BOUFFE DES STATES : On essaie les M&M’s à la fraise

Hugo Mudie teste des produits dénichés dans les plus obscurs temples de la grignotine « made in USA ».

Hugo Mudie, inventeur de la pouzza (fusion entre la poutine et la pizza) et Grand-Duc du glutamate met son expertise au profit des lecteurs d’URBANIA dans cette série où il testera pour vous des produits dénichés dans les plus obscurs temples de la grignotine de niche made in USA. Voici BOUFFE DES STATES.

Cette semaine, il s’attaque aux M&M’s à saveur de fraise.

Tout le monde a déjà essayé un M&M’s. Tout le monde a déjà goûté un Smarties.

Même allergique, je pense que je préfèrerais enfler du visage pour ressembler à Mikey Rourke en lendemain de brosse, plutôt que de devoir favoriser la Smarties dans une compétition internationale de friandises chocolatées.

Les deux se font régulièrement comparer et il peut même arriver que certaines personnes sans véritable culture culinaire les confondent. C’est un peu comme se tromper entre un chien et un chat : les deux sont des animaux à fourrure qui prennent trop souvent et bien malgré eux le rôle habituellement joué par un enfant, mais faut être quand même assez coconut pour se fourrer entre un rottweiler et un simple tabby roux de gouttière.

Oui, les M&M’s et les Smarties sont de petites friandises de couleurs recouvertes d’une sorte de couche de sucre croustillante. Oui, les deux contiennent du chocolat. Mais la M&M’s, si on choisit la bonne variété, est beaucoup plus massive que la Smarties et contient, en plus d’un délicieux chocolat au lait addictif, une peanut entière dans chaque bouchée. Ceux qui préfèrent les Smarties sont dans le champ. À moins d’être allergiques aux peanuts.

Mais même allergique, je pense que je préfèrerais enfler du visage pour ressembler à Mikey Rourke en lendemain de brosse, plutôt que de devoir favoriser la Smarties dans une compétition internationale de friandises chocolatées.

Cela dit, est-ce qu’on a besoin d’ajouter quelque chose à la M&M’s qui est déjà une friandise hors pair dans toute sa simplicité ?

Les Américains ont répondu oui. En effet pour un temps limité, une édition rare de cette peanut pimpée est apparue chez nos voisins du Sud : la M&M’s «  Strawberry Nut », traduit ici librement par «  Fraise Coucouille ».

Cette traduction ne rend pas tout à fait justice au jeu de mots dans la langue d’un Pierce Brosnan, mais a l’avantage de faire référence aux parties génitales, une catégorie humoristique qui fait ses preuves depuis 1500 av. J.-C. chez l’être humain et ce dès l’apprentissage du langage.

En tant que journaliste culinaire terrain, je me suis évidemment procuré un sachet de cette exquise invention, non sans appréhension. Pourquoi changer quelque chose qui va bien ? Pourquoi essayer de compliquer une formule gagnante ? Pourquoi amener une équipe de hockey à Las Vegas ? Ben pour qu’elle gagne la Coupe Stanley ciboire.

Ce n’est pas si dur que ça parker un char, pourquoi a-t-on besoin que notre char se parke tout seul avec nous autres dedans qui se croise les doigts en se répétant intérieurement «  faites qu’il bump pas la Mercedes en arrière, faites qu’il bump pas la Mercedes en arrière. » Dans mon cas c’était plus «  faites que la fraise scrap pas la friandise fiable ».

À la première bouchée, j’ai tout de suite reconnu la qualité de l’arachide. L’art de la friandise réside souvent dans la capacité à créer, en une seule bouchée, cette envie de ressentir encore et à jamais l’effet de nos dents / langue sur le produit sucré.

J’ai vu un arc-en-ciel avec de l’or à volonté à chaque bout, des arbres faits de papier mâché brillants comme des diamants, des fraises géantes qui jouaient au pool (elles avaient des bras et des faces, ressemblant un peu aux raisins jazzés des raisins secs Sun-Maid), des Gremlins gentils (pré-transformation) qui se bourraient la face de chocolat non calorifique, du choco bio qui fait pas engraisser.

La texture et la croustillance du nanane devraient toujours être une priorité chez l’architecte de la gâterie. Chez M&M’s, tout est parfait. J’ai cherché pendant au moins deux secondes le goût de la fraise qui semblait être camouflé non pas de façon vulgaire dans l’enrobage de sucre multicolore, mais bien entre l’arachide et le chocolat, créant une fusion de saveurs renversante qui m’a tout de suite rappelé la toast beurre de peanut et confiture de fraise. Imaginez ce classique et ajoutez-y une couche de nutella (gardé au réfrigérateur à « 6 » environ ) bien étendu sur la confiture. C’est une merveille calorifique. J’en ai mangé 4-5 très rapidement et j’ai fermé les yeux ; j’ai vu un arc-en-ciel avec de l’or à volonté à chaque bout, des arbres faits de papier mâché brillants comme des diamants, des fraises géantes qui jouaient au pool (elles avaient des bras et des faces, ressemblant un peu aux raisins jazzés des raisins secs Sun-Maid), des Gremlins gentils (pré-transformation) qui se bourraient la face de chocolat non calorifique, du choco bio qui fait pas engraisser. C’était du Karkwa qui jouait (ils étaient toujours ensemble) dans des speakers faits de bâtons de popsicles. Recyclés.

Je n’avais plus mal au dos, ni ailleurs. Mes parents étaient toujours en couple et le président des États-Unis était Bernie Sanders. Il passait une loi pour interdire les guns et venait d’obliger la compagnie Mars (fabriquant des M&M’s) à continuer de produire ces merveilles aux fraises à l’année et à en distribuer un paquet par mois à chaque habitant de cette grande démocratie.

9.5 /10

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