Olivier Boisvert-Magnen et Christophe Gendreau-Famelart

Le centre d’achats du mois : Galeries Laurentides

Si vous cherchez un endroit post-apocalyptique où il fait bon mourir, vous serez ravis d’apprendre que les Galeries Laurentides existent encore. Pratiquement laissé à l’abandon, ce centre d’achats vit sur du temps emprunté, qu’il aura sans doute beaucoup de difficulté à rembourser. Tour d’horizon partiel et partial de ce repaire renfrogné de Saint-Jérôme.

En entrant, c’est la cohue. Avec cette photo bancale à la profondeur saisissante, on peut aisément calculer que le ratio plante/client est de 2 pour 1.

Parlant de mathématiques, les chiffres sont en valeur pis pas à peu près au Onot, magasin dont nous avons miraculeusement trouvé le nom après avoir demandé trois fois à la vendeuse de le répéter.

Une fois à l’intérieur, il peut être difficile de résister à autant de soldes, surtout lorsqu’ils sont agrémentés d’un soleil qui tient un chronomètre.

Tout ceci n’était évidemment qu’un échauffement. Non loin de là, nous sommes tout naturellement attirés par ces grosses bonbonnes d’hélium on ne peut plus accueillantes.

Nous voilà donc à l’Empire du dollar. D’emblée, les proprios ont jugé bon de nous annoncer que toute est pas mal sur le bord de crisser le camp dans place.

Pendant que les guerres et les conflits continuent de secouer le globe, une gang de valises se rassemble et nous montre qu’un autre chemin est possible. Comme quoi, malgré nos différences, on peut tous s’unir et résister.

Difficile à croire, mais cette entrée de magasin existe.

Dans les rangées de ce dit Empire de la piasse, il y a des paquets de ziploc qui ont solidement mangé la claque.

Évidemment, ça vaut la peine pour les aubaines. Oubliez la permanente à 76$ et profitez plutôt de ce généreux choix capillaire à 1,25$.

Avis aux fans de v-neck au collet coquin qui descend jusqu’à l’abdomen : vous pouvez maintenant économiser 2,99$.

Conscient que peu de Jérômiens sont bilingues, l’Empire du dollar a jugé bon traduire le nom de quelques-uns de ces produits vedettes.

Certaines traductions ont toutefois de quoi surprendre.

Pas trop loin de la caisse, le rack à livres contient quelques joyaux. Aucun n’arrive toutefois à la cheville de ce bouquin à la charmante couverture florale.

Après tant d’émotions en aussi peu de temps, un petit détour aux toilettes s’impose.

Chez les hommes, on peut joindre l’utile à l’agréable: faire ses besoins et lire une douce poésie.

Si jamais vous croisez ces deux sombres individus, bouchez-vous le nez.

On aurait eu de la difficulté à trouver un dessin qui représente aussi bien cette réflexion socio-économique.

Si vous cherchiez un endroit tranquille pour déguster un repas, la cour alimentaire des Galeries Laurentides devrait vous sustenter.

Le seul problème, c’est que la plupart des commerçants ont jugé bon fermer leurs commerces pour de bon ici. Dommage, car ce resto au look renversé avait du potentiel.

Seul établissement culinaire ouvert en ce dimanche après-midi : le Déli-Santé. Ramassis de tous les légumes et fonds de sauce béchamel qui traînaient dans le frigo, cette salade est alléchante.

Ne reculant devant rien, nous poursuivons notre chemin vers l’une des extrémités du centre d’achats. Probablement au courant que le centre commercial tombait en ruine, le gouvernement canadien a choisi de profiter de la situation en s’y établissant subtilement, tout au fond.

Bien joué!

L’histoire de la personne qui a oublié cette mitaine doit être fascinante.

Petite promenade dans les corridors pour tenter de reprendre goût à la vie. Sur notre chemin se présente l’unique Boîte à chaussures, avec sa devanture pour le moins rythmée. Vérification faite, le magasin ne vend que des souliers, et le drum a bel et bien câlissement pas rapport.

Difficile de résister à une affiche promotionnelle aussi élégante, vous en conviendrez. Avec l’habillage végétal en arrière, c’est grandiose.

Après celui du Solid Gold sur Saint-Laurent, voici le guichet automatique le plus louche au Québec.

Cernes de saleté ou peinture en spray de couleur gris terreux? Ce nuage fait jaser aux Galeries Laurentides.

Rien de mieux pour attirer notre attention qu’un magasin qui ne passe pas par quatre chemins pour nous annoncer son concept. Du lot, le somptueux « 10$ et moins » tire son épingle du jeu, ne serait-ce que pour ses affiches format lettre aux carences pronominales.

À 2$, on serait fou de s’en passer.

Une clientèle bien ciblée.

En direction vers l’immense Urban Planet, nous tombons face à face avec le plus beau prénom féminin de l’histoire récente du Québec.

À l’intérieur, c’est l’euphorie totale.

On arrive à la Mecque de la mode canadienne (alias le Urban Planet). Les planchers shinés et les grands espaces propres nous indiquent que la game vient de changer.

En termes d’inventivité de rack à sous-vêtements, celui-ci est pas pire.

Si ça vous tente d’avoir un chandail qui énumère différentes affaires, venez icitte.

Avis aux intéressés : un t-shirt, c’est essentiel et ça coûte 4,90$.

Après autant d’opulence et de musique pop 14-18 ans, il semble judicieux d’aller se ressourcer dans un magasin empreint de sérénité et de quiétude. L’eldorado se dessine devant nos yeux.

Une fois entrés, plusieurs objets très ZEN défilent devant nous, notamment ce dragon survolté, agrémenté de crânes et de signes de piasse…

…ainsi que ce bibelot de moto qui sert à coucher des bouteilles de vin.

Dans tous les cas, on ne pourra pas reprocher à ce magasin de ne pas assez diversifier ses activités.

Jamais la fonction Word Art n’aura été aussi bien utilisée qu’ici-bas.

Aventurons-nous dès lors dans la dernière extrémité de cet éternel rez-de-chaussée. Contemplons d’emblée cet accueillant restaurant.

Puis, cap sur la tabagie afin de nous recueillir devant ce choix disproportionné de magazines populaires.

Même les rêves d’enfants meurent aux Galeries Laurentides…

Signe que, dans la vie, tout peut toujours aller plus mal:

Descendons maintenant dans l’antre de tous les possibles.

L’ambiance est à son comble.

On aura beau dire ce qu’on veut sur les Galeries, force est d’admettre qu’elles laissent entrevoir une décoration florale de haut vol.

Zoom sur ce sublime croisé boisé.

Malheureusement fermés (pour aujourd’hui ou pour de bon), ces deux commerces piquent la curiosité.

Nous trouvons finalement un peu de vie dans ce morne bas-étage. À quelques heures du début de la partie de bingo, quelques irréductibles ont déjà placé leurs cartes.

L’histoire de la personne qui a oublié ce manteau en polar doit être fascinante.

À un moment donné, on s’est ramassés icitte pis on peut pas dire que ça a été si facile de savoir comment faire pour revenir où on était.

Petit stop au deuxième avant le grand départ. Décidément, c’est l’endroit idéal pour avoir une vue imprenable sur le Stephanelle.

Lequel de ces trois mercis préférez-vous?

N’hésitez pas à répondre dans les commentaires.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up