Comment mieux consommer ses produits de beauté

Parce que votre portefeuille le vaut bien.

Dans l’ère des «beauty gurus» de YouTube, des «Insta models» et des célébrités qui plongent dans la game des produits de beauté, c’est vraiment facile de surconsommer. C’est vrai pour tout le monde, mais plus spécifiquement encore pour les femmes, qui sont souvent la cible des grandes campagnes de marketing beauté. Les femmes dépenseraient, en moyenne, 15 000 $ sur des produits de beauté pendant leur vie

Personnellement, il m’arrive de ne pas porter de maquillage pendant des semaines complètes, mais j’ai quand même au moins six blushs chez moi. Pour un.e maquilleur.se ou pour quelqu’un qui tripe à s’amuser avec le maquillage, ce serait différent, mais dans mon cas, je suis totalement en train de surconsommer et je suis loin d’être la seule.

L’industrie de la beauté représente environ 445 milliards de dollars par année et ça ne semble pas vouloir ralentir.

L’industrie de la beauté représente environ 445 milliards de dollars par année et ça ne semble pas vouloir ralentir. L’industrie joue avec nos insécurités en sortant de plus en plus de produits très ciblés (nettoyants, toniques, sérums, crèmes hydratantes, masques, ampoules, etc.) qui nous font acheter encore plus. Ça, c’est quand elle ne joue pas sur le FOMO en rendant certains produits quasi indispensables ou en les sortants en quantité limitée (comme les lip kits de Kylie Jenner).

La surconsommation que ces tactiques engendrent n’est pas bonne pour la planète ni pour nos portefeuilles, et bien souvent, ne fait rien pour notre estime personnelle non plus. Il n’y a rien de mal à se gâter une fois de temps en temps, mais si vous souhaitez être plus responsables dans vos achats de produits de beauté, voici quelques pistes:

Faire le ménage

Pour commencer, un petit ménage de votre trousse de maquillage ou de votre stash de produits pour la peau s’impose. Le maquillage a une date de péremption et même si on peut se permettre d’être plus lousse sur certains produits, pour d’autres il vaut mieux les jeter pour s’éviter des problèmes plus tard. Le mascara, par exemple, ne dure que trois mois. Il vaut donc mieux en acheter moins, mais de façon plus régulière.

Il y a d’autres produits qui sont encore bons, mais qu’on aime plus tellement. Ça peut être une ombre à paupières qui n’était pas de la bonne couleur, un rouge à lèvres qui a une texture bizarre ou une crème hydratante qui ne faisait pas la job. Si c’est encore possible de le retourner au magasin, faites-le. Sephora, par exemple, a une excellente politique de retour. Mieux vaut se déplacer pour retourner ces produits et récupérer son argent que de les jeter inutilement.

Si ce n’est pas possible, vous pouvez toujours le donner à un.e ami.e (utilisez votre bon jugement sur ce qui est hygiénique de donner ou pas).

Simplifier sa routine

La routine de beauté coréenne à 10 étapes a reçu beaucoup d’attention au cours des dernières années. On y a appris l’art du double cleanse, l’existence même des essences pour la peau et on a (presque) tous fini par publier une story sur IG avec un sheet mask dans face. Même s’il y a plein de bons côtés à ce genre de routine, elle nous a aussi vendu plein de nouveaux produits.

Les crèmes miracles, ça n’existe pas.

Je ne vous dirai pas d’arrêter d’utiliser tous vos sérums et de vous laver le visage avec un pain de savon, mais bien souvent nos routines beauté pourraient gagner à être simplifiées. Si vous avez déjà trouvé des produits qui vous donnent de bons résultats, ça ne vaut probablement pas la peine d’ajouter une étape supplémentaire dans le mix. Les crèmes miracles, ça n’existe pas.

Si vous n’avez pas encore trouvé une routine qui vous convient, ça vaut la peine de s’informer sur les ingrédients qui vont dans nos produits. Le compte Instagram @chemist.confessions par exemple est alimenté par deux chimistes qui décortiquent les listes d’ingrédients de vos produits préférés et examinent leurs effets. C’est une bonne façon de passer par dessus la bullshit du marketing et de voir ce qui fonctionne vraiment pour votre peau.

Finir ses produits

C’est vraiment facile, au lieu d’acheter un nouveau revitalisant en solde à la pharmacie, on utilise l’un des trois autres qui trainent déjà dans la douche. Même chose pour le maquillage ou les produits pour la peau, on termine un rouge à lèvres avant d’en acheter un autre dans la même teinte, on vide un nettoyant avant d’en essayer un nouveau, etc.

Le compte @esteelaundry, qui vise entre autres à call out les techniques de marketing louches et la discrimination dans le monde de la beauté, propose en ce moment le #ShopMyStashChallenge. L’un des rares challenges du web qui n’est pas complètement stupide et qui consiste à magasiner dans les produits qu’on a déjà. C’est l’occasion de sortir la palette d’ombres à paupières qu’on réserve pour les grandes occasions ou de redécouvrir une teinte de blush qu’on avait mis de côté pendant un moment.

Essayer le vrac

Les grand.es fans de beauté vont peut-être rouler des yeux quand on parle de produits de beauté en vrac, mais ce n’est vraiment plus ce que c’était. Pas besoin de se considérer grano, ou même particulièrement écolo, pour profiter de ces produits. Plein de marques offrent des produits de base comme le savon pour le corps, le shampoing, le nettoyant pour le visage, la crème hydratante, et j’en passe, en vrac maintenant. On y trouve aussi d’autres essentiels comme des tampons pour le visage réutilisables (qui remplace ceux en coton) ou des éponges naturelles.

Pas besoin de se considérer grano, ou même particulièrement écolo, pour profiter de ces produits.

Ceux et celles qui aiment les huiles pour le visage par exemple, auraient grandement intérêt à les acheter en vrac pour sauver des sous. L’huile de marula de la marque très trendy Drunk Elephant par exemple, coûte 50 $ le 15 ml. Vous pouvez trouver la même chose dans une boutique en vrac pour beaucoup beaucoup (beaucoup) moins cher. Bon, vous n’aurez pas la jolie bouteille en plastique vert néon, très difficile à recycler d’ailleurs, mais vous allez sauver des sous et bien des déchets.

L’essentiel, comme toujours, c’est d’acheter moins, mais mieux et d’éviter le gaspillage.

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