Comment une féministe castratrice misandre planifie-t-elle son weekend ?

Mon agenda féministe, dévoilé au grand jour. Domination matriarcale et castration incluses.

Vendredi soir

18h | La semaine a été longue. Après tout, occuper un emploi à temps plein tout en nourrissant en permanence sa colère contre le patriarcat (who am I kidding, contre les hommes dans leur ensemble), ça t’occupe et ça t’épuise sa femme. Rien de plus normal, alors, pour une féminazie castratrice telle que moi, que de débuter mon vendredi soir en relaxant dans un bain de lait d’ânesse et de larmes de mâles vaincus, en écoutant Wagner sur mon gramophone Victor et en admirant mon profil d’amazone à la lueur que me procurent les chandelles de la victoire.

21h | Le lexique du vocabulaire féministe commence à manquer de scandales. Après tout, la culture du viol, ça fait son temps et les agneaux dociles de la go-gauche s’y sont pas mal faits à l’idée. Avec les Mères Supérieures de notre société secrète (vous ne la connaissez pas, c’est pour ça qu’elle est secrète), on a donc prévu aller prendre un pot dans un bar de lesbiennes pour jaser lexique matriarcal et grammaire oppressante. Si un homme blanc hétérosexuel (ewww!) ose s’aventurer jusque dans les cercles fermés de notre révolte sémantique, c’est pas compliqué : on va utiliser nos charmes comme une arme pour lui faire payer nos drinks pour ensuite le renvoyer dans les tranchées solitaires de sa masculinité.

23h30 | J’ai oublié de mentionner mon amoureux, dans tout ce planning. C’est que « amoureux » est un bien grand mot. Certaines féministes, comme moi, ont effectivement des hommes avec qui elles partagent leur vie, mais c’est juste un front. On ne les aime pas vraiment, nos chums pis nos maris, car nous sommes incapables d’amour, concept que nous rejetons au même titre que les stéréotypes de genre et les soutien-gorge pigeonnants. Aye, on est sèches en-dedans, tsé chose. Pis anyway, on a déjà des chats à cajoler. Ça fait que je ne vais pas inviter mon amoureux à ma petite soirée lexicale, mais plutôt le laisser à la maison afin qu’il réfléchisse à la culpabilité de son existence et qu’il me prépare un sandwich pour mon retour.

Samedi

8h | Mon amoureux/meuble/majordome/chef cuisinier/affaire avec un chromosome Y sera déjà debout à faire le ménage, parce que, tsé, c’est pas mal son unique rôle. Nous allons profiter d’un bon petit déjeuner ensemble pour discuter de sujets politiques – quand je dis discuter, je veux dire que je vais parler et lui va écouter, et quand je dis sujets politiques, je veux dire le grand scandale de l’hétérosexualité masculine.

11h | Vigile anti-vie près d’une clinique d’obstétrique. Mes amazones et moi allons intimider des femmes enceintes avec des pancartes « NON À LA MATERNITÉ » et « À BAS LA FAMILLE ».

14h | Après un bref dîner avec les copines (on ne dîne pas avec nos chums puisqu’on ne leur autorise qu’un seul repas par jour), on va prendre la rue pour crier aux filles qui sont en jupe qu’elles sont des collabos et qu’elles devraient avoir honte de leurs jambes lisses et bien rasées.

16h | Rencontre politique avec des femmes influentes. On fait du lobbying pour essayer de faire passer une loi qui obligerait les hommes à faire pipi assis.

19h | En rentrant à la maison, je vais crier à du monde random. Juste pour le fun.

19h30 | Petite soirée relax à écouter Sex and the city : the movie tranquille à la maison en me servant de mon chum comme pouf.

Dimanche

Petite journée relax à préparer mes lunchs pour la semaine et à soudoyer quelques juges afin d’empêcher des pères de voir leurs enfants.

—–

Je milite pour la justice sociale, l’égalité et le féminisme – des synonymes à mes yeux. Ayant suivi une formation en arts visuels, je poursuis mes démarches en recherche sociologique et j’écris présentement un livre sur l’itinérance qui sera publié prochainement chez VLB.

J’anime le tumblr LES ANTIFÉMINISTES – http://lesantifeministes.tumblr.com/

Pour me suivre : c’est Sarah Labarre sur Facebook et @leKiwiDelamour sur Twitter.

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