Avec pas de casque

Les préjugés ont la tête dure. Les autorités pensent qu’en obligeant le port du casque sur les pistes de ski, il y aura moins de jambes cassées dans les salles d’urgence…

On parle en effet de plus en plus de rendre obligatoire le casque sur la tête des amateurs de sports de glisse, de grand air et de liberté.

Comme si le fait d’enfermer la tête de certains écervelés dans une coquille de plastique fabriquée en Chine allait les ramener à la raison.

Il est vrai qu’il y a plus d’accidents sur les pistes de glisse que dans les salles de bingo. Quoique les salles de bingo sont peuplées de cœurs fragiles. C’est un peu normal que des personnes se fassent bobo en pratiquant le snow, l’escalade, le parachutisme ou le bobsleigh. Ce n’est pas aussi pépère que regarder les auditions de Star Académie ou faire la queue au service au volant de Tim Horton’s. Mais c’est beaucoup plus exaltant.

Les gens qui montent sur les planches le savent. Ils peuvent tomber, se tordre une cheville, frapper un arbre, se geler le bout du nez, faire rire d’eux… Comme les piétons qui traversent la rue peuvent se faire écraser par un camion distrait et les usagers des escaliers roulants peuvent manquer la dernière marche. Ça peut arriver. C’est la vie. Avec la mort tout au bout, qu’on reste assis ou qu’on vive debout.

C’est ce qu’on appelle prendre «des risques». Et qui ne risque rien… n’a rien. Nos amis politiciens, à part peut-être Luc Ferrandez, nous le démontrent chaque jour avec beaucoup de brio.

Les autorités passent énormément de temps à vouloir notre bien. Elles veulent encore une fois nous faire porter le chapeau. À 100 $ le casque, quand ce n’est pas 200 pour la version design, c’est certain que c’est bon pour l’économie, le dernier dada de Charest.

Mais les mesures coercitives sont-elles la meilleure solution pour mettre du plomb dans la tête des skieurs? Surtout à une époque où le casque est devenu un accessoire aussi cool que le bandana des années 1990…

Remarquez que depuis que le casque est obligatoire au hockey… il n’y a jamais eu autant de commotions cérébrales sur la glace.

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