave-vaisselle font donc partie du quotidien. « On se fait même surnommer les pros de la désinfection », souligne Marie-Claude, ajoutant que la distanciation sociale n’est pas évidente avec un enfant.

À notre passage, l’éducatrice Yuan Sun racontait une histoire aux enfants, se disant heureuse de faire sa part. « Je me considère là pour aider la société à avancer », indique l’éducatrice, qui incite les enfants à se laver les mains plusieurs fois par jour.

Marie-Claude Gagnon partage ce sentiment et estime contribuer à l’effort de guerre pour venir à bout de la pandémie. Elle souhaite ardemment que le gouvernement aussi saura reconnaître le sacrifice des employés des CPE.

« J’espère juste que ce gouvernement se rappellera que nous avons été là, actifs, prêts à se retourner sur un 10 cennes », résume-t-elle.

Parce que les éducatrices font un travail essentiel, mais ça, on le savait déjà avant la pandémie.

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