Contrer l’analphabétisme avant l’homophobie

La preuve a été faite, hier, que dans sa lutte contre l’homophobie, le gouvernement rate la cible.

Pourtant, les publicités montrant des homosexuel(le)s s’embrasser sont belles et, pour peu qu’on n’ait aucun problème avec le fait d’avoir un collègue transsexuel ou qu’un enfant ait deux mamans, le site interactif nous conforte dans notre orthodoxie politique. J’étais convaincue que cette petite campagne empreinte de bonne volonté et d’heureux sentiments n’allait pas brasser trop trop la cage, jusqu’à ce que je tombe sur… les réseaux sociaux, véritable carrefour des opinions de monsieur-madame-tout-le-monde.

« pas du tout, je ne suis pas ouvert as cette sexualité, ses si beau un couple homme et femme,l’amour nes pas uniquement la sexualité, Vives le couple normaux homme et femme..bonne semaine van..»

« je ne suis pas homophobe mais l homosexuelle doit assumer qu il ne peut pas avoir d enfant….»

« ce n’est étre ouvert, ou non quand ont n’as la coviction de péché car lui reste toujours le méme , ils sons voilés , plus de valeur et perdu et ils ne le vanves pas ,»

« Non pas du tout pas obliger de montré sa a la télé je respect les gay mais a ce point de montré a la télé boff pas vraiment fort»

Ce que les réseaux sociaux nous révèlent, pas du tout scientifiquement, j’en conviens, c’est une corrélation presque parfaite entre le taux d’analphabétisme et la fermeture d’esprit. Ça n’est pas très étonnant. La connaissance passe en grande partie par l’écriture et on dit souvent que l’ignorance mène à la peur, et la peur, à la haine.

Avec de telles lacunes dans l’expression écrite de leurs idées, on peut s’imaginer que ces personnes, qui ont fort probablement répondu «ça me dérange beaucoup» aux questions du site interactif vraimentouvert.com, rencontrent les mêmes difficultés en compréhension de la lecture. Comment peut-on comprendre, avec toutes les nuances qu’ils comportent, de grands enjeux de société, lorsqu’on ne maîtrise pas même une ponctuation de base? Points, virgules et majuscules sont nécessaires à la compréhension. Entre les phrases «Allons manger les enfants» et «Allons manger, les enfants!», il y a un continent de différence qui nous donne un aperçu seulement de la mer d’incompréhension dans laquelle pataugent les analphabètes fonctionnels. La moitié des Québécois, nous apprenait le Voir, en une de son numéro de novembre 2011.

Au Québec, 30% des jeunes célèbrent leur vingtième anniversaire sans avoir obtenu l’équivalent d’un diplôme du secondaire. Il est là, le vrai problème. Parce qu’à ces personnes qui galèrent pour comprendre un texte, ne reste que la télévision, pour élargir leurs horizons. Et il y a quand même des limites à ce que Fabienne Larouche peut faire, pour contrer l’homophobie.

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