Bonne fête, Facebook !

Aujourd'hui, Facebook a dix ans.

Hier, mon estimée collègue Judith Lussier a publié un article dans le journal Métro offrant quelques conseils pour être civilisés sur internet. Tsé. De la courtoisie de base. Celle que tellement de gens semblent avoir oubliée. « N’insulte pas les gens gratuitement. » « Essaie d’être pertinent. Au moins un peu. » « Fais de ton mieux pour ne pas être un raciste fini. » De la grosse base sale, dans la recette de comment être un humain correct. Mais qui, apparemment, a besoin d’être répétée. Josiane Stratis, du blogue de mode Ton Petit Look, a elle aussi pris le clavier pour expliquer aux gens, en long et en large, que les gens qui écrivent des billets de blogue sont, à la surprise générale, des gens. Qui n’aiment pas trop ça se faire traiter de grosse (surtout quand c’est même pas vrai) ou de ben-plus-laide-que-ta-jumelle-identique (seigneur dieu). Et Josiane de renchérir, elle aussi, que ce serait un peu agréable si les gens pensaient un peu à ce qu’ils disent avant de le dire. Encore là: de la grosse, grosse base. Ça a l’air que c’était pas clair pour tout le monde. Mais elles était loin de se douter qu’elles écrivaient tout ça pour rien. Parce qu’hier, on a aussi déclaré la mort du web. Vous ne vous en étiez pas rendu compte? C’est dommage. Mais ouain. Le web est mort. Ou, du moins, le web social. Trop de trolls, entre autres. Trop de gens qui utilisent leur tribune pour dire n’importe quoi. Trop de gens qui dévoilent leur vie privée dans les moindres détails. Trop de médias, aussi. L’ami Mathieu Charlebois a bien profité des derniers jours qu’il restait au web avant de passer l’arme à gauche pour en faire une biopsie, un examen antémortem qui n’a, lui non plus rien de bien réjouissant. Vous l’avez certainement vu passer, sinon, c’est juste ici, et c’est terriblement déprimant. On a bien dû se rendre à l’évidence: quand on met un clavier entre les mains de tout le monde, on se retrouve un peu avec l’équivalent des lignes ouvertes de Fabi La Nuit, vingt-quatre heures par jour, sept jours par semaine. Un Jerry Springer Show (ou, peut-être, un Black Out au Lion d’Or nouveau genre, pour ceux qui s’en souviennent) où les pires idées se retrouvent exprimées par des quidams convaincus devant un auditoire captivé. Un Lord of the Flies virtuel où tout le monde a douze ans et tapoche sur les autres simplement parce que c’est plus facile de tapocher qu’autre chose. Aujourd’hui, l’expérience Facebook a dix ans. Peut-être est-ce le moment d’en constater l’échec. *** Erratum: j’ai écrit dans mon dernier billet que Editorial Avenue avait menacé Partitions101 de poursuite, ce qui avait mené à la fermeture du site. Après un long entretien téléphonique avec M. Guillaume Lafrance, directeur de création (qui, non, n’est pas l’auteur du commentaire au bas de l’article en question), celui-ci m’a assuré que rien de tel ne s’était produit; bien qu’ils aient envoyé de nombreuses lettres à P101 demandant le retrait des paroles de certaines chansons ou le paiement de droits d’auteur afin d’atteindre la conformité avec la loi, aucune menace explicite n’a été formulée, et en aucun cas les demandes d’Editorial Avenue ne mentionnaient quelque chose comme « sinon », après « conformez-vous à la loi ». De plus, il appert que les pièces se trouvant parmi les près de 60 catalogues représentés directement par Editorial Avenue ne représentaient finalement que 10% de l’inventaire total de P101, selon les recherches effectuées par M. Lafrance. Ce dernier réfute donc toute responsabilité quant à la fermeture du site et soutient n’avoir entrepris de démarches visant à faire retirer des chansons du site en question qu’après des demandes explicites de la part des artistes. Bien que nos opinions divergent sur plusieurs points de vue, je tiens à dire que la conversation a été tout à fait cordiale et qu’il ne m’a jamais demandé d’écrire cette rectification, qui sera aussi ajoutée à mon billet précédent.

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