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Ce que la série «Succession» nous enseigne sur le monde des affaires

Entre deux insultes, on peut apprendre quelque chose.

17 juin 2021
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Êtes-vous fan de Succession? Arrivé tel un ovni en 2018, ce joyau télévisé made in HBO nous offre une plongée sans tuba au sein de l’empire fictif de Waystar Royco, un conglomérat médiatique tenu par la famille Roy. Un résumé simple pour une ambiance des plus dysfonctionnelle(-ment fascinantes).

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, imaginez-vous Le loup de Wall Street mais en moins glamour et en beaucoup plus féroce. Ça y est, vous y êtes.

Tout commence lorsque Logan Roy, patriarche aux racines québécoises et au « fuck off » extrêmement facile, subit un brusque AVC sous les yeux horrifiés de ses quatre enfants. S’il s’en remet lentement par la suite, l’incident fait réaliser au petit clan un léger détail : Logan n’est pas immortel. Et s’il n’est pas immortel, son successeur à la tête de Waystar Royco doit être désigné dans les plus brefs délais. S’ensuit alors une impitoyable course au trône entre les quatre héritiers naturels : Kendall le chouchou, Roman le mesquin, Siobhan la stratège et Connor le wannabe président.

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Avec ses répliques assassines et ses revirements de situation fulgurants, Succession est un incendie qu’on ne peut tout simplement pas quitter des yeux. C’est aussi un concentré de leçons d’affaires (et de vie) qui en sauveraient plus d’un.e de la noyade.

Les liens du sang

Vous voulez partir une business familiale? Réfléchissez-y bien. C’est bon? Parfait. Maintenant, pensez-y une nouvelle fois.

Car si Succession nous apprend bien une chose, c’est qu’une fois l’argent entré en jeu, le sacrosaint lien du sang a souvent tendance à s’effriter. Il n’y a qu’à voir les coups bas à répétition que se font frères, sœur, père et cousin à chaque épisode pour deux miettes supplémentaires de pouvoir dans la compagnie. C’en est devenu pour eux un sport olympique.

Une fois l’argent entré en jeu, le sacrosaint lien du sang a souvent tendance à s’effriter.

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Dans la vie réelle, on n’est pas nécessairement loin du compte. Combien de relations ont été mises à l’épreuve pour des sommes bien plus modiques? Il arrive que les membres d’une même famille ne se parlent plus après un prêt non remboursé, un engagement financier trahi ou encore une mauvaise gestion de fonds communs. Il y a aussi l’avarice, la convoitise et tous ces travers humains que l’accroissement de richesse accompagne et auxquels on pense — à tort — le cercle familial imperméable. Je passe sous silence le chaos qu’apportent régulièrement les héritages… Si l’argent est souvent défini comme le «nerf de la guerre», ce n’est vraiment pas anodin.

La proximité généalogique peut donner lieu à des frontières professionnelles assez opaques. Certaines personnes se permettent ainsi des comportements un peu trop permissifs en se disant que tant que personne n’est mort, les liens du sang pardonneront tout. D’autres encore laissent déborder un peu trop d’affection dans un contexte de travail, ce qui promet à terme un feu d’artifice émotionnel des plus spectaculaires.

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Toujours bien prévoir… même l’imprévisible!

Après la décision, l’action! Quel est le plan de match? Comment le mettre en oeuvre? Qui contacter? Quelle première brique poser? La qualité d’un projet se joue le plus souvent à son degré de préparation en amont. Plus les étapes seront détaillées, plus le résultat sera à la hauteur de notre imagination.

La leçon à tirer ici n’est pas de devenir devin, mais de comprendre l’ingrédient secret de la planification : l’adaptation.

Évidemment, tout n’est jamais possible à prévoir. Lorsque Kendall Roy prépare le coup d’État parfait — mais vraiment parfait — pour renverser son père à la direction de Waystar Royco, il n’anticipera pas (spoiler alert) qu’un gigantesque embouteillage dans les rues de New York l’empêchera d’être présent à temps pour la touche finale de son plan. Et hop, juste comme ça, retour à la case départ.

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La leçon à tirer ici n’est pas de devenir devin (quoique brasser quelques cartes de tarot pour prédire l’avenir serait une idée à essayer), mais de comprendre l’ingrédient secret de la planification : l’adaptation. Comme chaque chose dans la vie, il y a une part contrôlable et une part qui demeure aléatoire. Le tout est d’accepter l’imprévu comme un obstacle inévitable et se dire qu’en fin de course, ce qui importe, c’est la manière dont on se relève.

Bien choisir son mot de passe

Ici, je plaide coupable : je n’ai ajouté cette section que pour parler d’une de mes scènes préférées de la série.

Pour en situer rapidement le contexte, Waystar Royco est assigné en justice pour avoir tenté d’enterrer un scandale assez sinistre. Ayant mis la main à la pâte, Tom Wambsgans (le mari de Siobhan Roy) et Greg Hirsch (le cousin de Siobhan Roy… ça va, vous suivez toujours?), comparaissent au tribunal afin d’expliquer leurs rôles dans cette sombre affaire. Alors que Tom clame ne pas connaître Greg, une preuve irréfutable est citée contre lui : les soixante-sept courriels envoyés de nuit à Greg avec pour seul objet « You can’t make a TOMlette without breaking some GREGgs ».

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Parce qu’il y a toujours une leçon à tirer, voici celle que nous enseigne cette situation absurde : lorsque vous communiquez virtuellement avec vos associés, assurez-vous que cette communication soit protégée, surtout si le contenu de ces messages est sensible — ou rempli de dad jokes qu’il serait humiliant de lire à voix haute devant une cour de tribunal bondée. À tout hasard.

L’importance de déléguer

C’est votre projet, votre trésor, votre enfant, vous en avez une vision précise que personne d’autre ne pourra cibler avec la même justesse ; reçu 5 sur 5. Mais quelques fois (c’est très difficile, j’en conçois), il faut savoir lâcher prise et se laisser aider. Juste un peu.

Logan Roy en est un criant exemple. Même si la série s’ouvre sur sa quête active d’un.e héritier.e digne de ce nom pour lui succéder, le reste de la trame nous informe de son incapacité plus forte encore à lâcher les rênes de Waystar Royco, un empire qu’il a mis une vie entière à construire. Aussi cruelles les fausses joies créées chez ses enfants soient-elles, certaines de leurs réactions sont désormais des memes mythiques.

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Pourtant, tout comme son entourage le lui dit et répète, il aurait beaucoup gagné à déléguer. Tout d’abord, certaines tâches sont humainement impossibles à réaliser seul, qu’importe le niveau d’obstination. Demander de l’aide est donc un moyen efficace d’avancer vite et mieux, car plus de bras sont à disposition pour accomplir la même mission.

En plus, c’est une marque d’humilité, mine de rien. Accepter de l’aide, c’est accepter qu’une autre personne soit toute aussi capable et légitime que soi pour faire grandir notre projet. Et bien souvent, cette humilité se retrouve récompensée par des idées fraîches et nouvelles qui ne nous seraient jamais venues à l’esprit seul.e.

Et c’est ça qui nous aide à aller plus loin.

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