#BonneFête : le mot-clic célèbre ses 10 ans

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Ça m’avait pris quelques jours (lire mois) à comprendre l’utilité de ce dièse suivi d’un mot. Et maintenant, on dirait qu’il a toujours fait partie de nos vies. Depuis cette semaine, ça fait une décennie que le hashtag, ou mot-clic en français, ponctue nos publications sur les réseaux sociaux.

Il est tellement rendu populaire qu’il a dépassé l’univers de Twitter pour rejoindre Facebook, Instagram, Tumblr et même LinkedIn. Le mot-clic permet aussi de cataloguer l’information sur les sites de nouvelles, par exemple #politique ou #santé. O n l’utilise à ce point qu’il est même entré dans le langage courant parlé.

Quand la société nous décourage on dit quoi? «Hashtag les gens». 

La petite histoire d’un dièse 

Avant, le dièse n’était qu’une vulgaire option téléphonique. Mais en août 2007, un utilisateur de Twitter a inventé le mot-clic pour regrouper les messages traitant du même sujet. Le petit dièse permet ainsi de réunir les internautes autour d’un thème ou d’une conversation.

C’est Chris Messina, un Américain spécialiste des réseaux sociaux, qui a démarré cette habitude maintenant utilisée pour partager des émotions, afficher une mobilisation ou encore faire une blague.

Maintenant, ce sont 125 millions de hashtags qui sont publiés tous les jours.

D’où vient le mot hashtag?  

D’abord, il est intéressant de souligner que c’est le Québec qui a inventé l’expression «mot-clic» pour éviter l’anglicisme. #BonneIdée

Selon Jean Maillet, auteur de 100 anglicismes à ne plus jamais utiliser, le mot hashtag, vient de l’anglais hash, qui signifie «hachis». C’est un dérivé du verbe to hash, «tout droit issu, depuis le XIVe siècle, du français hacher». Selon le dictionnaire, hash veut aussi dire «dièse». Le tag vient bien sûr du mot «étiquette» ou «marquer». L’expression hashtag englobe donc le dièse puis une étiquette qui sert à cataloguer ce qu’on vient d’écrire. Par exemple : «C’est vraiment bon l’émission C’est juste de la TV! #télévision #cjdltv»

De la mobilisation et de la solidarité 

Le mot-clic peut servir à nous faire rire. Il sert aux jeux de mots, à rire des bourdes des personnalités publiques ou même à répertorier des GIF amusants. Mais il permet aussi de déclencher des vagues de mobilisation et de solidarité.

L’enlèvement au Nigéria des 276 lycéennes par le groupe islamiste Boko Haram a été connu sous le hashtag #BringBackOurGirls, relayé (et «popularisé») notamment par Michelle Obama.

(Photo : La Maison Blanche) 

Les #BlackLivesMatters suivant le décès d’Afro-Américains assasinés par des policiers et les #OccupyWallStreet du mouvement des militants installés dans des campements pour dénoncer les abus du capitalisme américain sont désormais célèbres.

(Photo : Source inconnue) 

Lors des trop nombeux attentats terroristes, les habitués du web expriment solidarité, émotion et information grâce aux #JeSuisCharlie (tweeté plus de cinq millions de fois en deux jours en janvier 2015), #PrayForParis (tweeté plus de six millions de fois après les attentats de novembre 2015). Le #PorteOuverte avait, lors de ce même événement, permis à certains Parisiens de se mettre à l’abri et d’assurer leur sécurité.

(Photo : caricature source inconnue) 

Le #IceBucketChallenge, qui nous faisait rire au départ avant de devenir tellement viral qu’on n’était plus capable, a permis d’amasser 100 millions de dollars pour lutter contre la Sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie qui était généralemennt peu connue avant le défi. Tout cet argent a permis de réelles avancées scientifiques. #Bravo

Top 10 des plus utilisés en 2016 

10 : #GameOfThrones ou #GOT

9 : #RIP (selon le décès d’une personnalité)

8  : #Trump

7 : #BlackLivesMatter

6 : #Brexit

5 : #Oscars

4 : #Euro2016

3 : #PokemonGo

2 : #Election2016 (pour les élections américaines)

1 : #Rio2016

Les mots-clics les plus énervants 

Cette liste n’est ni exhaustive, ni scientifique. Elle est absolument personnelle. Voici les mots-clics que je suis tannée de lire au quotidien. #EyeRoll

#FoodPorn 

#InstaCool 

#OOTD

#ThisGuy 

#SorryNotSorry 

Pour lire un autre texte de Catherine J. Lalonde: «URBANIA a trollé Mickey Gazon et son annonce sexiste».

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