Anglos & séparatistes

Après avoir reviré la ville de Montréal à l’envers au grand complet, on en a réuni quatre pour un souper de filles, et en français s’il vous plaît.

Chercher des anglophones souverainistes, de sexe féminin par-dessus le marché, c’est comme chercher Charlie dans un album d’Où est Charlie ? C’est tough.

Ce texte est extrait du Spécial ANGLOSdisponible sur notre boutique en ligne

La première candidate recrutée est aussi la première qui est arrivée à notre rendez-vous au resto Burgundy Lion, situé dans l’ouest de la ville : Lorraine North, une jeune étudiante en herboristerie âgée de 24 ans. Lorraine habite au métro Vendôme, elle est née en Israël et a grandi dans le West Island. Au lendemain des dernières élections provinciales, elle a publié un cri du cœur sur Facebook à l’attention de ses « dear anglos friends », un texte qu’on a ensuite décidé de reprendre sur notre blogue. Et elle ne mâchait pas ses mots. En gros, elle s’insurgeait contre la haine véhiculée par certains anglos à l’égard des francos, tout en leur rappelant bien qu’ils étaient dans une province francophone et que c’était leur responsabilité d’apprendre le français. Le lendemain de sa publication, des dizaines de journalistes nous écrivaient pour l’interviewer. Sans parler des 5000 personnes qui likaient son texte sur notre site.

La première chose qui nous a frappées quand elle a fait son entrée, c’est le carré rouge qu’elle avait d’épinglé sur le manteau. C’était surprenant, d’abord parce que la grève était terminée depuis plusieurs semaines déjà, ensuite parce qu’on avait toujours eu l’impression que les anglos n’avaient pas trop embarqué dans le mouvement étudiant. Pourtant, Lorraine était loin d’être la seule.

À son arrivée, Patricia Boushel arborait aussi fièrement le symbole du printemps érable. Faut dire que la belle aux lunettes et aux cheveux tirant sur le roux s’est beaucoup impliquée durant la grève avec son blogue Quebecprotest.com, sur lequel elle traduisait les textes parus en français durant la grève étudiante, au grand bonheur de ses dear anglos friends. Étant donné que toute la ville m’avait donné son nom après notre appel à tous («Urbania cherche désespérément anglos souverainistes») et qu’elle est une semi-vedette (elle a aussi été productrice à Pop Montréal pendant six ans et a le numéro de cell d’Arcade Fire), on n’a pas hésité deux secondes avant de l’inviter, même si elle ne se définit pas comme une souverainiste pure et dure.

Mélanie Hotchkiss, la troisième et non la moindre, s’est fait outer comme souverainiste par un ami sur Facebook. Quand elle est entrée dans le resto, c’était clair : elle fittait parfaitement avec les autres filles : elle est étudiante en politique à Concordia, elle est très engagée et, bien sûr, à cause du fameux carré rouge.

Patricia Bossy est arrivée la dernière. Dans la cinquantaine, c’est une souverainiste de la première heure qui a connu la belle époque de René Lévesque. Quoi de mieux pour faire lever la discussion et briser notre joyeux trio de jeunes militantes ?

L’ENTRÉE

Au beau milieu du resto aux allures de vieux pub anglais, avec des photos de la reine accrochées partout sur les murs, se trouvaient donc les quatre anglos souverainistes qu’on avait réunies de peine et de misère. Après tous ces efforts, ça faisait vraiment plaisir à voir.

On commande les entrées : de la crème de tomate, des accras de morue et un scotch egg bien anglais.

Pour ouvrir la discussion, testons leur niveau de « souverainitude » en leur demandant pour qui elles avaient voté lors des dernières élections. Parti québécois ? Québec solidaire ? Option nationale ?

Les quatre ont répondu Québec solidaire.

URBANIA : En tant que souverainiste, ça vous tentait pas de voter pour le Parti québécois ?

Mélanie :  Même si je trouve que certains candidats sont intéressants, je ne crois pas que le PQ nous représente vraiment en ce moment et je ne comprends pas sa pertinence non plus.  Je pense qu’il y a beaucoup d’anglophones qui se disent en regardant leurs politiques : « Oh my God, they’re racist!» D’un autre côté, je suis un peu mal à l’aise avec la rhétorique péquiste du «Us vs Them». Je ne vois pas comment ce qu’ils proposent est respectueux du choix individuel… Mettre le français à l’avant-plan, je trouve ça un peu too much.

Patricia Boushel : Pour moi, le PQ n’est même pas une option. Leur politique n’est pas en lien avec mes valeurs et témoigne d’un grand manque de respect envers les libertés individuelles. Ce que je trouve intéressant avec Québec solidaire, c’est que pour eux, la souveraineté autochtone doit se faire avant la souveraineté du Québec.

Patricia Bossy : Moi, j’ai commencé à voter pour le Parti québécois en 1973. Je venais tout juste d’avoir 18 ans lors de la première élection de René Lévesque. J’aimais sa façon de faire de la politique. Ce qu’il nous proposait, c’était vraiment un projet de société. Le Parti québécois était aussi le premier parti social-démocrate et son premier cabinet était composé de professeurs, d’intellectuels, de poètes… Ça faisait tellement différent de la politique d’antan, où il n’y avait que des avocats et des hommes d’affaires. C’était vraiment excitant ! Même si j’ai voté QS lors des deux dernières élections, je suis vraiment fière que le PQ ait été élu. Depuis, ils ont rempli leurs promesses. Ils ont peut-être été maladroits dans la façon de le faire, oui, mais ils ont au moins eu le courage de leurs convictions.

Lorraine : Moi aussi, je suis contente que le PQ ait gagné, même si je pense que la souveraineté ne doit pas être la première chose au programme pour un parti. La priorité, ça devrait d’abord être les droits humains.

Souveraineté autochtone, droits humains, too much de mettre le français à l’avant-plan…

Disons qu’on est loin de l’image du souverainiste qui a la fleur de lys tatouée sur le cœur et qui lève son drapeau haut et fier durant un discours de Pauline au Métropolis. Avions-nous affaire à une nouvelle « race »?

Quand avez-vous su que vous étiez souverainistes?

Lorraine : Je suis née en Israël et j’ai grandi dans l’ouest de l’île de Montréal. Quand j’étais jeune, je n’étais pas séparatiste. Entre autres parce que je n’ai jamais aimé le concept de « frontière » ou de « division ». C’est vraiment avec l’arrivée de Stephen Harper au pouvoir que ma position a commencé à changer. Son entire disregard à l’égard des principes démocratiques m’a poussé à considérer la souveraineté, à part de tout le discours sur l’identité et la langue. C’est pour cette raison que je me suis ralliée à la cause. Et aussi parce que je pense que le Québec peut être un exemple pour le reste du monde. En tant qu’Israélienne, c’est certain que la cause de la Palestine m’a fait beaucoup réfléchir à celle du Québec, même si c’est loin d’être la même chose ! En étant pour les droits palestiniens, je me disais : «Qui suis-je en tant qu’anglophone dans ce pays qui ne m’appartient pas ?» C’est pas parce que je ne suis pas à l’aise dans un pays que je dois voter non. Même si le NPD était élu au fédéral, je resterais quand même souverainiste à cause de ces raisons-là.

Patricia Bossy : Ses positions sur l’environnement et la politique internationale me choquent tellement que je suis prête à faire l’indépendance du Québec juste pour avoir un pays dont les valeurs ressembleraient aux miennes ! Mais bon, ça fait bien plus longtemps que ça que je suis souverainiste. Pour moi, la souveraineté, ce n’est pas seulement politique, c’est culturel. J’ai vécu à Ottawa et en Californie, j’ai aussi beaucoup voyagé à travers le Canada anglais, et chaque fois que je reviens au Québec, je réalise à quel point les valeurs et la culture sont différentes.

Patricia Bouschel : Moi, disons que je suis une souverainiste soft ou molle. Si demain il y avait un autre référendum, je ne voterais pas nécessairement oui avant qu’on se soit entendu sur ce qu’on veut et ce qu’on est comme nation québécoise.  Mais, de façon générale, je dirais que c’est surtout depuis le printemps érable que je m’identifie en tant que souverainiste… Veut veut pas, le mouvement étudiant, c’est un mouvement de souveraineté. Beaucoup d’anglophones unilingues sont sortis dans la rue, et c’est l’ouverture et le degré de civisme qu’il y avait dans la rue qui ont contribué à renforcer mon côté souverainiste.

Mélanie
: Ça me surprend d’être venue ici ce soir, parce que je ne me suis pas encore autodéclarée comme « souverainiste ». Faut dire que je n’ai jamais eu de sentiment d’appartenance envers le Canada. Quand j’ai immigré à l’âge de 12 ans, ce n’est pas le Canada qui m’a accueillie, mais bien le Québec.

Êtes-vous à l’aise avec le mot souverainiste ?

Lorraine : Personnellement oui, sauf que je préfère indépendantiste… Surtout pas séparatiste!<
 
Patricia Boushel : Moi, c’est le contraire, je veux me dissocier du mot souverainiste. En fait, je veux me dissocier de toute l’historicité de ce mot. Il y a quelque chose dans l’histoire du mouvement souverainiste qui me rend mal à l’aise. C’est comme si je voulais qu’il y ait une coupure avec ce passé. C’est ce qui fait en sorte que je suis reluctant to put myself or to define myself exclusively comme ça, parce que ça ne veut pas dire la même chose pour moi. C’est pour ça que je préfère dire que je suis « pour l’autodétermination » ou que je suis une souverainiste soft.

Mélanie : C’est vrai que le mot souverainiste est souvent associé à quelque chose de péjoratif dans le milieu anglophone. En tout cas, une femme qui se définit comme telle est mieux d’avoir des explications, parce qu’elle va devoir se justifier souvent… surtout auprès de sa grand-mère !
Les anglophones souverainistes doivent-ils faire leur coming out? Est-ce vraiment un sujet tabou ?

Lorraine : Oui, on est marginalisé : on est toujours l’Autre avec un A majuscule. L’Autre par rapport à l’establishment, l’Autre en tant que femme, l’Autre vis-à-vis les francos, l’Autre par rapport aux fédéralistes, etc.

Mélanie : En fait, c’est un peu comme quand on parle de sexualité, quand on dit que quelqu’un sort du placard. Et, ce soir, I totally just outed !

Lorraine : Moi, ma mère le sait. Elle est israélienne elle aussi et elle ne parle pas très bien français. Généralement, elle ne comprend pas très bien my morals and my believes… Récemment, elle m’a dit : « Fais attention à ce que tu dis dans la revue, quelqu’un pourrait voir ton nom et te faire quelque». Mais, en même temps, je m’en câlisse de ce que le monde va dire !

Patricia Bossy : Dans ma famille, je suis connue comme la franco de gauche, et c’est comme si on avait convenu de ne pas discuter de ces choses-là, pour éviter les conflits…. Je pense qu’en vieillissant, tu choisis tes batailles. Je suis à l’aise avec tout ça. Après tout, je ne suis pas juste Patricia « l’indépendantiste francophile ». Y’a beaucoup d’autres facettes dont je pourrais discuter avec les gens…

LE REPAS PRINCIPAL

Au moment de commander les plats principaux, on a réalisé à quel point on avait oublié u’on se trouvait avec quatre anglophones. La qualité de leur français était telle qu’on avait plus l’impression de discuter avec une gang d’amis de Villeray que quatre filles de l’ouest de l’île. Elles ont même commandé en français à la serveuse anglophone ! Peut-être n’y avait-il rien d’anodin avec le fait qu’elles soient souverainistes.

Coudon, est-ce que vous vous positionnez comme souverainiste parce que vous désirez préserver la langue française ?Patricia Bossy : C’est à travers la langue qu’on conserve les valeurs et la culture, c’est pourquoi je suis tout à fait d’accord avec le discours souverainiste sur ce plan-là.
 
Lorraine : En grandissant dans l’ouest de l’île de Montréal, j’ai réalisé que le français était en train de disparaître et, oui, pour moi, c’est super important qu’on préserve cette langue au Québec. En tant qu’anglophone, we need to feel like we are part of something and the language is a part of this. It’s part of the identity.

Dans votre entourage, y a-t-il des anglophones unilingues qui sont souverainistes ? Êtes-vous toute seule de votre gang ?

Patricia Boushel : Au lendemain des élections, une femme avec qui je travaille a dit : « Heille, ça fait 10 ans que je vis au Québec et je ne parle pas bien français. Pourquoi est-ce que je n’ouvrirais pas mon appartement chaque jour de la semaine pour donner des cours de français ? Je pourrais même payer pour le tutorat de mes amis anglophones. » C’est là qu’elle a décidé de créer une école autonome de français. J’y enseigne deux jours par semaine. Je fais des dictées sur la culture québécoise et on lit des textes du Devoir ou de Nouveau Projet. La plupart des anglos qui fréquentent l’école sont sympathiques à la cause souverainiste. Même s’ils ne définissent pas comme tel, ils posent un acte politique en s’y rendant. Ils veulent faire partie de la culture québécoise !
En l’imaginant au milieu d’une classe d’anglophones qui veulent juste apprendre le français, on trouvait ça beau. Même avec le petit regret que ce soit Nouveau Projet au lieu d’Urbania…

Et que pensez-vous de la loi 101 ?

Lorraine : Aujourd’hui, avec le recul, je comprend que c’était la meilleure chose à faire. Sans cette loi, il y aurait encore plus de personnes qui ne parleraient pas français. Moi, j’ai dû aller à l’école en français parce que j’étais immigrante, et c’est la meilleure chose qui ait pu m’arriver. Plusieurs de mes amis de l’ouest de la ville qui ont étudié en anglais me disent qu’ils ont de la misère à se trouver une job.

Mélanie : Moi aussi, sans cette loi, je ne parlerais pas aussi bien français que je le parle aujourd’hui. Mais ma sœur, quand elle parle, elle a un gros accent anglais. Elle s’est toujours fait taquiner parce qu’elle était anglophone, alors son français ne s’est jamais vraiment amélioré. Et comme tous ses amis du cégep ne parlaient qu’anglais et avaient le discours « on est une minorité ostracisée », elle a un peu adopté ce discours-là…

Patricia Boushel : Mon milieu est anglophone à 80 %. La plupart de mes amis sont début trentaine et commencent à se demander s’ils vont envoyer leurs enfants en anglais ou en français…

 
Lorraine : Pourquoi tu ferais ça à ton enfant ? C’est pas gentil de l’envoyer dans une école anglophone ! Si tes amis ont le choix, je ne vois pas pourquoi ils feraient ça…

 
Patricia Boushel : Quand Marie Malavoy a dit qu’elle voulait étendre la loi 101 aux garderies, beaucoup de parents se sont révoltés. Pour eux, c’était restrictif. By not looking at it as an educational issue, and not as a political identity issue. Parce que c’est ça le problème. C’est rendu un statement politique de dire à quelle école tu choisis d’envoyer ton flo !
Est-ce que ça vous arrive de vous sentir gênées de parler anglais? 
En chœur : Oui !

Patricia Boushel : Des fois, je le suis un peu lorsque je suis entourée de francophones, mais c’est juste parce qu’on m’a niaisée quand j’étais petite. Mais en général, à Montréal, je ne suis pas gênée.

Patricia Bossy : Moi, même à Montréal, des fois je trouve ça indécent de parler anglais. Quand je rentre dans un magasin au centre-ville ou n’importe où, je parle automatiquement en français.

Mélanie : Moi aussi. Si quelqu’un s’adresse à moi en anglais d’abord, je suis comme outrée. Je maintiens le discours francophone jusqu’à ce soit impensable de le faire. Les gens doivent respecter l’endroit où ils emménagent !

C’est toujours surprenant, des anglophones qui ne parlent pas un mot français au Québec… Chaque fois, on se demande : es-tu passé à travers les mailles du système ?

Patricia Bossy : Moi, ça me gêne à cause des raisons historiques, parce que les francophones ont été malmenés par les anglophones. Il y a encore des jeunes Québécois anglophones qui semblent avoir hérité de cette mentalité de supériorité.

Mélanie : Je pense qu’il y a juste un manque de sensibilité culturelle de la part des anglophones dans le monde, point. L’anglophonie mondiale ne se pose pas de questions par rapport à son pouvoir.

Croyez-vous qu’il y a une différence entre hier et aujourd’hui ?

Patricia Bossy : Quand j’étais enfant, on demandait aux anglophones de quelle nationalité ils étaient. On n’était pas considérés comme Québécois. Même si nos parents étaient nés ici, même si ON était nés ici. C’était encore le début du sentiment québécois. Moi, je voulais sentir que j’appartenais à quelque chose, et c’est pour ça que je me suis laissée assimiler par la culture québécoise. Je connais la culture francophone et les auteurs québécois, j’écoute la télé francophone. Si t’écoute pas Tout le monde en parle, tu ne sais pas ce qui se passe au Québec. J’ai du mal à concevoir comment tu peux vraiment te couper de la culture de masse.

Les anglophones qui menacent de quitter le Québec à cause des raisons linguistiques comme on a vu au lendemain des élections, ça vous fait quoi ?

Patricia Boushel : J’en ai pas vu…

Lorraine : Pour moi, c’est juste… va-t-en ! Je n’ai rien à dire à ces gens, c’est seulement une réaction émotive vis-à-vis de quelque chose qui ne faisait même pas partie de ce débat. C’est une question de langue, ça n’a rien avoir avec ce que les politiciens ont dit.

Mélanie : C’est pas rationnel… Je ne comprends pas non plus pourquoi il y a des gens qui ont une haine, mais une HAINE envers Pauline Marois !

Patricia Bossy : Et après on se demande pourquoi il y a un fou qui… Pour moi, son geste, c’était un geste politique. J’étais là quand c’est arrivé à Polytechnique, et les gens disaient que ce n’était pas un geste contre les femmes, sauf qu’à un moment donné, on s’est rendu compte que c’était une action misogyne et antiféministe. La majorité des anglophones veulent s’en dissocier, mais n’empêche qu’il y a un discours et une espèce de haine qui sont alimentés par les médias, la question des « deux solitudes »…

Patricia Boushel : Moi, je suis pas d’accord avec les deux solitudes ! C’est un argument médiatique qui ne représente pas la réalité. On devrait l’exclure de notre vocabulaire, comme on devrait exclure tous les mots qui nous établissent dans les camps «un» ou «l’autre». Les deux solitudes, c’est archaïque et ça nous empêche d’évoluer.

Patricia Boissy : J’aimerais bien y croire, mais je pense que c’est un peu idéaliste… Je pense que les choses évoluent. Déjà, on nous considère comme Québécois…

Patricia Boushel : Mais il FAUT être idéaliste ! Ce langage-là, c’est ce qui sert toutes les dichotomies : du Québécois soumis à l’Anglais souverain. Pour moi, il faut se défaire de ce langage-là et aller de l’avant !
 

LE DESSERT

À la fin du souper, les passions commençaient à se déchaîner. C’était la première fois qu’on entendait des anglos tenir des propos du genre. Autour de notre banana split full crème fouettée, il était permis de croire qu’il y avait sûrement plus de division au sein de la communauté anglo qu’entre anglos et francos. Verrait-on la lumière au bout du tunnel après toutes ces années de guéguerres ?

Dans quelles conditions on va faire la souveraineté, selon vous ?

Patricia Boushel : Ça peut tout le temps arriver. Mais Pauline Marois, je trouve qu’elle n’a pas assez de cœur. Je ne pense pas qu’elle peut nous amener vraiment loin…

Patricia Bossy : C’est pas juste une question de leader, parce que si c’était juste ça, ça me ferait de la peine de penser qu’on ferait la souveraineté sur un coup de tête émotif juste à cause de quelqu’un de charismatique.
 

Mélanie : Veut veut pas, peu importe qui est le leader à ce moment-là, il va falloir trouver un moyen de construire un dialogue avec les immigrants qui arrivent au Québec et avec les anglophones, parce que même s’ils sont moins nombreux que les francophones, ils vont réagir beaucoup plus fort s’ils se sentent menacés. Il faut trouver un moyen de faire comprendre que c’est un projet de société. Malheureusement, on n’est pas rendus là, parce qu’on dirait que les souverainistes – sauf Québec solidaire – se disent qu’il faut mobiliser la base francophone.

En terminant, que souhaitez-vous actuellement pour l’avenir du Québec?

 
Patricia Bouschel : Je voudrais qu’on agisse moins par narcissisme, plus par souci du «nous» inclusif et collectif, ce grand «nous» sans bornes, sans barrière.

Mélanie : Pour être un peu plus plate et moins poétique, moi, ce serait de voir monter QS et que les gens commencent à considérer ce parti-là avec plus de sérieux.

Lorraine : What I wish for Quebec and for the entire world, is that we believe more in sustainable rights, human rights. I think the rest of the world would benefit from Quebec, from people coming together, we could be an amazing example !

Patricia Bossy : Une société juste, égalitaire, un Québec inclusif, un Québec souverain, un Québec capable de gérer ses ressources naturelles pour le bien commun, un Québec qui prend soin des plus démunis.

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