Apprivoiser les soirées parisiennes quand on est étudiant.e

Comment survivre, un verre à la fois.

Après 17 ans de vie heureuse et paisible au Québec, j’ai pris la drôle de décision de revenir vivre à Paris pour finir mes études. Eh oui! Pendant que la moitié de la France fuit le pays pour s’exiler sur le Plateau Mont-Royal, j’ai décidé de faire un come-back vers la mère patrie. Est-ce un retour aux sources ou un méchant choc culturel? Les deux mon capitaine!

Si les Français sont les cousins des Québécois, c’est comme les fils de la tante de la grand-mère de ton père que t’as vu une fois dans un party de Noël en 2002 : ils sont ben smattes, mais vous avez pas tant de choses en commun.

Ils sont ben smattes, mais vous avez pas tant de choses en commun.

Pour me réhabiliter dans cette société, je suis passée par la case party, sans réclamer mon 200$. Ne jugez pas trop vite : un bar, c’est le terrain parfait pour mener une étude sociologique. Alors voici un petit guide de survie pour une Québécoise qui sort en France*.

La joie des pintes à emporter

Vous m’avez bien entendu… Quand mon amie a commandé une pinte à emporter dans un bar du quartier Saint-Michel, j’ai fait la même face que vous devant votre écran. Deux minutes plus tard, nos gobelets de bière à 3 euros à la main, nous étions parties pour la gloire en direction du prochain bar de la soirée.

Matricule 728 en pèterait un (câble, on est à Paris après tout) en voyant tous les jeunes gens qui boivent et vident leurs vessies dans les rues de Paris. Bon, on s’entend que c’est pas plus légal là-bas, mais l’application de la loi est un peu moins stricte. Bienvenue au pays du relativisme et du « mais ça vaaaa » où ça devient pas mal plus chill de chanter du Céline dans les rues à 3 h du matin (les Français ont la même passion que nous pour Sous le vent).

 Avec de l’alcool si peu cher et des bars qui ne ferment jamais (ou presque), il faut faire attention à son foie (et à sa dignité).

Mais ne vous emballez pas trop vite! Avec de l’alcool si peu cher et des bars qui ne ferment jamais (ou presque), il faut faire attention à son foie (et à sa dignité). Pour une jeune Québécoise qui a l’habitude de regarder sa montre pour savoir si on va manquer d’alcool après 23 h, il faut garder son sang-froid devant tous ces drinks.

Siège pas siège, j’y vais!

Ici, je parle de siège de toilette. Oui, oui, de nombreuses toilettes dans les bars en France n’ont pas de lunette… Est-ce qu’ils ont peur qu’on les casse? Qu’on parte avec? Y a-t-il un réel problème de gens qui volent les sièges de toilette, en France? Je n’ai pas encore trouvé la réponse à ce mystère, mais c’est une situation plutôt déstabilisante. Déjà, c’est vraiment dégueu et ça augmente au moins de 25 % le risque de tomber dans ladite toilette #truestory.

Il faut donc s’armer de tout son courage et mettre en pratique ses meilleures skills de squat. Voyons le bon côté des choses, plus besoin d’abonnement au gym!

Bonus : il manque aussi souvent de papier et de savon. Les mouchoirs et la petite bouteille de Purell dans votre sac seront vos meilleurs amis. 

Gérer le Parisien qui aime trop les caribous

Je viens de Rosemont. Quand je vais jusqu’à Laval, j’appelle ça un roadtrip et la seule fois que j’ai vu un caribou, c’est en terrine à l’épicerie… Je sais que c’est un animal majestueux, mais je ne peux pas en dire beaucoup plus à son sujet.

D’où vient cette passion hexagonale pour les caribous anyway? En réalité, c’est souvent juste une façon maladroite de montrer qu’ils s’intéressent à nous. Avec tous les Français qui débarquent au Québec, on est un peu blasé. Mais être Québécoise en France, c’est pas mal plus  «exotique». Après, il ne faut pas oublier que quand on parle du Québec dans les médias français on se retrouve avec des portraits de gentlemen trappeurs (bon, le journaliste s’est quand même excusé).

On a assez entendu de mauvaises imitations de «tabernacle».

On s’entend que c’est pas pour ça qu’on est obligé de tout accepter. Quand vous trouvez que ça devient lourd, dites-le, tout simplement. Ce qui est incroyable en France selon mon expérience, c’est qu’on a le droit d’exprimer son désaccord et de même s’engueuler sans casser la soirée! Monter le ton tout en restant poli, ça va juste montrer à votre interlocuteur qu’il ne peut pas vous prendre pour une tarte. Si la personne s’intéresse vraiment au Québec, qu’elle vous pose de vraies questions sur notre belle province. On a assez entendu de mauvaises imitations de « tabernacle ».

Le lien indestructible du tabac

Il faut aussi se préparer à prendre BEAUCOUP de pauses cigarette. Au Québec, moins d’une personne sur cinq fume. En France, c’est une personne sur trois. Même si on n’aime pas particulièrement se magasiner un cancer, ça vaut la peine de prendre sa pinte à emporter et de sortir avec les fumeurs de temps en temps. Dehors, tout le monde se parle. Les gens s’abordent avec tellement d’aisance que le simple fait de demander du feu peut se transformer en une discussion d’une heure.

Peu importe ce qu’on vous a dit, je peux vous assurer que les Français (même les Parisiens) sont adorables.

Au Québec, les gens restent beaucoup plus en gang dans les bars. En France, tu peux commencer ta soirée avec une gang et la finir ailleurs avec une autre sans problème. Il faut quand même rester vigilant, mais ça peut donner des soirées plutôt étonnantes et aboutir à de belles rencontres.

Pis pour vrai, peu importe ce qu’on vous a dit, je peux vous assurer que les Français (même les Parisiens) sont adorables. L’important, c’est d’apprendre à se comprendre et de s’apprivoiser. Après, des cons, il y en a partout, mais je n’ai pas encore trouvé de guide pour tous les éviter. Je vous reviens dès que j’en ai un.

*On parle ici de sorties modestes qui finissent dans des bars étudiants, des parcs, ou sur les quais. Si vous cherchez un guide des meilleures boîtes mondaines de France, je n’ai pas encore le budget pour vous le présenter. On s’en reparle dans quelques années.

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