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Un groupuscule d’hommes lourdement équipés a encore frappé. En 2004, ils avaient déjà tué à Laval cinq personnes et blessé six, dont trois grièvement. Dimanche, ils ont fait sauter plusieurs tonnes de béton en plein centre-ville de Montréal. Ils opèrent à visage découvert et mettent parfois leurs noms sur leurs camions piégés. Le premier ministre qui les connaît et en fréquente estime que ça ne vaut pas la peine de lancer une commission d’enquête contre eux. Il lui faut quoi ? D’autres morts? Combien?
Pas besoin d’un arsenal, de tonnes d’engrais chimiques et d’un esprit dérangé pour faire trembler la population du Québec et attenter à sa sécurité.
Dimanche, Montréal l’a échappé belle. Les terroristes de la construction ont laissé échapper une dalle de béton sur toute la largeur de l’autoroute Ville Marie alors qu’aucun véhicule ne passait dessous. En temps normal, ça aurait pu faire une dizaine de victimes, avec un peu de (mal)chance, la dalle aurait pu écraser un autobus scolaire, faisant alors une cinquantaine de jeunes enfants tués aveuglément.
Les élus ont accouru en évitant, le mieux qu’ils pouvaient, les rues fermées pour travaux, les ponts bloqués pour réfections, les échangeurs en décrépitude et les tunnels bouchés par des tonnes de béton effondré. Encore une fois, on va avoir droit à la valse des enquêteurs, des experts, des analystes. Encore une fois, ce ne sera la faute de personne.
Chaque matin et chaque soir, ces mêmes terroristes de la construction prennent des dizaines de milliers d’automobilistes en otage à travers la province.
Nos dirigeants vont une fois de plus nous promettre qu’ils mettront tout en œuvre pour assurer notre sécurité et excuser ce qui vient d’arriver en jurant que ça n’arrivera plus jamais.
On ne pourrait pas tout simplement engager des contracteurs qui font leur travail correctement? À la place des terroristes du trou dans la route, des forbans du pont mal bâti, des trafiquants de béton cheap, des obsédés du cône orange et des détraqués de la pancarte de signalisation mal placée, on ne pourrait pas faire affaire avec des travailleurs consciencieux et des entrepreneurs qui ont le sens des responsabilités?
En attendant, nos routes sont toujours trouées, nos ponts sont plus que jamais chancelants et nos tunnels menacent d’enterrer ceux qui les empruntent.
Bonne chance si vous devez vous déplacer!