Germain Barre

Cinq heures chez les détenus mineurs – Partie 1

Qu’est-ce qui arrive quand un ado commet un crime grave ?

Le GPS me guide jusqu’au stationnement incitatif de la gare de Rivière-des-Prairies. Ce n’est pourtant pas le lieu que j’ai indiqué. Je sors de la voiture, confuse, et tourne en rond. Aucun signe de ce qui ressemblerait à un centre de détention pour mineurs. Google Map m’apprend que je suis finalement à sept minutes de « Cité-des-Prairies », l’établissement où j’ai rendez-vous. Je commence à marcher sous la fine pluie de novembre.

La rue est bordée de petites maisons. Elles sont jolies, bien entretenues, familiales. Je suis surement encore au mauvais endroit. À moins que les jeunes contrevenants ne vivent dans une maison? Comme un foyer d’accueil? J’ai beau avoir fait de la recherche avant de me déplacer, je n’ai pas très bien compris le système de justice pénale des adolescents. Les détails manquent, à mon avis. C’est du stock pour les initiés.

Puis, j’arrive à l’adresse indiquée. Une longue allée, deux barrières. Au loin se profilent de vastes bâtiments gris et jaunes. Ok, c’est austère comme je l’imaginais, finalement. Je longe le boisé et m’enfonce vers la bâtisse principale en observant les terrains de basketball vides enclavés dans chacune des unités.

Assise sur le canapé de l’entrée, j’attends Thérèse Boucher, coordonnatrice des services aux jeunes contrevenants pour les francophones et allophones de Montréal.

À ma gauche, une grosse porte métallique. Au-dessus, une énorme horloge numérique. 15h31. La porte s’ouvre, un homme en sort avec une scie mécanique ensanglantée.

Il s’arrête, me regarde. « On a fêté l’Halloween, hier. » Je hoche la tête en souriant.

Thérèse arrive au même moment et m’entraine à son bureau. Elle est chaleureuse, mais quelque chose dans ses yeux me laisse croire qu’elle a eu une grosse journée. Je suis reconnaissante qu’elle m’accorde du temps, quoique gênée de lui imposer la tâche de tout m’apprendre. Je lui explique maladroitement que malgré mes lectures, le système demeure très mystérieux pour moi. Qui est ici? Qu’ont commis ces jeunes? Qu’est-ce qu’ils font de leur journée?

Elle me propose généreusement de commencer par la base.

C’est la loi

Depuis 2003, au Canada, les adolescents de 12 à 17 ans accusés d’une infraction criminelle sont jugés en fonction de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA). Selon Éducaloi, « elle oblige les jeunes à répondre de leurs actes tout en encourageant leur réinsertion sociale. »

Au Québec, on applique cette loi fédérale, mais avec certaines spécificités qui sont toutes nôtres. « Contrairement à la majorité des provinces, nos interventions sont rattachées au Ministère de la Santé et des Services sociaux, plutôt que celui de la Justice ou de la Sécurité publique », m’explique Thérèse. Un choix qui en dit beaucoup sur les méthodes privilégiées ici.

À Montréal, il n’y a pas plus de 84 jeunes contrevenants « détenus », en ce moment.

Les jeunes contrevenants qui reçoivent une peine de placement ne sont pas envoyés dans un milieu carcéral. Ils vivent dans un centre de réadaptation rattaché au CIUSSS Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal: Cité-des-Prairies, qui offre en tout 84 places.

C’est donc dire qu’à Montréal, il n’y a pas plus de 84 jeunes contrevenants « détenus », en ce moment.

« La plupart du temps, on parle de multirécidivistes qui sont bien enclenchés dans la délinquance ou implantés dans un milieu de vie criminalisé », précise Thérèse. Ok, mais comment se rendent-ils ici?

Eh bien, la loi prévoit plusieurs mesures. D’abord, il faut savoir que les policiers ont un pouvoir discrétionnaire. Devant un jeune qui commet un délit, ils peuvent : 1) décider de ne rien faire parce que c’est un délit très mineur; 2) lui donner un avertissement et le noter dans leur système; 3) envoyer le jeune participer à une mesure extrajudiciaire offerte par un organisme de justice alternative (on veillera alors à ce que le contrevenant répare les dommages causés à la victime et la collectivité); 4) porter des accusations.

Si le policier choisit de porter des accusations, le cas se retrouve entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Or comme on cherche autant que possible à éviter la judiciarisation des jeunes, le dossier est alors orienté vers le CIUSSS.

Dépister la délinquance

Je me permets une parenthèse : à ce moment-ci, si vous vous demandez pourquoi je ne parle des contrevenants qu’au masculin, c’est que: « Les filles ne forment qu’entre 10 et 15% de la clientèle, me dit Thérèse. À Montréal, il n’existe qu’un centre de réadaptation voué à celles-ci. En fait, plus le délit est grave, moins il y a de filles qui l’ont commis. » Fin de la parenthèse, merci pour votre écoute.

Maintenant, qu’advient-il du cas des contrevenants dont le dossier est évalué? La coordonnatrice me guide à travers la suite du processus.

« Nous, on rencontre le jeune et ses parents. On fait une évaluation de sa situation et on prend une orientation. Il y en a trois possibles :

Fermer le dossier.

Transgresser les règles, ça fait partie de l’adolescence, mais notre objectif, c’est de faire comprendre aux jeunes que c’est un interdit social… Alors comment peuvent-ils réparer ce qu’ils ont fait? Des fois, cet objectif de responsabilisation a déjà été atteint grâce aux parents et on juge qu’on n’a pas à aller plus loin.

Offrir une sanction extrajudiciaire.

C’est-à-dire qu’on signe une attente avec le jeune pour qu’il applique une mesure réparatrice. Des organismes de justice alternative vont l’inviter à faire de la médiation avec la victime, à exécuter des travaux avec la collectivité ou à suivre des ateliers de développement d’habiletés sociales, par exemple.

Retourner le dossier au tribunal en recommandant qu’il y ait une judiciarisation.

Si on le fait, c’est parce qu’on trouve que le jeune aurait besoin d’une mesure plus imposante, ou parce qu’il ne reconnaît pas sa responsabilité dans le délit qui lui est reproché. S’il dit qu’il n’était pas là quand le crime a été commis, il faut qu’il puisse se défendre. Il a le droit de le faire! »

Bref, c’est l’avenir d’êtres humains que les délégués à la jeunesse ont entre les mains. Ces intervenants (qui ont généralement une formation de criminologue, de psychoéducateur ou de travailleur social), doivent tenter de déterminer une chose: qui, ici, est à risque de [se] causer des torts? 

Je demande des précisions sur la clientèle. Selon Thérèse, on parle surtout de récidivistes qui ont commis un crime violent : vol qualifié, agression armée, réseau criminalisé, etc. À Cité-des-Prairies, ils ont en moyenne 17 ans et restent généralement entre 9 mois et un an.

« Pour évaluer le niveau de risque de récidive des jeunes, on utilise notamment un outil nommé YLS CMI, m’explique Thérèse. Il prend en compte huit zones de vies distinctes, comme la famille, les pairs, la toxico, les attitudes, les loisirs, etc. Et nos programmes d’intervention sont ensuite associés à ce niveau de risque-là. Deux personnes ayant la même peine n’auront donc pas nécessairement la même démarche à suivre… »

Parmi les rares cas judiciarisés, certains contrevenants recevront une peine de placement et de surveillance. Les deux-tiers de celle-ci se dérouleront dans un centre de réadaptation et l’autre tiers en surveillance dans la communauté.

Je demande des précisions sur la clientèle. Selon Thérèse, on parle surtout de récidivistes qui ont commis un crime violent : vol qualifié, agression armée, réseau criminalisé, etc. À Cité-des-Prairies, ils ont en moyenne 17 ans et restent généralement entre 9 mois et un an. Parfois trois. Durant leur sentence, ils vivent soit en garde ouverte, soit en garde fermée. 

  • Je te fais visiter, Rose-Aimée? 
  • J’aimerais ça, oui.

UNITÉ OUVERTE

« Tu vois, j’ai besoin de ma clef pour y entrer, mais de l’intérieur la porte n’est pas barrée. On peut sortir de l’unité sans problème », m’explique Thérèse en m’entrainant dans l’une des deux unités ouvertes de l’établissement. Les huit gars qui y résident peuvent sortir en toute liberté pour se promener ailleurs dans la bâtisse. Ils ont commis le même genre de délits que ceux qui vivent en garde fermée, mais le juge a déterminé qu’ils avaient un niveau plus élevé de réceptivité aux interventions. Ils ont droit à un peu plus de liberté dans une sentence qui demeure contraignante.

Je demande à Thérèse s’il y a parfois des activités pour lesquelles on mélange les groupes des différentes unités. Elle m’indique que c’est rare, car ça demande une grande logistique pour assurer la sécurité de tous. « Des jeunes issus de gangs de rue ne doivent pas croiser un membre rival, tu comprends? »

C’est si loin de ma réalité. Je n’ose même pas répondre que je comprends.

En entrant, je remarque tout de suite deux garçons. Ils sont durs à manquer, en même temps… Ils me fixent avec surprise. Après un moment, le premier s’éloigne, entre dans sa chambre et commence à cogner sa tête contre la porte. Jessica, l’éducatrice responsable, me propose de m’éloigner pour discuter dans un autre espace de l’unité.

« Je crois qu’ils sont un peu perturbés par la visite », me dit-elle en souriant.

Dans le cadre de ses études en éducation spécialisée, Jessica a eu à faire trois stages : un avec les personnes âgées, un en petite enfance et un ici. « Je suis tombée en amour avec cette clientèle! Ce sont des ados avec un parcours difficile et je crois sincèrement à leur deuxième chance. En jasant avec eux, j’espère planter des graines qui vont germer. »

À Cité-des-Prairies, on ne se raconte pas d’histoires. On sait qu’en sortant, un jeune risque de retourner à des comportements délinquants. Mais on croit qu’il peut se transformer. Que ce qu’on lui inculque ici peut faire son bout de chemin et changer, vraiment, le cours de son histoire.

« Notre mandat premier, c’est de protéger la société de ces contrevenants. Nous, on croit que la meilleure façon de le faire, c’est de rééduquer, habiliter et réintégrer les jeunes », ajoute Thérèse.

Ici, l’horaire est défini au quart de tour. Le jour, il y a l’école. Ensuite, il y a des périodes de ménage, de temps libre, de judo, de cinéma, de jeux de table, de piscine, de musculation, etc. Pas de temps à perdre, y’a des talents à développer.

« Notre mandat premier, c’est de protéger la société de ces contrevenants. Nous, on croit que la meilleure façon de le faire, c’est de rééduquer, habiliter et réintégrer les jeunes », ajoute Thérèse.

Jessica me fait faire le tour de l’endroit en m’expliquant que chaque jeune a un éducateur attitré qui s’implique plus particulièrement dans sa démarche, mais qu’il y a toujours deux ou trois éducateurs sur le plancher. Ils veillent au bon déroulement des activités, à la routine. « Des fois, quand je fais ma tournée de bonne nuit, je remarque que certains jeunes n’ont jamais eu droit à cette attention », me glisse-t-elle.

Les chambres sont individuelles, petites. Les aires communes bien fournies. Je remarque une table de babyfoot, des divans de cuir devant une télé, des jeux. Une maison des jeunes à la décoration moins punk. Moins punk que celle de Farnham en 2002, en tout cas. C’est la seule que j’aie connue…

En ce moment, à Cité-des-Prairies, les jeunes suivent une formation intensive : le programme ART. Selon plusieurs recherches, les jeunes contrevenants auraient des aptitudes sociales (régulation de la colère, raisonnement moral, etc.) plus basses que la norme. Avec les ateliers ART, on repart de la base. On décortique les aptitudes pour les comprendre, étape par étape, et les mettre en pratique. Plus on les pratique, plus on accumule de points. Et les points sont synonymes de récompenses : chips, pop-corn, temps de téléphone supplémentaire, congé de sport ou de tâche, etc. Les choix sont vastes.

Cela dit, en temps normal, il y a aussi possibilité de gâteries. Tous les contrevenants du centre ont droit à une mince allocation hebdomadaire. S’ils souhaitent la bonifier, ils peuvent assurer une tâche payante (vider le lave-vaisselle, par exemple). Et c’est à la cantine de l’établissement qu’on dépense souvent nos sous.

Unité fermée

On prend un long couloir. À ma droite, une série de photos prises par des contrevenants dans le cadre d’un atelier d’art et culture. « On cherche toujours à leur faire découvrir de nouvelles façons de s’exprimer », me révèle Thérèse. Au même moment, j’entends des bruits derrière nous. Je me retourne et vois une poignée de jeunes en route vers la cafétéria. Ma guide met sa main contre mon épaule et me pousse doucement contre le mur. La cohorte passe devant nous, sans faire un pas de côté pour éviter de nous accrocher.

« Vous prenez pas mal de place, vous autres! », lance Thérèse d’un ton joyeux qui laisse tout de même sous-entendre un soupçon de reproches.

Je ne suis pas une des leurs. Je comprends le message. C’est donc avec un peu d’appréhension que je fais ensuite mon entrée dans l’une des cinq unités fermées de Cité-des-Prairies.

« Salut! Je vous présente Rose-Aimée, elle est journaliste et écrit un article! », lance ma guide en s’avançant vers la cuisine où jasent trois gars.

Il me toise longuement, sourire aux lèvres. Les yeux d’un gars brillant. Vraiment brillant. Il me glisse : « J’ai beaucoup de choses à dire, à dénoncer. Tu devrais venir me parler. »

Celui qui porte une robe de chambre (c’est l’heure des douches) s’approche de moi. Il me toise longuement, sourire aux lèvres. Les yeux d’un gars brillant. Vraiment brillant. Il me glisse : « J’ai beaucoup de choses à dire, à dénoncer. Tu devrais venir me parler. » Ses comparses l’encouragent en ricanant : « Ouais, on a des choses à dire, nous! »

Je souris et je leur dis que je vais revenir dans les prochains jours. Et cette fois, ce sera juste pour les écouter. Mais que là, je ne fais que visiter pour mieux comprendre le milieu dans lequel ils vivent. Le plus dégourdi de la gang continue à me fixer en souriant.

Le côté baveux de l’adolescence, doublé de l’assurance du gars qui en a vu d’autres. Du gars qui sait que je sais qu’il a commis un délit et qui joue à la douce intimidation.

Je le regarde dans les yeux en tentant de ne pas laisser paraître mon malaise. Mais en vrai, je ne tripe pas.

Je remarque une affiche, dans le salon. Je m’en approche, juste pour m’éloigner. «Les erreurs de pensée à éviter». Autour du panneau, un paquet de petites fiches. Sur l’une d’elles, je peux lire: « Dans le milieu où j’ai grandi, c’est comme ça que ça marche si tu veux survivre. »

« C’est qui, elle? »

Je me retourne, tandis que Thérèse explique ma présence au jeune homme assis devant la console de jeux vidéo. « Je pensais que tu étais parti, on ne te voit plus! », finit-elle par lui lancer.

Il explique que le jour, maintenant, il va à l’école. Un programme d’éducation professionnelle. « Mais bientôt, je ne viendrai plus pantoute. J’ai presque fini ma peine. »

Sa peine de trois ans.

Je me demande ce que l’adolescent a bien pu commettre. Et je me sens aussitôt mal de le faire.

Pourquoi tenter de leur mettre une étiquette? Ce sont de jeunes hommes en apprentissage. Je ne devrais pas les juger. Je devrais simplement, moi aussi, valoriser leur réinsertion sociale. Reste que je ne peux pas m’empêcher de frissonner alors que l’un d’eux me suit brièvement de trop près, sans dire un mot, tandis que je me dirige vers la sortie.

Je m’en veux.

La relance

C’est le nom de la salle de retrait où les jeunes en crise viennent se calmer. Elle contient un poste de surveillance vidéo, des chambres fermées, des cubicules vitrés et une zone sécurisée en cas de besoin de rétention physique. Si un garçon est emmené ici, c’est soit pour sa sécurité, soit celle des autres.

Parce qu’il arrive que la tension monte, que les esprits s’échauffent.

L’agent qui nous accueille m’explique qu’à la Relance, il n’y a pas d’improvisation. Un cadre légal et toute une série de règles aiguillent les actions posées. En tout temps, il y a sept agents pour veiller sur les jeunes, faire en sorte qu’ils soient vus par leur éducateur dans les délais prescrits, et leur offrir de l’apaisement, aussi.

«On est beaucoup dans la prévention; on ne veut pas être là juste quand ça va mal… On crée des liens avec eux pour les encourager à se relancer.»

« Parfois, juste en nous voyant, les jeunes se calment. On travaille fort à faire partie de leur quotidien. On mange à leur côté, on fait du sport avec eux, on regarde des films tous ensemble. On est beaucoup dans la prévention; on ne veut pas être là juste quand ça va mal… On crée des liens avec eux pour les encourager à se relancer », m’explique-t-il. Puis, il ajoute en souriant : « Et si le fait de nous voir ne rend pas le jeune de bonne humeur, alors on a pour tactique de se taquiner entre agents. Souvent, ça désamorce la crise. »

Thérèse renchérit : « Il y a 15 ans, les agents d’intervention étaient assis et attendaient d’être appelés. Leur rôle était d’assurer la sécurité de tout le monde. Avec le temps, ça a beaucoup changé. Les agents sont proches des jeunes et on le voit bien : ça évite plein d’escalades et de problématiques. »

Derrière la vitre de l’un des deux cubicules privés, je remarque qu’un jeune est en discussion avec un son intervenant. Il semble calme.

Il ne sourit pas.  

Est-ce que ça fonctionne?

On entame notre retour vers le bureau de Thérèse. J’en profite pour aborder l’avenir de ces jeunes. Restera-t-il des traces publiques de leur passage en centre de réadaptation? « Non, tous les dossiers juvéniles sont confidentiels, m’indique-t-elle. La victime a le droit de savoir certaines choses, mais ce n’est pas un fichier auquel la population générale a accès. Par contre, si un jeune qui a un dossier juvénile récidive alors qu’il est adulte et qu’il est encore sous une peine juvénile, tous ses antécédents deviennent ouverts. »

Bref, au Québec, quand un jeune se sort de la délinquance, il a vraiment droit à une deuxième chance. Je nous trouve beaux d’avoir opté pour un tel modèle. Thérèse renchérit, fière : « Il y a des gens de partout dans le monde qui viennent visiter nos centres et en découvrir plus sur le développement de nos programmes. On est vraiment reconnus pour notre approche envers les jeunes contrevenants! »

Est-ce donc dire que ça fonctionne, tout ça?

La coordonnatrice se lance : « Avec notre approche de responsabilisation, réadaptation et réinsertion, on peut dire qu’on a un faible taux de récidive, au Québec. On a aussi un faible taux de criminalité, remarque! Mais ça dépend toujours de ce qu’on cherche, comme statistique… Si on mesure ce qu’on fait uniquement sur les jeunes les plus à risque de récidive, ce n’est peut-être pas là qu’on a le plus de succès. »

« Les jeunes à risque plus élevé de récidive sont des garçons, assez jeunes au moment de leur premier délit officiel, plus souvent auteurs d’une infraction contre les biens, issus de milieux socioéconomiques défavorisés, présentant des antécédents de prise en charge et pour qui la première mesure appliquée n’était pas une SEJ [sanction extrajudiciaire]. »

Si vous voulez tout savoir, selon l’étude « Sept ans plus tard », réalisée par Denis Lafortune : « Les jeunes à risque plus élevé de récidive sont des garçons, assez jeunes au moment de leur premier délit officiel, plus souvent auteurs d’une infraction contre les biens, issus de milieux socioéconomiques défavorisés, présentant des antécédents de prise en charge et pour qui la première mesure appliquée n’était pas une SEJ [sanction extrajudiciaire]. »

Thérèse conclut: « Moi, je suis convaincue qu’on a un impact sur le parcours de plusieurs. Pas de tous, mais de plusieurs. Et on essaie de s’améliorer. En ce moment, on tente de tisser des liens avec le milieu communautaire : on développe une série d’ateliers avec un organisme pour la recherche d’emploi. Les intervenants viendront rencontrer les contrevenants directement au Centre. C’est rare, ça! La garde fermée est un milieu hermétique. C’est un univers méconnu, les gens l’appréhendent beaucoup, alors c’est difficile de les inviter ici… Mais cette année, on travaille fort sur la réinsertion. C’est notre gros chantier de travail. On veut mieux accompagner les jeunes, leur offrir plus de possibilités de développement et d’opportunités d’encadrement. On veut être plus près d’eux. »

C’est aussi ce que je ferai, lors de mon prochain passage. J’irai jaser avec les principaux concernés, directement dans leur unité. Comme je comprends maintenant ce qu’ils vivent, j’aimerais savoir comment ils le vivent. D’où ils viennent. Où ils souhaitent aller.

Et je promets de ne pas juger.

[Ce printemps, URBANIA poursuivra, avec ICI Radio-Canada Première, son incursion au centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation de la Cité-des-Prairies. Un accès rare à une réalité méconnue, que l’on vous partagera à travers une série en baladodiffusion. Les détails suivront bientôt sur nos plateformes!]

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