Le récit de la façon dont la communauté italienne s’est installée à Montréal ne commence pas avec un petit café de quartier affichant une rutilante machine La Marzocco dans sa vitrine.
Il débute il y a plusieurs générations, au 18e siècle, lorsqu’une poignée d’Italiens du Nord arrivent comme soldats, commerçants et artisans. Vers la fin des années 1800, des hommes originaires du Sud de l’Italie – la plupart jeunes, pauvres et seuls – débarquent par vagues, à la recherche de travaux éreintants et de salaires encore plus rudes : poser des rails, creuser des mines, abattre des forêts.
Même si la majorité de ces jobs étaient temporaires, très peu sont retournés en Italie, la majorité a choisi de rester pour commencer une nouvelle vie à Montréal. Femmes et enfants ont bientôt suivi. Les familles se sont enracinées.
Au début du 20e siècle, des entreprises ferroviaires telles que la Canadian Pacific et Grand Trunk offraient des emplois stables et une communauté s’est tissée. Des lieux de culte et de rencontre se sont construits, dont l’église Notre-Dame-de-la-Défense, entièrement composée de briques rouges, et que l’on peut toujours apercevoir à l’est de la rue Dante. L’ouverture de telles institutions signale une communauté qui est là pour rester.
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L’immigration augmente surtout après la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1946 et 1960, des milliers d’Italiens arrivent grâce aux programmes de réunification familiale. Tous convergent vers le secteur autour du Marché du Nord – mieux connu aujourd’hui sous le nom de marché Jean-Talon – et y retrouvent le réconfort de la nourriture, de la foi et de la communauté.
C’est à ce moment qu’on a commencé à appeler le quartier Piccola Italia, et le surnom est resté.
Les choses basculent à nouveau dans les années 1960. Le secteur manufacturier avait besoin de plus de main-d’œuvre, et les Italiens ont répondu en masse, ambitieux, flexibles et dotés d’une grande ingéniosité.
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Les Italiens de première et deuxième génération ont bâti un héritage : aujourd’hui, la Petite Italie doit encore beaucoup à ses débuts, avec des commerces familiaux multigénérationnels – bars à espresso, épiceries, restaurants – qui portent encore la marque de celles et ceux qui les ont façonnés au fil des siècles.

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