Marie-Claude Hamel

Benoît Brossard

Benoît Brossard de Brossard a fait le tour du monde pour chasser les plus beaux spécimens de la planète: des zèbres, des ours polaires et… des écureuils volants. Une fois qu’il a capturé ces bêtes, l’homme de 70 ans les fait naturaliser et les entassent dans son bungalow : il a déjà troué le plafond de son portique pour y placer une girafe de 16 pieds de haut! Rencontre avec un homme de peu de mots, dealer d’automobiles à temps partiel.

D’où vous vient la passion de la chasse?
Quand on était jeunes, mes frères et moi (NDLR : l’un d’eux est le fondateur de l’Insectarium de Montréal Georges Brossard), on chassait les papillons sur notre grand terrain et on allait pêcher dans des trous d’eau près du boulevard Taschereau. Puis un jour, je suis parti à la chasse dans le Maine. J’ai vu un ours noir pis une couple de chevreuils. C’est là que je me suis dit : «Je veux chasser le plus gros mammifère au monde!»

Lequel?

L’éléphant. J’ai réussi lorsque je suis allé chassé en Somalie, en 1964. Aujourd’hui j’ai le big five chez nous, les cinq plus gros mammifères d’Afrique : le buffle, le rhinocéros, le léopard, le lion et l’éléphant.

Pourquoi chassez-vous ces bêtes?
Pour le challenge. Quand tu veux un animal, tu es prêt à souffrir, escalader des montagnes, affronter la pluie, la grêle et le vent pour aller le chercher! Quand tu l’as, t’es content.

Coudonc, est-ce que c’est si difficile que ça tuer un gros mammifère?

C’est pas dur quand tu chasses professionnellement. Il faut juste savoir viser à la bonne place. Si tu veux tuer un éléphant, tu ne dois pas tirer dans sa bedaine. Tu dois viser la cervelle ou le cœur.

Et que répondez-vous aux gens qui sont contre la chasse?
Ils ne connaissent pas ça. Les chasseurs conservent le cheptel sauvage (ndlr : les animaux en liberté sur le territoire). L’argent qu’ils dépensent pour les permis de chasse permet aux agents de la conservation de surveiller les animaux.

Quelle est la bête que vous êtes le plus fière d’avoir capturée?

Mon ours polaire (il pointe un ours de 10 pieds de hauteur dans le coin de sa maison).  Il m’a attaqué quand il était à 10 pieds de moi. J’ai juste eu temps de le tirer! Sans ça, il m’aurait tué…

Pourquoi le gardez-vous dans votre maison?

Je suis en amour avec la nature, c’est tout.

C’est pas un peu morbide de vivre entouré d’animaux morts?
Ils sont naturalisés, ils ont l’air d’être vivants. Au contraire, je trouve ça beau!

Aujourd’hui, à 70 ans, pratiquez-vous toujours votre passe-temps?
Je chasse le chevreuil au Québec, mais je ne chasse plus en Afrique. C’est rendu trop cher. En 1960, c’était 5000$ pour un mois. Maintenant c’est 200 000$! Tous les chasseurs veulent aller là, c’est rendu le paradis des animaux.

En terminant, dites-moi, quelle bête manque-t-il à votre collection?
Le mouflon Marco polo d’Afghanistan. C’est le plus gros au monde! Ça coûte 25 000$ pour le chasser et je n’ai pas l’argent pour le faire. En attendant, je regarde les belles filles passer dans la rue…

Assistante Photo: Maggie Plourde

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