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Bonhomme, bonhomme sais-tu jouir ?

Parce qu'on a bien besoin d'une bédé pour se changer les idées ces jours-ci.

Par
Mathieu Roy
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La vie. Quelle chose bizarre quand même. On y adhère qu’on le veuille ou non. Il ne faut pas trop se poser de questions parce qu’on n’est pas sûr des réponses. Il y en a une qui les englobe toutes : êtes-vous bien ? Bien dans votre tête, dans votre corps et dans votre cœur ? Si vous acquiescez, vous détenez assurément la recette d’une bonne vie et la fortune vous attend. Mais vous savez ce qu’on dit à propos de l’argent, hein ? Parfois, le bonheur nous pend au bout du nez alors qu’en d’autres occasions, nous devons aller le trouver ailleurs comme dans La fille dans l’écran Manon Desveaux et Lou Lubie.

Deux artistes : une Française expatriée à Montréal et une vraie Française qui vit en campagne. L’une sert des cafés au lieu de prendre des clichés et l’autre se terre dans sa chambre pour dessiner prompte à des crises de panique. Une recherche d’images de faune nordique les a réunis pour un projet, mais elles n’auraient jamais pu imaginer que cette collaboration prendrait une telle ampleur. Le fruit du hasard ou un coup de dés de la destinée, anyway, elles ne l’avaient pas vu venir.

Ça commence par un échange de courriels. Au début, on reste un peu l’avatar que l’on s’est créé sur internet.

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Ça commence par un échange de courriels. Au début, on reste un peu l’avatar que l’on s’est créé sur internet. Ensuite, on passe à un registre plus intime en s’envoyant des textos jusqu’à tard dans la nuit — la version moderne du « toi, raccroche. » Les conversations sont plus deep et on se dévoile à une parfaite inconnue par écran interposé dans une série de hiéroglyphes qui ne veulent rien dire, mais qui en disent long. Un océan les sépare, mais elles sont sur la même longueur d’onde… de choc.

Un avion d’Air Canada atterrit à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle avec une bombe à retardement à son bord. Les deux solitudes sont enfin réunies dans le décor bucolique de Périgueux. La complicité s’installe durant ce mois rempli de fous rires et de mille-feuilles. Par contre, leur relation deviendra ambiguë à la suite d’un baiser à la veille du départ. Kaboum !

De retour à Montréal, plus rien n’est pareil malgré les apparences. La serveuse automate lâche sa job pour tenter sa chance de vivre de sa passion, au grand désarroi de son chum. C’est en fouillant sur Facebook que l’amante éconduite l’a appris. Mais ça ne veut rien dire parce l’autre l’a dans la peau depuis son passage au tattoo shop. Des portes claquées, des valises bouclées ; le reste n’est que conte de fées et matins ensoleillés dans les bras de sa dulcinée.

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Nous savons tous pertinemment que notre résistance au changement surpasse notre goût d’aller voir si l’herbe est plus verte chez le voisin. On tergiverse à la moindre décision qui pourrait avoir un impact sur notre qualité de vie et on manque souvent le bateau sans s’en rendre compte. Et en ces temps incertains, il est d’autant plus nécessaire de prendre conscience de notre existence et de la fragilité de celle-ci.

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La fille dans l’écran, de Lou Lubie et Manon Desveaux, est publiée chez Marabulles