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URBANIA et le Festival du nouveau cinéma (FNC), qui se déroulera cette année du 4 au 15 octobre, s’unissent pour vous présenter quelques titres phares d’une programmation riche, festive et éclatée.
Célébrant déjà sa 52e édition, le Festival du nouveau cinéma (FNC) marquera cet automne le début de la rentrée culturelle cinématographique montréalaise avec pas moins de 200 films, courts et longs métrages : une grande fête du septième art!
Fidèle à son habitude, le festival offre aussi bien aux cinéphiles chevronnés qu’aux consommatrices et consommateurs de culture la chance unique de voir des films inédits en première québécoise, nord-américaine, voire mondiale.
En effet, l’organisation ne présente à peu près que des exclusivités et des premières particulièrement attendues au Québec. Il s’agit donc d’une occasion rêvée de goûter au prestige des premières et de se retrouver dans une salle de cinéma avec l’impression de savourer un film comme si on avait reçu une invitation personnelle à regarder une œuvre digne des oscars. Après tout, c’est toujours agréable pour l’ego de vivre quelque chose avant tout le monde, et c’est exactement ce que le FNC vous offre!
Il faut savoir que même si bon nombre des films au programme du festival seront ensuite projetés sur nos écrans, beaucoup risquent de ne plus jamais être présentés dans la province : raison de plus de ne pas manquer le FNC.
Rappelons que le festival est le doyen des rendez-vous cinématographiques au Canada, et que malgré cette impressionnante longévité, il se réinvente sans cesse et propose des films ouverts sur le monde tout en s’assurant de faire rayonner nos talents nationaux. Voici donc quelques propositions de films à ne pas manquer lors de cette 52e édition, qui s’annonce haute en couleur, résolument festive et riche en rencontres avec les artisans du milieu du cinéma.
Après un passage plus que remarqué en première mondiale au dernier Festival international du film de Toronto (TIFF), Les jours heureux plonge dans la musique classique, un sujet peu exploré par le cinéma québécois, ce qui a fortement piqué ma curiosité.
Le film raconte l’histoire d’Emma, une jeune cheffe d’orchestre à l’avenir prometteur se trouvant bousculée dans ses choix par son agent et père, avec qui elle entretient une relation complexe. C’est Sophie Desmarais, que nous avons pu voir récemment dans la série télévisée déjantée de François Létourneau et de Jean-François Rivard C’est comme ça que je t’aime en « militante marxiste-léniniste lesbienne », qui interprète la musicienne prodige (nous sommes incontestablement dans un autre registre!). Sylvain Marcel, qu’on a pu voir récemment dans Aline (le drame biographique retraçant librement la vie de Céline Dion et dans lequel il tenait le rôle du regretté René Angelil) campe quant à lui le père toxique. Soulignons que le maestro de l’Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, a agi à titre de consultant musical pendant le tournage. Ça promet!
Verrons-nous à l’écran le même genre de relation que celle du film Whiplash, avec toute son intensité psychologique d’arène de sport? Les paris sont ouverts!
En marge de cette projection, la réalisatrice Chloé Robichaud offrira une classe de maître aux côtés du prolifique cinéaste canadien Atom Egoyan, qui présentera son 17e long métrage, Seven Veils. Cette discussion avec le public traitera principalement d’un enjeu commun aux récits de ces deux films, soit le passage de femmes dans des domaines artistiques principalement menés par des hommes, en l’occurrence la musique classique et le théâtre.
Compétition internationale : Orlando, ma biographie politique de Paul B. Preciado
Ce documentaire expérimental est une véritable lettre d’amour cinématographique au roman Orlando, écrit en 1928 par l’écrivaine anglaise Virginia Wolfe et devenu le premier roman de l’histoire de la littérature dans lequel le personnage principal change de sexe au milieu du récit.
Bref, émouvant, tragique bien que rempli de tendresse et de joie, ce documentaire présente une immersion intimiste remplie de vérité et d’émotions brutes dans le triste sort de cette famille tunisienne. Ayant eu la chance de voir ce film en première mondiale au dernier festival de Cannes, je peux vous assurer que j’attends avec impatience le moment où je pourrai le regarder une seconde fois.
C’est pourquoi le FNC présentera également trois films mettant en scène certains des plus populaires clones de Bruce Lee illustrant bien l’ampleur de la « Bruceploitation », soit The Dragon Lives Again (1977), Challenge of the Tiger (1980) ainsi que Ninja Strikes Back (1982).
Film de genre vite devenu culte, le premier volet de la série Mad Max a propulsé la carrière de l’acteur australien Mel Gibson, qui a tenu le rôle principal dans les trois premiers films, Tom Hardy prenant le relais dans le dernier opus, sorti récemment. Rappelons que cette proposition a complètement pris par surprise les critiques et le public, qui tous ont crié au génie devant ces films ayant renversé les codes habituellement associés aux films d’action.
Je vous laisse là-dessus, même s’il y aurait encore beaucoup à écrire. Nous aurons probablement l’occasion de nous croiser dans l’une des nombreuses salles obscures montréalaises où le festival se déploiera. À mon avis, il n’y a rien de mieux pour fuir le blues automnal qu’un film qui permet de plonger dans des histoires singulières, introspectives et touchantes.
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Pour découvrir l’intégralité du programme du Festival du nouveau cinéma, qui sera révélé le 19 septembre, cliquez juste ici!
Avec ce film, l’écrivain et activiste trans espagnol Paul B. Preciado lance un vaste casting sauvage auprès d’un large public de tout âge pour rencontrer les nouveaux Orlando d’aujourd’hui, un siècle après la parution du roman éponyme. Le message du cinéaste est clair : dire à Virginia Wolfe que son livre est désormais devenu réalité, c’est-à-dire que son Orlando est sorti de sa fiction et vit une vie qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Paul B. Preciado brosse ainsi le portrait d’un monde en mutation, s’approchant toujours plus d’un certain progrès social.
Présenté par le FNC comme un film faisant partie de la « crème du cinéma actuel, le plus audacieux et le plus éclatant, de partout dans le monde », ce long métrage saura assurément plaire aux passionné.e.s de films traitant d’enjeux de représentation des genres et possédant une facture esthétique et une mise en scène éblouissantes. Il n’est d’ailleurs pas anodin que Orlando, ma biographie politique ait remporté le Prix spécial du jury dans la catégorie Encounters à la dernière édition de la prestigieuse Berlinale.
Récompensé de l’Œil d’or du meilleur documentaire lors du dernier festival de Cannes, Les filles d’Olfa propose une époustouflante mise en abyme repoussant les limites de la forme du documentaire au cinéma. La cinéaste explore la façon dont Olfa, une mère tunisienne de quatre filles, a vu deux d’entre elles disparaître pour se joindre au groupe armé État islamique. Pour comprendre comment cette famille de prime abord tissée serrée finit par se fracturer, Kaouther Ben Hania fait appel à trois actrices pour incarner les filles disparues d’Olfa et la mère, le tout à la manière d’une reconstitution.
Que serait un festival sans événements spéciaux et rétrospectives lui donnant couleur et personnalité? Cette année, le FNC organise un hommage particulier à Bruce Lee, décédé prématurément en 1973 alors qu’il était en pleine gloire, en présentant son chef-d’œuvre Enter the dragon, présenté en version 4K restaurée à l’occasion des 50 ans de la sortie du film et de la mort du célèbre acteur. Fait remarquable à souligner : le long métrage est bien souvent considéré comme l’un des plus grands films d’arts martiaux de tous les temps.
Cette rétrospective dédiée à l’acteur mythique sera agrémentée du documentaire Enter the Clones of Bruce, qui explore la folie entourant la fameuse « Bruceploitation », ce sous-genre cinématographique qui a suivi la mort de l’acteur. Ce phénomène des années 70 découlait du désir des producteurs de capitaliser sur l’aura de Bruce Lee. Ils ont profité de sa célébrité pour réaliser des films à petit budget en utilisant des sosies, dont le plus connu reste Bruce Le.
Pour ma part, j’ai bien hâte de mordre à pleines dents dans cet honneur réservé à cet illustre maître du kung-fu. Je dois avouer que la seule « chance » que j’ai eu de le voir à l’écran est dans Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino, dans lequel le sulfureux réalisateur propose un Bruce Lee controversé rempli d’arrogance, ce qui avait créé certaines tensions avec les proches du défunt. Bref, cet hommage risque de combler de joie aussi bien les vieux admirateurs de son œuvre que les nouveaux.
Le FNC organise une nuit blanche à l’intention des plus dévoué.e.s des cinéphiles noctambules pour célébrer l’entièreté de l’œuvre Mad Max de George Miller, soit Mad Max (1979), Mad Max 2 : Le défi (1981), Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985) et Mad Max : Fury road (2015). Du crépuscule jusqu’à l’aube, ce sera l’occasion de (re)plonger dans cette tétralogie composant un univers dystopique chaotique où la criminalité règne et on l’on suit les aléas rocambolesques et remplis d’action, de sexe et de drogue de la vie d’un policier ténébreux lassé de faire régner l’ordre.
Ce n’est peut-être pas le genre de marathon cinématographique auquel les gens font le plus souvent référence lorsqu’ils racontent s’être tapé en rafale une œuvre dans son entièreté, comme Le Seigneur des anneaux ou Harry Potter, mais laissez-moi vous dire que sur grand écran, avec une gang de crinqués prêts à tout pour voir Mel Gibson sacrer des volées aux voyous, le jeu en vaut absolument la chandelle (au risque d’avoir les yeux pochés jusqu’au menton).